Un disciple comme son maître

Nous sommes appelés à être des témoins, à être des disciples. Les chrétiens ce sont les disciples de Jésus. À quoi résumons-nous ce que nous appelons « disciple » ? Qu’est-ce que c’est qu’être un disciple ?

J’ai été interpellé un jour par cette précision sur le sens de «disciple» au temps de Jésus

un disciple ne veut pas seulement savoir ce que le maître sait. Un disciple veut être comme son maître, il veut apprendre à faire ce que le maître fait.

Est-ce que vous avez considéré Jésus comme un rabbi, un maître ?

Est-ce que vous vous considérez vous-même comme un disciple ?

Aussitôt après, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive pendant qu’il renverrait la foule. Quand il l’eut renvoyée, il monta sur la montagne pour prier à l’écart et, le soir venu, il était là seul.

La barque se trouvait déjà au milieu du lac, battue par les vagues, car le vent était contraire. A la fin de la nuit, Jésus alla vers eux en marchant sur le lac. Quand les disciples le virent marcher sur le lac, ils furent affolés et dirent: « C’est un fantôme! » et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris. Jésus leur dit aussitôt: « Rassurez-vous, c’est moi. N’ayez pas peur! »
Pierre lui répondit: « Seigneur, si c’est toi, ordonne-moi d’aller vers toi sur l’eau. » Jésus lui dit: « Viens! » Pierre sortit de la barque et marcha sur l’eau pour aller vers Jésus, mais, voyant que le vent était fort, il eut peur et, comme il commençait à s’enfoncer, il s’écria: « Seigneur, sauve-moi! »

Aussitôt Jésus tendit la main, l’empoigna et lui dit: « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? » Ils montèrent dans la barque, et le vent tomba. Matthieu 14.25-31

Que pensait Pierre lorsqu’il adresse cette question étrange à Jésus ? Pourquoi est-ce qu’il croit qu’il peut marcher sur l’eau ? Lorsqu’on m’a parlé du contexte, ça a donné soudainement un éclairage nouveau sur cette histoire.

Pierre était un disciple, et sa question découlait directement du fait qu’il était disciple et donc de l’appel de Jésus, l’appel de son rabbi, son maître.

Du temps de Jésus, tous les petits garçons suivait l’enseignement de la Torah. Jusqu’à l’âge de 10 ans ils apprenaient par cœur l’ensemble de la Torah (les 5 premiers livres de nos Bibles), c’était beit sefer, la maison du Livre, l’apprentissage de base de la Loi, le socle de l’Alliance d’Israël et de tout le peuple.
A la suite de ce passage, les plus prometteurs étaient choisis pour poursuivre leur apprentissage, de 10 à 14 ans dans beit Talmud, la maison de l’apprentissage, où il apprenaient par cœur tous les livres des prophètes (le reste de notre ancien testament), de sorte que les meilleurs avaient mémorisé l’ensemble des écrits hébraïques à l’âge de 14 ans ! Les autres étaient rendus à leur famille pour apprendre le métier de leur parents.
A l’issue de beit Talmud, les meilleurs élèves allaient à la rencontre des rabbins les plus compétents pour se proposer comme disciple. Après l’avoir sondé en détails, s’il le considérait digne de son enseignement, le rabbin l’appelait à le suivre (“Lech Acharai / Suis-moi!”). Le garçon quittait alors tout ce qu’il avait pour se mettre à la suite de son rabbin, apprendre tout de lui. Il entrait alors dans beit Midrash -la maison de l’étude-.

Un rabbin appelait quelqu’un qu’il considérait comme la crème de la crème -il avait réussi tout l’apprentissage- parce qu’il jugeait qu’il avait ce qu’il faut pour faire ce qu’il fait.

Ceux que Jésus a appelé avaient tous un métier. Ils étaient revenus à la vie civile. Il n’étaient donc pas la crème de la crème, « qualifiées » à être le disciple d’un rabbin, des personnes en qui un maître aurait reconnu ce qu’il fallait pour être comme lui.
Ces personnes n’avaient pas le minimum requis pour continuer. Des « monsieur-tout-le-monde »…

C’est déjà étrange que Jésus appelle ces anonymes. On peut y voir la marque et l’originalité d’un grand maître qui fait appel aux anonymes. Jésus les a appelés à être ses disciples et ils ont changé le cours de l’Histoire.
Mais l’histoire ne s’arrête pas puisqu’aujourd’hui encore nous sommes les héritiers de ces anonymes sortis du rang par Jésus, ceux qu’il appelle à être ses disciples.

Et vous donc ? et nous les membres d’églises ? Sommes-nous de simples spectateurs ? Sommes-nous des disciples ?
Qu’est-ce donc qu'”être disciple” ?

Être disciple c’est être appelé
Considérez, frères et sœurs, votre propre appel: il n’y a parmi vous ni beaucoup de sages selon les critères humains, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour couvrir de honte les sages, et Dieu a choisi les choses faibles du monde pour couvrir de honte les fortes. Dieu a choisi les choses basses et méprisées du monde, celles qui ne sont rien, pour réduire à néant celles qui sont, afin que personne ne puisse faire le fier devant Dieu. 1 Corinthiens 1.26-29

Jésus appelle des disciples. C’est son appel et l’accueil qu’on lui donne qui fait le disciple.

Jésus considère que nous avons ce qu’il faut pour être comme lui … et c’est bien, là, la vocation du disciple !

Être disciple c’est incarner ce que le maître a incarné.

La remarque de Jésus (v.31) pourrait nous laisser entendre que Pierre a douté de Jésus.
En fait, Pierre a douté du choix de Jésus : il a douté de lui-même. C’est ce que Jésus a souligné : Pierre doutait de son appel.

Doutez-vous de l’appel de Jésus à votre égard ? La foi en Jésus est importante, mais que dire de la foi de Jésus en vous ?

Être disciple c’est marcher à sa suite… Action !

Quand il nous rencontre, Jésus voit en nous ce qu’il faut pour être comme lui. Il est le maître, il montre la voie. Mais comment faire le lien avec lui aujourd’hui ? Tout parait si différent entre son histoire et la nôtre!

C’est souvent plus facile de regarder Jésus de loin en s’inventant une vie de chrétien que de devenir son disciple.

Pourtant, être disciple nous ouvre une perspective nouvelle sur ce que nous sommes. Regardez la vie de Christ et découvrez une nouvelle façon d’appréhender Dieu (d’abord), nous même et le monde…

Considérez comment Jésus a marché au milieu des gens, comment il a été attentif à ce qu’ils étaient et comment il a agit au milieu d’eux. Nous sommes au XXIe siècle et Jésus marche et agit encore dans ce monde.

Que signifie être disciple de Jésus aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’il me montre de si remarquable qui transforme mon humanité ?

Jésus nous a appelés pour qu’on soit ses disciples, cela signifie dans le langage de l’époque, que nous soyons comme lui. Ne vous considérez pas comme de simples observateurs. Être disciple, c’est incarner soi-même la Nouvelle Création qu’il a lui-même inauguré dans sa vie. Dans vos détresses, considérez les siennes, sa mort… mais aussi sa résurrection et son ascension auprès du Père ; considérez également la Pentecôte, qui a scellé cet appel !
C’est de nous qu’il est question dans toute la vie de Jésus. Découvrons donc de quelle manière il nous façonne à sa ressemblance. Laissons l’Esprit Saint écailler notre nature de doute, de colère, d’orgueil, de découragement…

Jésus est vivant, et il nous considère comme ceux qui vont être comme lui, faire ce qu’il fait. Ainsi, il se manifeste encore au monde aujourd’hui !

Amen, amen, je vous le dis, celui qui met sa foi en moi fera, lui aussi, les œuvres que, moi, je fais ; il en fera même de plus grandes encore, parce que, moi, je vais vers le Père.Jean 14.12
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