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Où est mon trésor?

Lecture biblique : Matthieu 6.19-34 (Pour lire le texte, cliquez ici)
Ne cherchez pas à posséder beaucoup de richesses sur la terre. Là, les insectes et la rouille détruisent tout. Les voleurs entrent dans les maisons et ils volent. Mais cherchez à posséder beaucoup de richesses auprès de Dieu. Là, les insectes et la rouille ne détruisent rien, les voleurs n’entrent pas et ils ne peuvent pas voler.

Oui, là où tu mets tes richesses, c’est là aussi que tu mettras ton cœur.

Les yeux sont la lampe du corps. Donc, si tes yeux ne sont pas malades, ton corps tout entier est dans la lumière. Mais si tes yeux sont malades, ton corps tout entier est dans la nuit. Alors, si la lumière qui est en toi est comme la nuit, ta nuit est bien noire!
Personne ne peut servir deux maîtres.

En effet, ou bien il détestera l’un et il aimera l’autre, ou bien il sera fidèle à l’un et il méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent !

C’est pourquoi je vous dis : ne vous faites pas de souci pour votre vie ni pour votre corps. Ne vous demandez pas : “Qu’est-ce que nous allons manger ? Avec quoi est-ce que nous allons nous habiller ? ”

Oui, votre vie est plus importante que la nourriture, et votre corps est plus important que les vêtements.

Regardez les oiseaux. Ils ne sèment pas, ils ne moissonnent pas. Ils ne mettent pas de récoltes dans les greniers. Et votre Père qui est dans les cieux les nourrit ! Vous valez beaucoup plus que les oiseaux !

Ce n’est pas en vous faisant du souci que vous pouvez ajouter un seul jour à votre vie ! Pourquoi alors vous faire du souci pour les vêtements ? Observez les fleurs des champs, regardez comment elles poussent. Elles ne filent pas et elles ne tissent pas.
Pourtant, je vous le dis : même Salomon, avec toute sa richesse, n’a jamais eu de vêtements aussi beaux qu’une seule de ces fleurs.

L’herbe est aujourd’hui dans les champs, et demain on la jettera au feu. Et pourtant, Dieu l’habille de vêtements magnifiques. Vous qui n’avez pas beaucoup de foi, vous pouvez être sûrs d’une chose : Dieu en fera au moins autant pour vous !

Ne soyez pas inquiets en vous demandant : “Qu’est-ce que nous allons manger ? Qu’est-ce que nous allons boire ? Avec quoi est-ce que nous allons nous habiller ? ” En effet, les gens qui ne connaissent pas Dieu cherchent tout cela sans arrêt.

Vous avez besoin de toutes ces choses, et votre Père qui est dans les cieux le sait bien.

Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et ce que Dieu demande. Il vous donnera tout le reste en plus.

Donc, ne vous faites pas de souci pour demain. Demain se fera du souci pour lui-même. La fatigue d’aujourd’hui suffit pour aujourd’hui !

attention : sujet sensible !!! On a du mal à parler de l’argent en France… y compris dans les Églises !

Pourtant, Jésus n’hésitait pas à le faire, et de façon très directe.
C’était même probablement un des sujets qu’il abordait le plus souvent. Pas étonnant, donc, qu’il en soit question dans le Sermon sur le Montagne.

Mais c’est compliqué d’aborder un tel sujet devant une assemblée aussi variée. Je ne connais pas votre bulletin de salaire ni votre patrimoine… et je ne veux pas les connaître !

Mais je sais qu’il y a parmi nous des personnes qui ont du mal à joindre les deux bouts, chaque mois, et que d’autres n’ont pas ce souci parce qu’ils vivent aisément. Peut-on parler de ce sujet de la même façon aux uns et aux autres ?

En réalité, dans les foules qui venaient écouter Jésus, il y avait aussi des pauvres et des riches, et ils ont entendu les mêmes paroles.
Evidemment, elles s’entendent différemment pour ceux qui possèdent beaucoup que pour ceux qui n’ont presque rien… mais les mêmes paroles restent pertinentes pour tous.

Disons-le d’emblée : il ne s’agit ni d’être pauvre ni d’être riche pour plaire au Seigneur.

La question n’est pas là…

Jésus ne s’intéresse pas au fait d’être pauvre ou d’être riche, ni même aux richesses matérielles en elles-mêmes.
Il s’intéresse au type de relation que nous entretenons avec elles.

  • « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. »
  • « Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent (Mammon). »
  • « Ne vous souciez pas du lendemain… A chaque jour suffit sa peine. »

Trois formules qui invitent finalement à trois questions qui interrogent notre rapport aux richesses  matérielles :

  • Où est mon trésor?
  • Qui est mon maître?
  • Quels soucis occupent mon esprit?
  • Où est mon trésor?

Le trésor, en grec, c’est thesauros.  Ca a donné en français le verbe thésauriser, c’est-à-dire accumuler, amasser de l’argent qu’on garde pour soi, pour se constituer un trésor.

Jésus nous dit à propos de notre trésor : c’est là que se trouve notre cœur. Ce que nous amassons et gardons pour nous, nous parle de notre cœur…

Quand on est enfant, on a souvent une boîte à trésor, dans laquelle on cache des choses qui n’ont pas forcément une grande valeur marchande mais une forte valeur affective. Et quel drame si l’enfant perd sa boîte à trésor ! C’est comme s’il perd une partie de lui-même.
Parce qu’il y a mis tout son cœur.

  • Où est ma boîte à trésor aujourd’hui?
  • Dans quelles richesses ai-je mis mon cœur?

Dans la Bible, le cœur, c’est le siège de ma vie intérieure. C’est là que se prennent mes choix, que se jouent mes aspirations et mes envies, que se décident mes priorités.

Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur… pour ton salut ou pour ta perte !

Les boîtes à trésor de notre enfance disparaissent quand nous devenons adultes (même si on les garde parfois, par nostalgie)…

Mais cela ne signifie pas que nous n’avons plus, chacun, un trésor, dans lequel nous mettons notre cœur.

Il est différent pour chacun mais peut très bien se retrouver dans un coffre-fort, sur un compte en banque, dans un garage ou une maison…que ce soit la nôtre ou celle de notre voisin…

Où est mon trésor ? Si ce qui compte vraiment pour moi se trouve dans les richesses matérielles, que je possède ou que je convoite parce que mon voisin  les a et moi pas,  alors c’est là que se trouve mon cœur. Or toutes ces richesses, quelles qu’elles soient, peuvent être volées, ou détruites, ou se corrompre…

Et puis, on ne les emmène pas avec nous dans la tombe!

Il s’agit donc d’amasser un trésor dans le ciel, c’est-à-dire auprès de Dieu. Or, ces richesses-là ne sont pas matérielles mais spirituelles. Et quand on parle du ciel, on ne parle pas seulement de demain.

En Jésus-Christ, le Royaume des cieux s’est approché, le ciel est descendu sur la terre. Ce trésor céleste, c’est celui du salut, de la foi, l’espérance et l’amour.

C’est le trésor de la présence de Dieu en nous par son Esprit. Celui de la communion fraternelle entre croyants. C’est le trésor du partage, de la grâce, du pardon donné et reçu. Ce trésor-là, nous pouvons l’amasser aujourd’hui en le partageant !

Et celui-là nous l’emporterons avec nous pour l’éternité.

  • Qui est mon maître ?

Au verset 24 Jésus dit : « Personne ne peut être l’esclave de deux maîtres. »

Mais la métaphore est un peu particulière. Normalement, c’est le maître qui choisit son esclave. Ce dernier n’a rien à dire…

Mais ici, c’est différent. Il semble bien que ce soit l’esclave qui choisisse son maître. Jésus évoque en effet l’éventualité qu’il ait deux maîtres, alors il aimerait l’un et détesterait l’autre… Il doit donc choisir ! Entre Dieu et l’argent il faut choisir.

Mammon est une personnification de l’argent, qui élève les richesses au niveau d’un dieu.

La formule est très forte ! Un dieu, un maître, c’est celui qui décide, celui auquel on obéit, que l’on suit, qui oriente nos décisions, nos choix de vie…

L’argent, les richesses matérielles, ont ce pouvoir !

Vous connaissez peut-être cette citation attribuée à John D. Rockefeller, un des hommes les plus riches du monde en son temps.
Un jour on lui a demandé : « Combien d’argent faut-il pour en avoir assez ? » Et il a répondu : « Juste un petit peu plus ! »

On comprend, à travers les paroles de Jésus, que parler d’argent, dans l’Église ou dans la vie chrétienne, c’est très spirituel. Car les enjeux sont spirituels. C’est d’ailleurs peut-être aussi pour cela qu’on a du mal à en parler…

Il faut bien-sûr être responsable et ne pas faire n’importe quoi avec ses biens. Nous sommes appelés, dans ce domaine comme dans tous les autres, à être de bons intendants…

Mais dans une Église par exemple, est-ce qu’on va limiter nos activités, s’interdire tel ou tel projet important parce qu’on grignote les réserves ?

Le Conseil de notre Eglise, clôture actuellement le budget 2018 et prépare celui de 2019 dans la perspective de l’AG de l’Église. Je l’ai constaté parce que j’ai vu quelques cheveux blancs supplémentaires sur la tête de notre trésorier. Mais est-ce bien spirituel ?

De même, dans notre budget familial ou personnel, quelle part réservons-nous à l’Église, ou à l’œuvre de Dieu, ou à la générosité en faveur de ceux qui en ont besoin ?

Oui, bien sûr, ce sont des questions spirituelles ! Des questions qui disent non seulement quelque chose de notre cœur mais aussi du maître que nous avons choisi.

  • Quels soucis occupent mon esprit ?

La troisième question interroge nos soucis. Les soucis, c’est ce qui occupe notre esprit, ce qui nous préoccupe…

Quand on a beaucoup de soucis, ça se voit sur notre visage. On n’est pas vraiment présent avec les autres mais absorbé dans nos pensées.

Quelle place les questions matérielles occupent-elles dans notre esprit ? Combien de fois dans la journée ou dans la semaine, pensez-vous à la situation de votre compte en banque, à votre lendemain incertain sur le plan professionnel, et donc de vos revenus, au prêt que vous venez de contracter, aux habits que vous devez acheter, à l’entretien de la voiture que vous devez prévoir, à ce que vous devez encore mettre de côté pour financer vos prochaines vacances ?…

Jésus nous invite à nous recentrer sur l’essentiel.

Et la formule qu’il utilise est entrée dans le langage courant, sans que les gens sachent, en général, que c’est Jésus qui l’a prononcé en premier :

A chaque jour suffit sa peine !

Mais il ne s’agit pas seulement d’une invitation à se concentrer sur les difficultés du jour, sans se préoccuper du lendemain. C’est surtout une invitation à la confiance en Dieu pour demain, pour pouvoir nous concentrer sur notre peine, notre travail, notre responsabilité aujourd’hui.

Si on s’inquiète pour demain, on ne sera pas pleinement investi aujourd’hui.

Or, il y a tant de choses à faire aujourd’hui. Tant d’amour à partager, tant de défis à relever, tant de rencontres à faire…

Voilà les soucis qui doivent nous préoccuper en premier lieu ; que ce soit en tant qu’individu, que ce soit nous en tant qu’église.

Car il y a une autre exhortation que Jésus associe à toutes ces considérations à propos de nos soucis :

[/su_quote cite="v.33"]Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice !  [/su_quote]

Voilà ce qui doit nous préoccuper en priorité. Or le Royaume de Dieu nous concerne aujourd’hui, il est à notre porte, dans notre cœur, dans le prochain qui croise notre route.

Si je me préoccupe de mon lendemain, je risque de ne pas me préoccuper du Royaume de Dieu aujourd’hui…

Conclusion

Ces trois questions que nous laisse Jésus peuvent nous aider à évaluer notre dépendance envers les biens matériels :

  • Où est mon trésor?
  • Qui est mon maître?
  • Quels soucis occupent mon esprit?

Et il faut bien avouer qu’on est souvent plus dépendant des richesses matérielles qu’on  veut bien le dire en tant que chrétiens…surtout dans nos pays occidentaux.

Il est donc salutaire de nous poser régulièrement ces questions !

En nous invitant à amasser des trésors dans le ciel, Jésus nous invite à chercher d’abord le Royaume de Dieu.

Un Royaume qui n’est pas pour demain seulement mais dès aujourd’hui, dans la rencontre avec Jésus-Christ, le Roi.

Or, ce trésor, on l’accumule en le partageant, pas en le gardant pour soi.

Alors, où est votre trésor ?

D’après un texte de Vincent Mieville

Deux rois – deux royaumes – deux choix

Matthieu Chapitre 2 (Pour lire ce texte, cliquez ici)
Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer.

 Le roi Hérode, ayant appris cela, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.

Il assembla tous les principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s’informa auprès d’eux où devait naître le Christ.

 Ils lui dirent : A Bethléhem en Judée ; car voici ce qui a été écrit par le prophète :

Et toi, Bethléhem, terre de Juda, Tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, Car de toi sortira un chef Qui paîtra Israël, mon peuple.

 Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s’enquit soigneusement auprès d’eux depuis combien de temps l’étoile brillait.

Puis il les envoya à Bethléhem, en disant : Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant ; quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille aussi moi-même l’adorer.

 Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l’étoile qu’ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu’à ce qu’étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s’arrêta.

 Quand ils aperçurent l’étoile, ils furent saisis d’une très grande joie.

Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent ; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

 Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

 Lorsqu’ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit : Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et restes-y jusqu’à ce que je te parle ; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr.

 Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte.

Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : J’ai appelé mon fils hors d’Égypte.

 Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages.

Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète :

On a entendu des cris à Rama, Des pleurs et de grandes lamentations : Rachel pleure ses enfants, Et n’a pas voulu être consolée, Parce qu’ils ne sont plus.

Quand Hérode fut mort, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, en Égypte, et dit : Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et va dans le pays d’Israël, car ceux qui en voulaient à la vie du petit enfant sont morts.

Vous avez bien sûr entendu l’histoire des mages.  Aujourd’hui le 6 janvier, on célèbre l’Épiphanie, la visite des mages.  L’Épiphanie veut dire révélation ou manifestation. Le passage dans l’évangile de Matthieu chapitre 2 nous raconte que Jésus s’est révélé, non seulement au peuple d’Israël mais aussi à tous les autres peuples présentés par les mages venant de l’Orient.

Cette visite a eu lieu pendant le règne du roi Hérode.

L’origine des Rois mages est aujourd’hui encore obscure. Certains disent qu’ils étaient savants, riches mais errants. Ces mystérieux personnages alimentèrent l’imaginaire qui enveloppe Noël.  On voit beaucoup de cartes de vœux présentant leur voyage guidé par l’étoile de l’Orient.

Ils cherchaient le « Nouveau Roi des Juifs ». Quand ils ont trouvé l’enfant Jésus dans l’étable, près de ses parents, Marie et Joseph, ils se sont mis à genou devant lui en signe de respect et lui ont offert de l’or, de la myrrhe et de l’encens.

  • l’or célébrait la royauté,
  • l’encens la divinité,
  • et la myrrhe annonçait la souffrance rédemptrice de notre sauveur.

Jésus est venu pour établir le royaume de Dieu.

Le mot « Épiphanie » désigne la manifestation de Dieu aux hommes en la personne de Jésus-Christ, et plus précisément, sa venue dans le monde

 Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.Jean 1 : 12

Les mages, venus de l’Orient, évoquent la dimension universelle du message de l’Évangile. Ils sont venus pour contempler la gloire du Fils unique venu du Père.

Toutes les extrémités de la terre penseront à l’Éternel et se tourneront vers lui ; Toutes les familles des nations se prosterneront devant ta face.  Car à l’Éternel appartient le règne : Il domine sur les nations.Psaume 22 : 27-28

Afin que l’on connaisse sur la terre ta voie, Et parmi toutes les nations ton salut ! Les peuples te louent, ô Dieu ! Tous les peuples te louent.Psaume 67 : 2-3

Toutes les nations que tu as faites viendront Se prosterner devant ta face, Seigneur, Et rendre gloire à ton nom.Psaume 86 : 9

On a ici un acte d’évangélisation : Jésus, bébé commence déjà à attirer les autres nations.

Par contraste, Hérode a refusé d’accepter la venue du vrai roi.  Hérode, centré sur lui-même et sur son royaume, s’est senti menacé en face d’un bébé.  Du moins il a bien cru le prophète :

Et toi, Bethléhem, terre de Juda, Tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, Car de toi sortira un chef Qui paîtra Israël, mon peuple. 

Malheureusement il s’est arrêté là ; il a refusé d’aller plus loin et par conséquence il a échoué de comprendre que ce bébé allait annoncer un royaume céleste, un royaume pas de ce monde, un royaume spirituel et éternel dont le roi est Dieu même.  Ce bébé manifeste que le temps du Royaume est arrivé.

Dans ce cycle de manifestations, l’Épiphanie joue un rôle très particulier. Dans la nuit de la Nativité, les bergers ont été conduits par la voix de l’Ange vers le nouveau-né emmailloté dans une mangeoire. La voix de l’Ange, c’est la voix de Dieu lui-même qui appelle son peuple et qui le conduit à venir reconnaître le Messie dans l’enfant nouveau-né.

Avec les Mages, c’est différent. Dieu a choisi une étoile pour les appeler à venir.  Ces trois mages venus de pays lointains en suivant une étoile, ont dû passer quelques temps dans leur recherche, leur réflexion et leur désir de progresser dans la connaissance de la vérité.  Ils ont été aidés par la lumière de Dieu, et ils ont fait ce long voyage pour rencontrer le Roi des Juifs qui vient de naître.  Ils ont cherché et ils ont trouvé.

Aujourd’hui des hommes et des femmes cherchent Dieu et comme Dieu a promis : vous me cherchez, vous me trouverez.

Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur.Jérémie 29 : 13

Si l’on a de la bonne volonté pour connaître Dieu on peut parvenir à trouver le chemin vers Lui ; si l’on est fidèle à sa conscience on peut être conduit vers Dieu, non pas parce qu’il se passerait quelque chose de miraculeux mais tout simplement parce que – nous le savons par la foi que nous avons dans l’Écriture.

Au cours des dernières années, des milliers de musulmans ont accepté Christ. Même dans les pays les plus hostiles à l’Évangile ils sont nombreux mais ils vivent souvent leur foi dans le plus grand secret. Et les menaces pour les personnes qui abandonnent l’islam sont réelles.  On a vu et on a écouté quelques témoignages il y a quelques semaines pendant le culte de Portes Ouvertes.

Pour consulter le site de Portes Ouvertes, cliquez ici.

Des milliers et des milliers se sont tournés vers le Christ et adorent maintenant dans les églises souterraines.  Le Saint Esprit les appelle et les guide vers la lumière du Christ comme Il a fait avec les mages. Dieu appelle toujours tout le monde à lui-même. Il n’a pas choisi le peuple juif pour exclure toutes les autres nations. Il les a choisis comme un moyen pour inclure le monde entier.

On sait bien que l’objectif de quelques organismes c’est d’éliminer le Christianisme, en tuant et massacrant les Chrétiens, tout comme Hérode qui voulait tuer le bébé Jésus.  Hérode a échoué ainsi que tout pouvoir qui se dresse contre le message de l’évangile.

Quand les mages aperçurent l’étoile, ils furent saisis d’une très grande joie, car ils allaient rencontrer le Vrai Roi.  Par contraste, Hérode en entendant les mages et la prophétie, était bouleversé, troublé. Hérode a cherché la vérité mais il a refusé de l’accepter……Il l’a cherchée mais il voulait l’éliminer. Des peuples se révoltent toujours contre Dieu, contre l’évangile, l’évangile qui leur offre le salut, la paix et la vie éternelle. Des peuples aveuglés par la haine, faute de grâce, faute d’amour.

Chaque homme et femme est libre de chercher Dieu mais c’est Le Saint Esprit qui les guide. Dieu a créé l’homme à son image, et cette image de Dieu qui repose dans l’homme rend l’homme non pas seulement capable de rencontrer Dieu mais vraiment désireux de rencontrer Dieu. Saint Augustin a dit :

  • Crois et tu comprendras ; la foi précède, l’intelligence suit.

Et Blaise Pascal a cité :

Il y a un vide en forme de Dieu dans le cœur de chaque homme qui ne peut être rempli par aucune chose qui ait été créée mais seulement par Dieu, le Créateur, qui s’est fait connaître aux hommes par Jésus.

Il fait toute chose bonne en son temps ; même il a mis dans leur cœur la pensée de l’éternité, bien que l’homme ne puisse pas saisir l’œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu’à la fin..Ecclésiaste 3:11

Et nous voilà aujourd’hui nous sommes des disciples du Christ parce que le Mystère qui avait été caché a été dévoilé dans le Christ.

C’est par la grâce que nous avons été associées à la Promesse et à l’Alliance ; c’est parce que nous avons été gratuitement introduits dans ce Mystère d’Alliance que nous pouvons à notre tour nous reconnaître dans Jésus, le Messie de Bethléem. C’est par notre acte de foi dans le Christ, que le salut nous est donné dans l’enfant couché dans une mangeoire.  Et comme l’ont compris les mages, nous aussi inévitablement nous découvrons et nous comprenons que l’amour infini de Dieu est offert à tous les hommes.

Nous sommes tous invités à entrer dans ce Royaume.  Si ce matin, il y a quelqu’un ici qui n’a pas encore accepté le plus beau cadeau de Noël, l’étoile est toujours là, suis-la et viens trouver Jésus qui t’attend.  Tu vois l’étoile et comme les mages tu seras saisi d’une très grande joie.

Quand les mages sont entrés dans la maison, ils ont trouvé le petit enfant avec Marie, sa mère.  Jésus n’est pas tombé du ciel comme un extraterrestre, mais plutôt emmailloté dans notre humanité. Il est maintenant avec nous en famille.  Et si nous sommes invités à lui rendre hommage, c’est en famille qu’on le fait. Les mages l’ont adoré dans la maison, dans l’étable, certainement pas digne d’un roi. On lui rend hommage, on l’adore en famille avec des frères et des sœurs partageant tout ce qu’on a avec Jésus, Le Roi des rois et Seigneur des seigneurs.

Deux royaumes, deux rois et par conséquent deux choix. La route des mages ou le chemin d’Hérode. La joie de suivre Jésus ou la distraction du monde qui nous entoure.

Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a passé sur tous les hommes, parce que tous ont péché .Épître aux Romains 5

J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives.Deutéronome 30 :19

Hérode a refusé de s’humilier devant le Roi des rois, le Seigneur des Seigneurs Jésus, et aujourd’hui, Jésus-Christ te met face à un choix. Qui que tu sois aux yeux des hommes, riche ou pauvre, humilie-toi devant Jésus-Christ. Brise ton orgueil et donne-lui toute ta vie. Accepte de perdre le contrôle de ta volonté, afin d’entrer dans son Royaume d’amour, de paix, de joie, et d’hériter la vie éternelle !

Dans Matthieu 5 :14-16, Jésus dit : 

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée… Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.

Nous sommes l’étoile qui devrait guider, pointer vers, désigner Jésus.  Nous rencontrons tous les jours des hommes et des femmes ayant beaucoup de questions, qui sont peut-être à la recherche de Dieu.  Notre mission c’est de leur montrer Jésus et son Royaume.

Lève-toi, sois éclairée, car ta lumière arrive, Et la gloire de l’Éternel se lève sur toi.
Voici, les ténèbres couvrent la terre, Et l’obscurité les peuples ; Mais sur toi l’Éternel se lève, Sur toi sa gloire apparaît.
Des nations marchent à ta lumière, Et des rois à la clarté de tes rayons.Esaï :60 : 1-3

Noël des bouleversements

La période de Noël est pour les croyants une période de tension et de sentiments contradictoires qui se bousculent en nous. Certes, on sait se débarrasser (du moins je l’espère) de toute la dimension commerciale ou féerique, du père Noël avec son renne au nez rouge jusqu’aux décorations kitsch des grandes surfaces.

Malgré tout, il reste l’impression d’être encore loin du sens profond de ce récit de Noël. Pourquoi ?

Je crois que le problème c’est plutôt l’ambiance, cette ambiance de Noël dont nous rêvons tous ces jours-là. Plus précisément : c’est de mettre ensemble l’ambiance de Noël telle que nous l’imaginons et souhaitons, et l’événement historique de Noël. Car l’une n’a pas forcément de rapport avec l’autre.

Nous aurions besoin de faire le tri, besoin de déballer Noël comme on déballe un cadeau.

N’est-ce pas une ambiance “idyllique” que nous cherchons sincèrement avant tout pour nos fêtes de Noël.

A l’extérieur, nous aimerions profiter de la beauté fabuleuse des champs et des forêts enneigés.

A l’intérieur, nous rêvons de lumière, celle d’un beau sapin, de beaucoup de bougies, de chants de Noël, mais aussi la lumière qui brille dans les yeux des enfants quand ils découvrent exactement le cadeau qu’ils avaient souhaité.

Et par-dessus tout, nous souhaitons l’harmonie, la paix, la bienveillance, l’amour.

A Noël, nous supportons moins encore qu’à d’autres moments que la terre aille mal.

A Noël, nous voudrions que tout le monde s’aime et vive en paix…

C’est un beau désir contre lequel il n’y a rien à dire.

Et donc le problème c’est que nous avons de la peine à le réaliser, même à notre niveau plus que modeste : le petit boude, parce qu’il a reçu des legos au lieu de la play-station, papy se mêle de l’éducation, maman fait une crise de nerfs parce que la dinde est brûlée, et papa ne sort pas de derrière son ordinateur…

Du coup c’est difficile de pratiquer la paix et l’harmonie, si pendant le reste de l’année, et surtout pendant les semaines de l’Avent, on n’arrête pas de stresser et de s’énerver.

C’est difficile d’être reconnaissants quand on a l’habitude de pouvoir tout acheter sans grand effort.

C’est difficile d’aimer quand, pendant le reste de l’année, on ne sait pas très bien ce que cela veut dire.

Nous voudrions tellement que ce soit beau… comme une carte postale.

D’autant plus grande est la frustration quand nous n’y arrivons pas. Nous ne pouvons pas mettre comme ça une couche de Noël sur nos vieilles habitudes.

Ce qui peut nous consoler, c’est que l’histoire biblique de Noël est tout sauf idyllique.

Certes, on a essayé d’y mettre aussi une petite couche de paisible harmonie. Quoi de plus émouvant que le bonheur d’une jeune maman devant son nouveau-né ?

Quoi de plus beau qu’une étoile, ou la musique des armées célestes ? Quoi de plus paisible que le métier de berger, en harmonie avec la nature ? Quoi de plus idyllique que la scène de la crèche ?

Dans nos émotions de Noël, il y a peu, voire pas de place pour une Marie épuisée, un Jésus nouveau-né qui ne cesse pas de crier, ou des bergers sales qui puent le mouton, dans une étable à l’odeur non moins redoutable!

Pourtant, n’oublions pas :

  • avant le repos (de peu de confort !) dans une étable, il y a la fatigue d’un long voyage.
  • Avant l’adoration, il y a l’exclusion de ceux à qui on ferme la porte de l’auberge.
  • Avant le bonheur d’être mère, il y a la douleur de l’accouchement.
  • Et avant la joie annoncée par les anges, il y a la crainte, la terreur des bergers.

L’histoire de Noël est tout sauf idyllique et harmonieuse: elle est au contraire un bouleversement total.

Dans l’idyllique, il n’y a pas de place pour le bouleversement. L’idyllique exprime notre désir que tout reste comme avant. Seulement un peu plus beau. Avec une petite couche de Noël.

D’où vient notre besoin de revenir sans cesse à cette mise en scène que l’on veut figée comme une image d’Epinal, de mettre toujours cette couche douceâtre ?

D’une part, c’est un désir profondément humain et légitime : le désir de beauté, d’harmonie et de paix. Et il n’est pas interdit de faire un effort pour que Noël soit le plus beau, harmonieux et paisible possible. Les anges ne disent-ils pas : «paix sur la terre» ? Cet enfant n’est-il pas appelé le «prince de la paix» ? Ne nous promet-on pas que le loup habitera avec l’agneau ? Quelle image idyllique !

Mais nous aimerions avoir cette beauté, cette harmonie et cette paix sans changement.

Parce qu’un changement fait peur. Il pourrait nous obliger à quitter notre foyer confortable et bien chauffé pour sortir dans la nuit noire, froide, mystérieuse, effrayante. Où la lumière des étoiles nous fait frissonner. Où la voix de l’ange ébranle nos convictions les plus profondes.

Bien sûr, il y a la joie. La «grande joie pour tout le peuple».

Mais cette joie n’arrive qu’après le bouleversement.

(je citerai plusieurs fois des commentaires de la revue “lire et dire”)

 1er bouleversement (Zacharie) :  Lecture : Luc 1 : 5-14, 18-20,24-25

l’importance du personnage et sa sainteté sont immédiatement mises en évidence par l’évangéliste.

Un bon prêtre, qui forme avec sa femme un couple modèle, irréprochable : «Tous deux étaient justes devant Dieu.»

Zacharie est désigné pour, suprême honneur, «offrir l’encens à l’intérieur du sanctuaire du Seigneur», un acte essentiel de la vie religieuse d’Israël.

Et c’est à ce moment précis que l’ange intervient. Il choisit donc l’homme le plus qualifié et le lieu le plus saint pour apparaître.

Il ne lui est pas apparu pendant qu’il faisait sa toilette du matin, mais dans le temple, pendant qu’il célébrait l’office divin.

L’ange a ainsi choisi l’homme et l’endroit par excellence où il aurait dû être reçu : au coeur du temple, dans le coeur d’un homme de Dieu. Là où il est prévu que Dieu parle. D’ailleurs il y a bientôt 400 ans que ce canal de 

communication n’a pas été utilisé par Dieu. Chaque sacrificateur doit se de demander : est pour cette année, est-ce à mi que Dieu va enfin parler ?

Et là, quel flash, Dieu le fait, il parle à Zacharie.

L’ange délivre son message, mais Zacharie tergiverse : il s’estime trop vieux.

Et l’ange de dire qu’il n’a pas «cru en ses paroles».

Oh non, Dieu utilise enfin le canal de communication pour parler aux hommes, et celui-ci est bouché ! Un vieillard bouché, aux oreilles bouchées, sourd même… à quoi ?… à la réponse à ses prières.

La conclusion lapidaire de l’ange tranche avec le portrait que Luc dresse de Zacharie : l’homme «juste et pieux qui observe tous les commandements» n’est, en vérité, plus à l’écoute de la Parole vive.

Zacharie priait Dieu, oh il ne priait plus depuis longtemps pour avoir un enfant, non, il priait pour que Dieu envoie enfin son Messie, son libérateur, et son précurseur le nouvel Elie, il priait pour que s’accomplisse la promesse faite quand Dieu a parlé pour la dernière fois.

Le problème ? Zacharie n’attendait plus de voir sa prière exaucée; il avait cessé de l’espérer, il n’était plus habité par l’attente. Et un homme qui n’y croit pas, qui n’y croit plus, qu’a-t-il encore à dire ? Réduit au silence, il ne pourra pas même annoncer à Elisabeth la bonne nouvelle…

… Le silence de «ceux qui n’y croient plus»… la confusion.

Et nous ? Sommes-nous des habitués de la foi, tellement habitués qu’on n’en attend plus rien ? Qu’on prie sans espérance ?… qu’on a plus rien à dire.

2ème bouleversement (Marie) :

Luc 1,26-38 : l’annonce de l’ange à Marie

Ce passage est à lire comme l’envers de celui qui précède.

Avec Marie, Dieu a compris la leçon que lui a donnée Zacharie, on ne le reprendra pas une deuxième fois !

Puisque les coeurs des hommes de Dieu sont fermés à la Parole de Dieu, et bien finis, les hommes justes et pieux qui font des prières sans croire à leur exaucement; finies, les liturgies psalmodiées mécaniquement sans ouverture à l’inattendu de Dieu; fini, le tralala sacerdotal bien réglé de la Judée !

L’ange va donc se rendre directement en Galilée, cette «Galilée des nations» où se mêlent les peuples, les cultures, les religions, – terre païenne méprisée comme impure.

  • Il se rend, non à Jérusalem, la capitale politique et religieuse, mais à Nazareth, une ville insignifiante et impure.
  • Il se rend, non au Temple, mais en ville, qui plus est dans une simple cuisine.
  • et il n’y cherche pas le chef, le religieux, l’homme important : il va vers une jeune fille qui n’est strictement rien, même pas encore mariée.
    Qui, elle, n’aura pas peur; qui, elle, va l’écouter et même le croire sur parole.

A elle, l’ange n’a pas même besoin de dire «sois sans crainte» : elle n’a pas peur. Il lui dira donc simplement : «Sois heureuse, toi qui as reçu la grâce : le Seigneur est avec toi».

C’est bien cette parole que Marie porte dans son coeur : le Seigneur est avec elle. A la joie de donner la vie se mêle la joie de sentir le Seigneur présent dans son existence.

La situation de Marie n’est pourtant pas facile : elle se retrouve enceinte dans son extrême jeunesse, sa vie va être bouleversée par ce qui lui arrive.

Que vont dire les voisins ? les juifs ? sera-t-elle lapidée ? Comment va réagir Joseph son fiancé ?  Mais voici : elle porte en elle la parole de l’ange, elle porte en elle le don de Dieu, et ça bouleverse toute son existence.

 

En elle cohabite un enfant et une parole (comme chez Elisabeth).

On peut être plus précis encore : c’est la parole qu’elles portent au fond du coeur qui leur permet de porter leur enfant au fond du ventre avec une grâce, une joie, incomparables.

Il ne fait guère de doute que la joie de Marie est une joie mêlée, elle aussi.

Les peintres ont tort de la représenter toujours, de même qu’Elisabeth, dans des postures extatiques de saintes : mains jointes, regard au ciel, visage lisse et auréole au-dessus de la tête. Marie et Elizabeth sont des femmes comme toutes les autres : elles courent, elles se démènent toute la journée, elles bousculent leurs (vieux) maris !

Remarques : peintres + évangélistes = hommes (exemple flagrant : «elle accoucha», un seul mot pour des heures de travail… seul un homme peut écrire ça)

Porter un enfant au creux du ventre, sentir au fond de soi la vie bondir, on sait bien que ce n’est pas toujours drôle, qu’il y a des effets secondaires; mais cela demeure l’un des plus grands miracles qu’il soit donné de vivre.

En même temps, leur joie ne serait pas complète si ne venait se mêler à cette joie très humaine de donner bientôt la vie, une joie plus mystérieuse, plus profonde : la joie de porter une parole au fond du coeur. Celle de l’ange qui les a visitées.

Et nous ? Le bouleversement de cette parole divine qui a été greffée en nous provoque-t-il une paix intense, une joie intense ? ou juste une semaine par an une petite couche de Noël idyllique ?

 

3ème bouleversement (Joseph) : Lecture Matt 1 :18-25

Je ne veux pas m’arrêter longuement sur Joseph (déjà fait un message).

Juste relever le contraste avec Zacharie.

Joseph lui, n’a même pas droit à un vrai ange, un truc incontestable, non un simple songe.

Et Joseph applique la Parole reçue, sans discuter, sans la moindre question. Dieu dit, je fais, j’assume.

Conséquence du bouleversement : devoir faire des choix.

Joseph aurait pu choisir en fonction de son intérêt, ou du qu’en dira-t-on. Il a choisi la voie la plus difficile, par souci d’équité et par obéissance. Il a fait le choix de la confiance, en homme juste et aimant. Il est allé jusqu’au bout de ce choix, en s’engageant dans la voie qui lui avait été ordonnée.

Et nous ? Il ne suffit pas de sauver les apparences et de chercher à s’en tirer tout seul. Quels sont les choix qui nous attendent, personnellement, en famille ou en société ? Quels sont les critères qui vont nous guider dans les décisions que nous allons prendre ? En vue de quoi allons-nous choisir ?

La prise en compte de critères de valeurs extérieurs, comme la solidarité, l’équité, le souci des plus exposés (comme Marie) peuvent nous aider à choisir, non en fonction de nos intérêts propres, mais en fonction de ce qui est juste. C’est ça aussi l’ambiance de Noël.

Conclusion :

Zacharie : bouleversement => confusion

Marie et Joseph : bouleversements => joie

Pas le temps de nous arrêter sur ce 3ème couple : Siméon et Anne, encore des vieillards, (qui vont rencontrer Marie et Joseph 40 jours plus tard à l’entrée du temple), encore des justes et pieux, encore des prieurs, mais pas avec les oreilles bouchées ni les yeux fatigués. Mais à nouveau quel contraste avec Zacharie !

Siméon et Anne : bouleversement => joie, satisfaction, accomplissement.

Siméon qui, lui également, était «juste et pieux», le voilà porteur, dans ses propres bras, d’une réalité nouvelle, d’un enfant nouveau : ce qui a été annoncé est bien vrai ! Lui contrairement à Zacharie, croyait encore à l’accomplissement de ses prières, et il attendait chaque jour leur accomplissement. Siméon et Anne aussi bouleversés.

Ce bouleversement de Siméon est aussi celui qui nous est proposé. C’est que : “Dieu s’est fait homme”.

Cela signifie : nous n’avons plus besoin de faire comme si nous étions Dieu.

Dieu nous rejoint dans notre humanité, dans tout ce qu’elle a de précaire, de laide, d’imparfaite.

Nous n’avons plus besoin de faire des efforts surhumains pour être parfaits, pour avoir la plus belle fête de Noël possible, où tout le monde est heureux et vit dans l’amour, l’harmonie et la paix avec les autres.

Nous sommes humains, et nous pouvons l’être, parce que Dieu est devenu homme.

C’est ça, notre grand bouleversement. Et ne croyez pas que c’est si simple.

Renoncer au sentiment qu’on doit – et qu’on peut – tout faire, quand on en a l’habitude, cela ne va pas de soi. C’est un long travail. Mais je crois que

seul ce travail-là pourrait nous permettre d’avoir de belles fêtes : reconnaître nos limites, au lieu de stresser pour les faire disparaître.

Je suis sûre que ça rendrait passablement plus faciles l’harmonie, l’amour et la paix entre nous.

Et la question qui se pose à nous, aujourd’hui, dans les situations que nous vivons, dans les épreuves que nous traversons, c’est de savoir si, comme Marie, nous sommes habités par la joie de porter une parole au fond du coeur.

Sommes-nous habités par la joie des promesses exaucées ?

Sommes-nous habités par la joie de savoir le Seigneur avec nous ?

Aujourd’hui, ce qui menace notre Noël, ce n’est pas le manque de bonne volonté pour donner à cette fête tout le lustre qui lui revient : c’est de ne pas croire à la parole du Dieu avec nous, de ce Dieu qui vient se mêler à nous. Ce qui nous menace, c’est que nos fêtes ne soient pas habitées par la conviction profonde que Dieu vient habiter en nous, comme il a habité dans le ventre de Marie, dans le cœur de Siméon, qu’il vient loger chez nous comme plus tard Jésus logera chez Zachée, qu’il vient manger avec nous comme Jésus mangera avec ses disciples et tous les gens qui l’invitaient.

Pour réussir Noël, nous avons besoin, non pas d’un rajout d’une petite couche de Noël et paillettes sur notre quotidien.

Nous avons besoin d’accepter les bouleversements inhérents à la foi de Dieu fait homme.

Et nous avons besoin de faire les choix qui en découlent.

La joie vraie et durable est à ce prix.

Pour terminer, j’aimerais partager avec vous un poème de Madeleine Jacot Verdeil qui exprime pour moi le bouleversement dont nous avons parlé.

Et qui se termine pourtant sur une petite note idyllique :

 Angoisse et sang de la mère criant l’attente

De l’enfant qui va s’arracher au corps meurtri.

Tunnel de vie ouvrant sur une joie ardente.

Le nom d’un fils nouveau échappe dans un cri.

 

Ainsi la création tout entière soupire,

Attend, gémit et hurle et se tord de douleur

Tandis que, de la chair vive qui se déchire,

Un corps de gloire naît aux yeux du Créateur.

 

Lune, étoiles, soleil et vous, mers en liesse,

Et vous, les fleurs des champs, les passereaux des cieux,

Criez, pour saluer l’enfant de la promesse

Car l’horizon blanchit au matin radieux.

 

Et nous, enfants de chair, de nuit et de lumière,

Fils et filles de Dieu vêtus de noms nouveaux,

Dans l’orchestre acclamant la naissance dernière,

Faisons chanter pour Lui nos flûtes de roseaux !

 

Madeleine Jacot Verdeil

Extrait de “Naissances”

Labor et Fides 2001

Daniel Heintz

« Notre Père » – N°1

Lecture biblique : Matthieu 6.9-13
Voici donc comment vous devez prier :
“Notre Père céleste! Que la sainteté de ton nom soit respectée, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien; pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; ne nous expose pas à la tentation, mais délivre-nous du mal, [car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire.
Amen!]’

Au préalable, ce qu’il faut brièvement souligner, c’est la structure de cette prière.

Les v9-10 orientent notre prière vers Dieu. Chaque mot, chaque pensée concernent Dieu lui-même. Il peut arriver parfois que nous soyons tellement préoccupés par nos besoins personnels ou par ceux de personnes qui nous sont chères, ou encore par des sujets qui nous semblent essentiels que nous en oublions que Dieu est Dieu : c’est donc d’abord vers Lui et vers Lui seul que doivent s’orienter nos pensées. Ces versets sonnent alors comme la confession de notre foi en ce Dieu infini auquel nous nous adressons.

Dans les versets suivants – v11-13 – la prière devient alors intercession et supplique. C’est le temps pour le disciple du Christ d’exposer à Dieu ses besoins essentiels pour sa vie, tout autant que spirituels.

Enfin – v13b – la prière se termine par l’adoration et la louange qui proclament la souveraineté sans partage de Dieu sur tout l’univers.

« Notre Père céleste! Que la sainteté de ton nom soit respectée … »

PERE – Il y a de la part de Dieu le désir que nous nous adressions à Lui comme un enfant s’adresse à son père, avec confiance, respect, amour et dans un esprit d’obéissance.

Dans l’Ancien Testament, rarement Dieu est appelé « Père » en voici deux exemples.

« Regarde du haut du ciel et constate la situation, du haut de ta sainte et splendide résidence: où sont passés ton zèle et ta puissance? Ta profonde tendresse et tes compassions envers moi ne se font plus sentir. C’est toi, cependant, qui es notre père. … c’est toi qui, depuis toujours, t’appelles notre libérateur. » (Esaïe 63.15-16).

David s’exprime également ainsi « Autant l’orient est éloigné de l’occident, autant il éloigne de nous nos transgressions. Comme un père a compassion de ses enfants, l’Eternel a compassion de ceux qui le craignent … » (Psaume 103.12-14).

 Le Dieu d’Abraham a libéré Israël, son peuple, il s’est révélé à lui, il a toujours pris soin de lui. A cause de son amour, même dans les moments où son peuple l’abandonnait, Dieu gardait les yeux sur lui, comme un père aimant le fait pour son enfant.

Le Père c’est ce que Dieu veut être pour tout homme. Dieu est « le Père » … En fait, depuis que le péché est apparu dans le monde et qu’il a pénétré le cœur de l’homme, tout tend à nous séparer du Créateur.

Et si aujourd’hui, nous pouvons appeler Dieu – Père – ce n’est que par le miracle de la réconciliation accompli à la croix par Jésus-Christ : c’est l’œuvre de sa Grâce. C’est par Jésus-Christ que Dieu fait de nous ses enfants, nous sommes adoptés par le Tout-Puissant.

Paul écrit aux chrétiens de Rome : « Tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n’avez pas reçu un esprit d’esclavage pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: « Abba! Père! » L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » (Romains 8.15).

De par sa nature divine, Jésus seul peut appeler Dieu Père.

Bien avant la fondation du monde, de toute éternité, il est le Fils unique de Dieu.

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute mon approbation. » (Matthieu 3.17) : c’est le témoignage que Dieu rend à son Fils Jésus, lors de son baptême.

Nous qui croyons en Jésus-Christ crucifié et ressuscité, nous avons été adoptés par le Dieu Tout-Puissant, aucune loi ne le forçait à le faire, sinon cette loi de son amour éternel, parce que « Dieu est amour ».

Dieu est notre Père.

Ce mot « notre » introduit une dimension collective : aucun de nous n’a l’exclusivité de l’amour du Père. C’est le Christ qui nous a fait entrer dans une seule et même famille, celle des enfants de Dieu.

Ainsi, qu’on soit Français, Espagnol, Brésilien, Togolais, guyanais, Anglais, Blanc, noir, jaune, riche ou pauvre etc. … par la foi en Jésus-Christ mort et ressuscité, nous avons un seul et même Père : le Dieu Tout-Puissant.

Paul écrit à l’église d’Ephèse : « Voilà pourquoi je plie les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, de qui toute famille dans le ciel et sur la terre tient son nom. » (Ephésiens 3.14-15).

Conséquences

Si nous n’avons pas reconnu en Jésus notre Sauveur, Dieu n’est pas notre Père … Dans ce cas, appeler Dieu Père, est au minimum une ignorance et parfois même une hypocrisie.  En effet, comment appeler Père quelqu’un dont ignore l’amour et la grâce ?

Si Dieu est notre Père, alors les portes de son cœur nous sont ouvertes et plus rien ne peut nous séparer de son amour … pas même la mort dit l’apôtre Paul (Romains 8.38-39).

Si Dieu est Notre Père, alors, nous devons nous conduire comme des enfants avec Lui : obéissance à sa volonté, respect, amour, confiance … Si nous rejetons cette vie, comment pouvons-nous appeler Dieu Père ? Pierre écrit (1 Pierre 1.17) : « si c’est comme à un Père que vous faites appel à celui qui juge chacun conformément à sa manière d’agir sans faire de favoritisme, conduisez-vous avec une crainte respectueuse pendant le temps de votre séjour sur la terre. ».

 « Notre Père celeste” … ou “qui es aux cieux. »

Le vendredi 13 septembre 2013, la sonde Voyager 1 a quitté le système solaire. Elle a été envoyée dans l’espace le 5 Septembre 1977. 36 ans après, elle est donc sortie du système solaire, après avoir accompli quelques 21 milliards de KM.

La prochaine rencontre que fera Voyager 1 sera une étoile (Gliese 445) qui se trouve du côté de la Grande Ourse : cette étoile Voyager 1 en croisera la route d’ici environ 40 000 ans.

Combien d’étoiles tapissent la voute céleste ? Combien de temps faudra-t-il à Voyager 1 pour arriver au bout du bout des limites de l’univers ?

Levant les yeux vers le ciel, réalisant l’infini grandeur de Dieu au moment où il inaugure le temple construit à Jérusalem, le roi Salomon dira que « les cieux des cieux ne peuvent contenir Dieu » (1Rois 8.27).

La réalité est là, follement incroyable : ce Dieu éternel, infini, Créateur, Tout-Puissant est « Notre Père » et le message de l’Evangile, c’est aussi qu’il vit en nous par son Esprit Saint.

Ainsi, si nous ses enfants, nous sommes entrés dans la présence de Dieu par Jésus-Christ, Dieu vient aussi dans notre intimité, puisqu’il vit en nous par l’Esprit Saint.

Ces 1ers mots de la prière sont :

1 – d’abord un appel : appel à se tourner vers Dieu, comme un enfant se tourne vers son père : c’est l’appel à la foi en Jésus-Christ, mais s’il n’y a pas cet acte de foi en Jésus-Christ, cette confiance placée en lui pour notre salut éternel et pour notre quotidien, alors Dieu n’est pas notre Père et cette prière devient rapidement un simple acte religieux … et superstitieux.

2 – un appel à ouvrir nos yeux et notre intelligence sur l’immensité infinie de la grandeur de Dieu qui domine sur toute sa création, jusqu’aux fins fonds de l’univers. Dieu n’est pas une idole faite par la main de hommes. Dieu n’est pas un « demi Dieu » qu’on peut manipuler et mettre à notre niveau.

C’est pourquoi cette première phrase nous appelle au plus profond respect, parce que Dieu n’est pas notre « pote », il est au-dessus de toute autorité, il est lui-même l’autorité céleste. Mais il est aussi amour, c’est pourquoi nous pouvons nous approcher de lui avec confiance, en lui disant notre respect, notre adoration et notre amour.

Notre Père céleste! Que la sainteté de ton nom soit respectée. »

Autres traductions« Que ton nom soit sanctifié. » (Colombe) ou : « Que ton nom soit reconnu pour sacré. » (NBS)

Après la prière de confiance, nous voici maintenant en présence d’une demande qui ne se trouve pas naturellement dans notre bouche. Le peuple d’Israël accordait une importance toute particulière au nom de Dieu, ce nom qu’il n’osait pas prononcer, sinon en le remplaçant par le mot « Adonaï » et que nos traductions expriment par ce mot : « L’Eternel » ou encore par « le Seigneur ».

Quand les copistes de l’Ancien Testament voyaient ce nom écrit (tétragramme hébreu qu’on exprime parfois par Jéhova ou Yahvé), avant même de le copier et pour ne pas souiller le nom de Dieu, ils se livraient à des ablutions pour se purifier : c’est juste une indication pour montrer que pour Israël, le nom même de Dieu est saint.

Il faut reconnaître humblement que sanctifier le nom de Dieu n’est pas toujours le centre de nos préoccupations.

 Qu’est-ce que sanctifier le nom de Dieu ? Que faisons-nous du nom de l’Eternel ?

Dieu est Trois fois Saint, son nom même est saint. Nous, enfants de Dieu, que faisons-nous du nom du Seigneur ? Il arrive parfois qu’il traine dans nos conversations et pas toujours pour en chanter les louanges. Le troisième commandement dit : « Tu n’utiliseras pas le nom de l’Eternel, ton Dieu, à la légère, car l’Eternel ne laissera pas impuni celui qui utilisera son nom à la légère. » (Exode 20.7). Et si Dieu a parlé ainsi, c’est qu’il a bien compris que son peuple serait tenté de ne pas respecter son nom.

Le nom de l’Eternel est ce qui unit les chrétiens, parce que ce nom est saint. Dans la prière qu’il prononce à la fin de son ministère, alors qu’il va être séparé de ses disciples, Jésus prie pour eux  : « Désormais je ne suis plus dans le monde, mais eux, ils sont dans le monde, tandis que je vais vers toi. Père saint, garde-les en ton nom, ce nom que tu m’as donné, afin qu’ils soient un comme nous. » (Jean 17.11). Au Psaume 148.12-13 : « jeunes gens et jeunes filles, vieillards et enfants! Qu’ils louent le nom de l’Eternel, car son nom seul est élevé, sa majesté domine la terre et le ciel. »

Le nom de Dieu définit qui il est : le Seigneur, l’Eternel, le très haut, le Créateur Tout-puissant …celui qui est saint c’est à dire sans péché.

Je n’aimerai tout de même pas que le nom que je porte depuis ma naissance soit sali par de mauvaises actions que j’aurai commises.

Par le prophète Malachie, Dieu proclame : « Du soleil levant au soleil couchant, mon nom est grand parmi les nations, et partout on fait brûler de l’encens en l’honneur de mon nom … Oui, mon nom est grand parmi les nations, dit l’Eternel, le maître de l’univers, mais vous, vous le déshonorez … Maudit soit le tricheur qui a dans son troupeau un mâle et qui offre et sacrifie au Seigneur une bête en mauvais état, car je suis un grand roi, dit l’Eternel, le maître de l’univers, et mon nom est craint parmi les nations. » (Malachie 1.11-14).

Qu’est-ce-que sanctifier le nom de Dieu ?

Je ne m’avancerai pas trop en disant que cela commence par l’obéissance au troisième commandement. « Tu n’utiliseras pas le nom de l’Eternel, ton Dieu, à la légère, car l’Eternel ne laissera pas impuni celui qui utilisera son nom à la légère. » (Exode 20.7)

Comme le peuple d’Israël, nous sommes face au Dieu Saint. Nous Lui appartenons. Nous sommes porteurs de son nom devant les hommes. Sanctifier le nom de Dieu, c’est porter ce nom devant les hommes sans crainte ni honte, pour que le nom de l’Eternel soit connu de tous, pour que le nom de l’Eternel soit respecté par tous et partout.

Le monde ne connaît le Nom de Dieu que par notre témoignage, par notre façon de porter ce nom, et parce que nous sommes dans la Nouvelle Alliance, c’est aussi le nom du Christ que nous portons parmi les hommes.

C’est une grande responsabilité : (Esaïe 56.5) : « je leur donnerai dans mon temple et à l’intérieur de mes murailles une place et un nom qui vaudront mieux, pour eux, que des fils et des filles. En effet, je leur donnerai un nom éternel qui ne disparaîtra jamais. »

« Que ton Nom soit sanctifié » – c’est la prière du chrétien qui met au-dessus de ses préoccupations personnelles, au-dessus de son désir de reconnaissance et de sa réussite sociale, l’honneur de son Seigneur, l’honneur de son Père céleste.

« Que ton Nom soit sanctifié » – C’est aussi la prière de celui qui se tourne vers Dieu pour adorer ce Nom et pour demander au Seigneur d’enlever de son cœur toute hypocrisie et tout égoïsme, pour que seul le nom de l’Eternel brille en lui.

Par ces paroles, nous marquons notre refus de toute autre souveraineté sur la terre et sur notre vie que celle de Dieu.

Quand nous disons : « Que la sainteté de ton nom soit respectée », nous nous engageons à sanctifier ce nom devant les hommes en actes et en paroles, en étant prêts à défendre ce nom, en rejetant tout compromis et en nous souvenant que Jésus a toujours sanctifié parfaitement le nom de son Père en mourant sur la croix et en refusant de céder aux pressions du Malin, au péché.

Toute sa vie, Jésus a fait preuve de sainteté alors, soyons ses imitateurs (1 Pierre 3.15) : « respectez dans votre cœur la sainteté de Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison… ».

Si nous ne sommes pas prêts à sanctifier le nom de Dieu, si nous refusons de le sanctifier, alors il vaut mieux ne pas prier ainsi, ne pas prononcer les paroles de cette prière, qui ne serait que le signe de notre inconséquence, sinon d’un mensonge de notre part.

Aucun de nous n’est un chrétien parfait, aucun de nous n’est parfait dans la sainteté, ça aussi c’est la réalité, pourtant, il ne faut pas se sentir écrasé.

C’est vrai, le nom de Dieu est saint, mais Dieu est notre Père, celui qui nous aime, il connait nos faiblesses, il connait aussi la force et la sincérité de notre amour, c’est pourquoi il est toujours prêt à nous pardonner et à agir bien au-delà de nos faiblesses.

A cet égard le témoignage de Paul pourrait bien nous être très utile : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse.» Aussi, je me montrerai bien plus volontiers fier de mes faiblesses afin que la puissance de Christ repose sur moi. » (2Cor. 12.9)

Pasteur Didier ROCA

Histoire de famille

Lecture biblique : Romains 8.12-17
Ainsi donc, frères et sœurs, nous avons une dette, mais pas envers notre nature propre pour nous conformer à ses exigences.
Si vous vivez en vous conformant à votre nature propre, vous allez mourir, mais si par l’Esprit vous faites mourir les manières d’agir du corps, vous vivrez.
En effet, tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu.
Et vous n’avez pas reçu un esprit d’esclavage pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu  un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: «Abba! Père!»
L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.
Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui afin de prendre aussi part à sa gloire.
On dit souvent, et on a sans aucun doute raison, que l’Église est le lieu de la communion fraternelle.

Mais que met-on derrière cette expression ? La convivialité ? La solidarité ? L’amour les uns pour les autres ?

Sans doute… Et c’est en effet extrêmement important dans une Église !

Mais j’aimerais que nous nous demandions ce qui fonde cette communion fraternelle.

En d’autres termes, qu’est-ce qui fait de nous des frères et des sœurs ?

Qu’est-ce qui nous permet de comparer l’Église à une famille et qu’est-ce que cela implique ?

La réponse à ces questions tient en une phrase.

C’est l’Esprit de Dieu qui fait de nous des enfants de Dieu (V.14) :

 Tous ceux que l’Esprit de Dieu conduit sont enfants de Dieu. 
Ce qui fait de nous des frères et des sœurs, ce n’est pas le fait d’être bien ensemble, ni même d’être membre d’une même Église, c’est notre relation à Dieu, par son Esprit.

Mais faire partie de la même famille spirituelle, qu’est-ce que cela implique ?

  1. Etre conduit par le même Esprit

     Tous ceux que l’Esprit de Dieu conduit sont enfants de Dieu !
    Il s’agit de partager le même guide, le même moteur. Être animé de la même vie. Être engagé  sur le même chemin spirituel.

    La métaphore de la marche est très présente dans le Nouveau Testament.

    Il suffit de se souvenir de l’appel de Jésus répété à ses disciples : « Viens et suis-moi ! ».A plusieurs reprises, nous trouvons l’exhortation de « marcher par l’Esprit ».

    Et parfois, plus que la marche, c’est l’image de la course qui est utilisée :

    Philippiens 3.13-16

     J’oublie la route qui est derrière moi, je suis tendu en avant, et je fais la seule chose importante : courir vers le but pour gagner le prix. (…) Et si, sur un point, vous pensez autrement, Dieu vous éclairera aussi là-dessus.

    En tout cas, continuons la même route que nous avons suivie jusqu’à maintenant !

    Remarquez-le : l’important c’est de courir vers le but, mais c’est aussi de le faire ensemble, de continuer sur la même route.

    Être en communion fraternelle, c’est marcher sur le même chemin, à la suite du Christ.

    Pourtant certains considèrent la vie chrétienne comme une marche solitaire. La foi est alors une affaire privée, la vie chrétienne est personnelle, intime, cachée.

    Mais la perspective biblique est différente. Il s’agit non seulement de se mettre en marche chacun, mais de marcher ensemble !

    Ca ne veut pas dire que nous devions marcher au pas ! Tout le monde en rang, je ne veux voir qu’une seule tête… NON!

    Mais si on parle de communion fraternelle, on ne peut pas seulement se retrouver sur le même chemin … en s’ignorant…

    Prêtons attention les uns aux autres. Soyons prêts à soulager le fardeau de celui qui est fatigué, voire s’arrêter quelques instants avec celui qui en a besoin.

    Il y a quelques jours, nous avons organisé autour de Gruissan un pique-nique, suivi d’une balade. Nous étions une vingtaine.

    Après avoir partagé un repas convivial, nous avons décidé de partir à pied. Quelques-uns ne se sont pas senti de faire la promenade. Ils ont joué à la pétanque. Important la pétanque dans la communion fraternelle… Je suis très sérieux.

    Dans le groupe de marcheurs, il y avait des personnes que je connaissais, d’autres beaucoup moins, d’autres pas du tout.

    Puis, il y avait des niveaux différents de marcheurs…Alors, des groupes se sont formés : par niveau, par affinité.

    Les discutions allaient bon train, et chacun marchait à son rythme.

    Au bout d’un moment le groupe était très étalé. Chacun marchant à son rythme. Mais aussi, les plus vaillants encourageaient ceux qui avaient le plus de difficulté.

    Tout le monde a atteint le but de retrouver le point de départ, de passer un bon moment ensemble, bien qu’éparpillés.

    L’église, c’est un peu ça : des personnes qui viennent d’horizons différents : géographiquement, socialement, politiquement, …

    Des personnes avec qui j’ai des affinités, ou pas…

    Chacun avec sa personnalité, son identité, son rythme, …mais au total, nous faisons partie de la même famille.

    Mais c’est quoi faire partie de la même famille exactement ?

  2. Être adoptés par le même Père

    L’affirmation est on ne peut plus claire, pour revenir au texte que nous avons lu en introduction (v.16) :
     L’Esprit Saint lui-même nous donne ce témoignage : nous sommes enfants de Dieu.  
    Mais nous le sommes par adoption…

    Le seul fils « naturel » de Dieu, c’est Jésus-Christ.

    Nous sommes ses fils et ses filles adoptifs.C’est ce que nous pouvons déduire du statut de « cohéritiers » du Christ (v.17).

    Il y 15 jours, je vous ai parlé de testament de Mamé Berthe.

    Pour ceux d’entre vous qui étaient absents, vous pouvez lire ce testament de mon arrière arrière grand mère, rédigé à la veille de sa mort :

    Le testament de Mamé Berthe
    Ramel, le 29 mars 1942,
    Je refais aujourd’hui mes écrits ; au moment où vous lirez ces lignes, je serais certainement rentrée dans mon repos éternel.

    [J’attends] la venue de mon Sauveur, mais si c’est Sa volonté que je passe par la mort, il sera près de moi et me soutiendra par Sa main puissante.

    Soyez rassurés que je ne regretterai rien de cette terre, une seule chose m’inquiète : c’est que tous mes proches ; enfants, petits enfants, gendres, belles filles, n’ont pas été au pied de la Croix déposer leur fardeau de pêchés auprès de ce cher Sauveur qui leur dit « Venez, vous les biens aimés de mon Père ».

    Combien de fois vous a-t-il fait entendre Sa voix pleine de miséricorde vous inviter à venir au Trône de la Grâce, mais vous êtes restés sourds à Sa douce voie.

    Lui qui a quitté les Cieux Célestes, Lui le Saint, le Juste n’ayant pas connu de péché, mais qui a pris sur Lui tous nos péchés et nous a arraché de La main de Satan.

    Je vous supplie de ne plus écouter Satan. Il est menteur, meurtrier et jaloux ; venez plutôt à Celui qui vous tend les bras.

    Je n’ai aucun doute qu’il [vous aime tendrement et que vous n’attendrez] plus afin de nous retrouver en famille pour l’Eternité auprès de Celui qui nous a tant aimé, qui s’est livré Lui même à la mort la plus terrible.

    Il a supporté la [condamnation] de ces malheureuses créatures qu’Il avait tant aimé, mais, quelle Promesse Solennelle, Il est Ressuscité et nous dit « Je monte vers Mon Père et votre Père ; Je vais vous préparer la place afin que là où Je suis, vous y soyez aussi et semblable à Lui ».

    N’y a-t-il rien de plus beau, après une vie de labeur, avoir une telle espérance,

    Puis je vous dire AU REVOIR à tous.

    Votre mère qui vous a tant aimé

    Berthe FAURIE
    Arrière Arrière Grand Mère de Thierry B

    Adoptés par le même Père, nous faisons partie de la même famille. La famille de Dieu.

    Et cela change notre relation à Dieu. Au verset 15 : 

    L’Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves qui ont encore peur, mais il fait de vous des enfants de Dieu. 
    « Abba ! Père ! » est un cri personnel, intime.

    L’araméen « Abba » implique une relation personnelle.

    Dieu n’est pas simplement « Père » dans un sens général de Créateur, il est « mon Père », celui qui m’a sauvé. Celui qui m’a adopté parce qu’il m’aime.

    L’apôtre Paul insiste ici sur la différence entre esclave et enfant adopté.

    Deux façons d’appartenir à Dieu, mais deux façons différentes d’être en relation avec lui.

    Même si la notion de serviteur de Dieu est aussi présente dans la Nouveau Testament, Paul insiste ici sur le statut d’enfant de Dieu.

    Si nous sommes tous serviteurs de Dieu, et rien de plus, alors nous sommes des compagnons de service. Mais rien de plus…

    On pourrait presque dire des collègues de bureau !

    Mais si nous sommes tous enfants de Dieu, alors nous sommes frères et sœurs.

    Notre relation à Dieu est basée sur l’amour, dans le respect. Notre relation les uns aux autres en est changée.

    Je ne choisis pas mes frères et mes sœurs, mais eux comme moi avons été choisis par Dieu. Et d’une certaine façon, eux comme moi avons choisi Dieu comme Père.

    Notre relation personnelle avec Dieu détermine notre relation avec nos frères et sœurs. Et si nous voulons développer notre communion fraternelle, nous devons développer ensemble notre communion avec notre Père…

  3. Partager le même héritage par le Fils

    Littéralement, le texte dit simplement que nous sommes héritiers de Dieu.Simplement…Ce n’est quand même pas rien !

    Mais l’apôtre précise que nous sommes cohéritiers du Christ.

    C’est par lui que nous recevons cet héritage.

    La communion fraternelle, c’est partager le même héritage par le Fils.

    Notre nom est inscrit sur le testament de Dieu, sur le livre de vie. Nous sommes cohéritiers du Christ.

    Mais le Christ n’appartient à aucun chrétien et à aucune Église !

    Car on sait les problèmes que les questions d’héritage posent souvent dans les familles. Où chacun veut avoir la meilleure part du gâteaux, où on conteste telle ou telle clause du testament, etc…

    Et j’ai peur qu’il en soit aussi ainsi parfois dans les Églises. Au moins entre les Églises, parfois même à l’intérieur des Églises !

    Pourtant, partager l’héritage de Dieu, ce n’est pas le diviser mais le multiplier.

    “L’infini se partage à l’infini sans jamais se réduire !”

    Or, notre héritage, c’est la vie éternelle.

    Nous partageons une même foi, une même espérance et un même amour.

    Mais on n’est propriétaire de rien du tout…

    Méfions-nous des Églises qui s’estiment propriétaires du Christ, détentrices de la vérité, seules fidèles à la vraie foi.

    Bref, seules héritières de Dieu !

    En voulant s’accaparer l’héritage de Dieu, on s’appauvrit. En le partageant, on s’enrichit.

    Peut-on rêver d’une Église où la communion fraternelle serait centrale sans qu’il y ait une communion fraternelle avec d’autres Églises ?

    Une communion fraternelle sectaire est-elle encore une communion fraternelle ?

    Nos frères et sœurs en Christ ne sont pas que dans notre Église.

    L’héritage de Dieu se partage avec tous ceux qui lui appartiennent.

    Conclusion

Mettre la communion fraternelle parmi les priorités dans l’Église, c’est bien.

Mais ce n’est pas simplement espérer plus de convivialité, de joie d’être ensemble ou espérer qu’on s’occupera mieux de nous…

C’est vouloir vivre vraiment la réalité de la famille de Dieu, chacun pour sa part.

Cheminer ensemble par l’Esprit, et pas seulement les uns à côté des autres.

Être adoptés par le même Père, et pas seulement être collègues dans le même « bureau spirituel ».

Partager le même héritage par le Fils, et pas vouloir se l’accaparer.

Alors notre vie d’Eglise sera vraiment une histoire de famille.

La famille de Dieu.

D’après un texte de Vincent Mieville

Apprends-nous à prier

Arrêt sur ce verset :
 Jésus priait un jour dans un certain endroit. Quand il eut fini, un de ses disciples lui dit: Seigneur, enseigne-nous à prier. 

Jésus priait

Jésus, pleinement Dieu, pleinement homme prie. Cette attitude en elle-même est un enseignement. Il y a deux réflexions qu’on entend régulièrement :

        a – « Jésus est Dieu, lui n’a pas besoin de prier pour connaître la volonté de son Père : il sait tout … »

        b – « Jésus prie, parce que toutes façons il est sûr que son Père l’écoute et lui répond … »

La réalité de la vie de Jésus est là : Jésus priait.

Les Evangiles parlent des 40 jours de jeûnes que Jésus a passés dans le désert, immédiatement après avoir été baptisé par Jean-Baptiste. Ces textes ne mentionnent pas explicitement le fait que Jésus a prié, mais le jeûne est toujours un moment de prière et de recherche de la présence de Dieu. Avant d’entrer dans son ministère, Jésus a donc pris beaucoup de temps pour dialoguer avec son Père et pour se préparer à accomplir jusqu’au bout la mission qui lui avait été confiée.

Dans le premier chapitre de l’Evangile de Marc et alors que Jésus en est au début de son ministère, nous lisons :

Vers le matin, alors qu’il faisait encore très sombre, Jésus se leva et sortit pour aller dans un endroit désert où il pria. 
Marc 1.35

De façon générale, Jésus préférait s’isoler pour prier, il se retirait :

sur les collines ou sur les montagnes … à l’écart 
Matt 14.23, Marc 6.46, Luc 6.12

Ce désir de prier dans l’isolement Jésus en fait un enseignement :

Toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra ouvertement. 
Matthieu 6.6

Les moments de tête à tête, vécus dans la solitude avec Dieu le Père, étaient une nécessité pour Jésus … ils sont indispensables pour la vie du disciple de Jésus-Christ. Si la foi se nourrit de la Parole de Dieu, elle plonge aussi ses racines dans ces moments d’intimités avec Dieu notre Père et c’est ainsi qu’elle se fortifie, qu’elle se vivifie.

C’est aussi face à différentes circonstances ou moments que Jésus priait :

  • C’est ainsi que nous voyons Jésus prier pour les malades, pour les enfants, nous le voyons prier avant de multiplier les pains et les poissons pour nourrir la foule (Marc 6.41 – Marc 8.7).
  • Jésus prie devant le tombeau de Lazare.
    Père, je te remercie de ce que tu m’as écouté. Pour ma part, je savais que tu m’écoutes toujours, mais j’ai parlé à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. 
    Jean 11.41-21

    Après quoi, Jésus ressuscite Lazare, annonçant ainsi sa propre résurrection, affirmant qu’il est bien le Dieu de la résurrection et de la vie.
  • Lors du repas de la Pâque avec ses disciples, avant de faire circuler le pain et le vin parmi ses disciples, Jésus a prié. Et durant les derniers instants d’intimités avec ses disciples, alors qu’il est sur le point d’être arrêté, Jésus prie pour eux d’abord :
    «su_quote] C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi … Père saint, garde-les en ton nom, ce nom que tu m’as donné, afin qu’ils soient un comme nous. [/su_quote]Jean 17.9-11

Mais dans cette prière (Jean 17), Jésus prie également pour tous les croyants du monde et de tous les temps :

Je ne prie pas pour eux seulement, mais encore pour ceux qui croiront en moi à travers leur parole, afin que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée afin qu’ils soient un comme nous sommes un …
Jean 17

  • Après ce long moment passé avec ses disciples, sachant que son arrestation et son supplice étaient imminents, dans le jardin des oliviers, Jésus a encore prié :
    Mon Père, si cela est possible, que cette coupe s’éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.
    Matthieu 26.39
     
  • Sur la croix enfin, à l’heure de la mort, Jésus prie une dernière fois
    Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ?
    Père Pardonne leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font.
    Père je remets mon Esprit entre tes mains.

La prière a été une constante tout au long du ministère de Jésus … pour le Christ, la prière, c’est un état de vie : une respiration permanente. Aujourd’hui encore, Jésus prie en particulier pour son Eglise, pour l’ensemble des croyants … il est l’avocat auprès du Père et c’est aussi en son nom que nous adressons nos prières à Dieu, parce qu’il a fait cette promesse :

tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.
Jean 16.23

Jésus priait … Quand il eut fini, un de ses disciples lui dit: Seigneur, enseigne-nous à prier.
 (v1)

Les disciples ne savaient-ils donc pas prier ? Ne participaient-ils pas à la prière dans les Synagogues ? N’allaient-ils donc jamais au Temple de Jérusalem pour prier avec le peuple d’Israël ? Ignoraient-ils qu’eux aussi pouvaient s’adresser directement à Dieu ?

Certes, aucun des disciples de Jésus ne faisait partie des responsables religieux du peuple d’Israël, mais j’ai tendance à penser que si Jésus a choisi ces 12 hommes pour être ses disciples, c’est parce que c’étaient des hommes de foi qui craignaient Dieu, qui respectaient sa Parole (// les écrits de l’Ancien Testament).

Les disciples n’étaient pas des hommes enfermés dans le système religieux et sclérosé du peuple d’Israël.

Les Evangiles ne parlent pas explicitement de ces choses, mais il suffit « d’écouter » les conversations de Jésus avec ses disciples pour se rendre compte de ces choses. Ces hommes aimaient profondément le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de Moïse qui avait délivré et conduit son peuple.

Mais leur question révèle qu’ils avaient un problème avec la prière. Ils connaissaient les prières liturgiques du culte, mais comment peut-on aborder personnellement Dieu ? Comment parler directement avec Lui, sans risque de l’offenser ? Comment prier en étant entendu de Dieu ? Comment recevoir de Dieu la réponse à nos prières ?

C’est le sens de la question qu’ils posent à Jésus : « Seigneur, enseigne-nous à prier ? » Pour eux, pas de doute, c’est dans ces face à face avec Dieu et dans cette communion que Jésus puise la sagesse et la profondeur de son enseignement, ainsi que sa puissance : eux les disciples voulaient imiter leur maître. « Seigneur, enseigne-nous à prier. »

  • Qu’en est-il de votre vie de prière ? Qu’en est-il de votre communion, de votre dialogue personnel avec Dieu ?

Si demain quelqu’un vient vous demander de lui apprendre à prier : que lui direz-vous ? Il serait bon que vous puissiez dire avec l’apôtre Paul :

imite-moi, comme moi-même je suis un imitateur de Jésus-Christ.
1 Cor 11.1

Les prières de Jésus sont exemplaires :

40 jours dans le silence du désert … la prière est silence et méditation, elle est aussi attente de la Parole de Dieu. Quand Satan vient pour tenter le Seigneur, cette parole jaillit avec force et c’est elle qui fait reculer le tentateur :

Retire-toi, Satan! En effet, il est écrit: C’est le Seigneur, ton Dieu, que tu adoreras et c’est lui seul que tu serviras.
Matt 4.10

Quand Jésus s’éloigne de ses disciples pour prier, la prière devient personnelle, moment d’intimité où rien n’est caché au Père qui de toute façon sait toutes choses y compris de ce qui est caché, enfoui en chacun de nous.

Dans le jardin de Gethsémané, Jésus s’est mis à l’écart pour prier, il n’a rien caché de sa souffrance et de ses angoisses face au supplice et à la mort qui lui faisait face. Mais plus encore, il savait qu’il allait être coupé de cet amour parfait qui l’unissait à son Père et tout en lui rejetait cette rupture :

Mon Père, si cela est possible, que cette coupe s’éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.
Matthieu 26.39

Quand Jésus prie pour les malades, pour les enfants et pour les femmes et les hommes qui croisent sa route, sa prière devient intercession, élévation de ces être aimés, pour que Dieu le Père étende sa grâce sur chacun personnellement.

Quand Jésus prie pour nourrir une foule avec seulement 5 pains et 2 poissons, sa prière est expression de la foi, qui voit que ce qui est impossible aux hommes l’est pour Dieu, mais elle aussi prière de louange, car Jésus que le miracle va intervenir et avant même que le miracle arrive, Jésus remercie son Père (Marc 6.41)

A l’heure de la mort, alors qu’il est cloué sur la croix, la prière de Jésus n’est plus qu’un cri de souffrance et de détresse :

Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ?

Mais sa prière se tourne encore vers Dieu pour appeler son pardon sur ses bourreaux :

Père Pardonne leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font.
Enfin, la prière de Jésus est abandon entre les mains de son Père :
Père je remets mon Esprit entre tes mains.
(Matt 27)

« Le Notre Père », cette prière nous invite à tourner les regards vers le Père tout puissant dont la demeure est au ciel. Il est le Souverain-maitre et son nom même est saint. C’est le Seigneur qui doit être au centre de ma prière et non moi.

Ce n’est qu’alors que notre prière se fait demande pour présenter à Dieu nos besoins personnels, à commencer pour avoir le nécessaire pour vivre … et la prière peut alors aller jusqu’à la demande du pardon dont nous avons besoin, à cause de nos péchés. Mais notre prière est aussi faite d’un engagement à l’obéissance :

Pardonne-nous nos péchés, car nous aussi nous pardonnons à toute personne qui nous offense.
(v4)

Notre prière est encore appel à l’aide, parce que nous restons des êtres faibles face à la tentation. Et si on se réfère à la fin de la prière que nous avons dans l’Evangile de Matthieu, notre prière peut enfin se tourner à nouveau vers le Dieu tout-puissant pour lui dire notre louange et notre adoration.

Toutes les prières de Jésus sont exaucées : beaucoup l’ont été directement (si on peut dire) au cours de son ministère.

Mais quand Jésus nous présente ainsi à Dieu :

Je te demande qu’ils soient tous un …

C’est bien pour son Eglise, pour nous ses disciples aujourd’hui que Jésus prie … qui serions-nous pour vouloir aller contre la volonté de notre Seigneur ?

  • L’unité dans l’Eglise de Jésus-Christ n’est pas une lubie ou un fantasme.
  • L’unité dans chaque église doit être l’objet de tous nos efforts, c’est même le principal témoignage que nous pouvons poser devant les yeux du monde :
    à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l’amour les uns pour les autres.
    Jean 13.35

Toutes les prières de Jésus sont exaucées, toutes l’ont été et toutes le seront … et en fait elles le sont déjà.

  • « Mais pourquoi Seigneur tes prières sont-elles exaucées, alors que j’ai souvent l’impression que les miennes ne le sont pas ? » « Pourquoi ne réponds-tu pas toujours ou pas toujours comme je l’aurai souhaité, alors que tu as dit :
    tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.
    Jean 16.23

La réponse à ces questions, que nous nous posons à divers moments de notre existence est complexe nous y reviendrons prochainement.

Après ce rapide survol des prières de Jésus encore deux versets laissés à la méditation de chacun :

Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre.
Jean 4.34
c’est une parole de Jésus à ses disciples.

Et comme un miroir à cette parole, Jacques dit :

Quand vous demandez, vous ne recevez pas parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions.
Jacques 4.3

« Jésus priait … Seigneur, enseignes–nous à prier. » Ce pourrait aussi être notre prière.

Ils demandent un roi

1Samuel Chapitre 8, versets 1 à 22

Lorsque Samuel devint vieux, il nomma ses fils juges d’Israël. 

Le nom de son fils premier-né était Joël ; le nom du second, Abiya ; ils étaient juges à Bersabée.
Les fils de Samuel ne suivirent pas sa voie ; ils avaient un penchant pour le profit, acceptaient des pots-de-vin et portaient atteinte au droit.
Tous les anciens d’Israël se rassemblèrent et vinrent trouver Samuel à Rama.
Ils lui dirent : Toi, tu es vieux, et tes fils ne suivent pas tes voies ; maintenant, donne-nous un roi qui soit notre juge, comme en ont toutes les nations.
Samuel fut mécontent de les entendre dire : « Donne-nous un roi pour qu’il soit notre juge » ; Samuel pria le SEIGNEUR.
Le SEIGNEUR dit à Samuel : Ecoute le peuple en tout ce qu’il te dira ; ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent ; ils ne veulent plus que je sois roi sur eux.
Ils agissent à ton égard comme ils ont toujours agi depuis que je les ai fait monter d’Egypte jusqu’à ce jour : ils m’ont abandonné pour servir d’autres dieux.
Maintenant donc, écoute-les ; mais avertis-les et fais-leur connaître les droits du roi qui régnera sur eux.
Samuel dit toutes les paroles du SEIGNEUR au peuple qui lui demandait un roi.
Il dit : Voici les droits du roi qui régnera sur vous : il prendra vos fils et il les affectera à ses chars et à ses attelages, ils iront devant son char comme gardes du corps ;
il les nommera chefs de mille ou chefs de cinquante, il leur fera labourer ses terres, récolter sa moisson, fabriquer ses armes et l’équipement de ses chars.
Il prendra vos filles comme parfumeuses, cuisinières et boulangères.
Il prendra le meilleur de vos champs, de vos vignes et de vos oliviers et il le donnera aux gens de sa cour.
Il prendra la dîme de vos semailles et de vos vendanges, et il la donnera à ses hauts fonctionnaires et aux gens de sa cour.
Il prendra les meilleurs de vos serviteurs, de vos servantes et de vos jeunes gens, et vos ânes, et il s’en servira pour ses travaux.
Il prendra la dîme de votre petit bétail. Ainsi vous deviendrez ses esclaves.
Ce jour-là vous crierez contre le roi que vous vous serez choisi, mais ce jour-là le SEIGNEUR ne vous répondra pas !
Le peuple refusa d’écouter Samuel. Tant pis ! dirent-ils ; il y aura un roi sur nous,
et nous aussi nous serons comme toutes les nations ; notre roi sera notre juge, il conduira nos armées et mènera nos guerres.
Samuel entendit toutes les paroles du peuple et les dit en présence du SEIGNEUR.
Le SEIGNEUR dit à Samuel : Ecoute-les : tu leur donneras un roi. Et Samuel dit aux hommes d’Israël : Allez-vous-en, chacun dans sa ville.
Jésus est venu révéler le Père, le Dieu créateur.

Introduction

C’est la rentrée
Mais pas une rentrée banale : pas de train-train
Que du nouveau !
La situation est nouvelle : nous n’avons plus de pasteur. L’église va-t-elle survivre ?

La demande du roi : bonne ou mauvaise ?

Ce fait capital dans l’histoire d’Israël peut être envisagé de deux façons :

  • Cela devait être, Dieu l’avait annoncé dans :
    Gn 17,15
    Dieu dit encore à Abraham : Quant à Saraï, ta femme, tu ne l’appelleras plus du nom de Saraï : son nom sera Sara. 16 Je la bénirai : d’elle aussi je te donnerai un fils ; je la bénirai, et elle deviendra des nations ; les rois de plusieurs peuples sortiront d’elle.
    Gn 35,11
    Dieu lui dit : Je suis le Dieu–Puissant. Sois fécond et multiplie–toi ; une nation et une assemblée de nations seront issues de toi, et des rois sortiront de tes reins.
    Un jour ou l’autre, Dieu devait accomplir cela.
  • Mais cela ne devait pas se passer comme cela : au lieu d’être l’accomplissement de la volonté deDieu, l’évènement a été le produit de la volonté du peuple, qui agissant avec ingratitude envers Samuel, avec défiance envers Dieu lui-même a mis sa confiance dans la personne d’un souverainvisible. Cette confiance était charnelle et superstitieuse, comme ils l’avaient fait avant dans un objet matériel, l’arche d’alliance.

La royauté humaine, au-lieu de naître comme un don divin, fut un supplément dans l’esprit du peuple qui la demanda, un supplément à l’insuffisance prétendue du gouvernement divin.

Pourquoi cette demande ?

Samuel est vieux et devient insuffisant à la tâche de juger ce peuple nombreux. Il a établi ses fils à Beerséba (c.a.d. très loin, à l’extrême sud d’Israël, certainement où il ne pouvait plus se rendre lui-même).

Mais ça se passe mal : le peuple n’est pas d’accord.

C’est donc une situation de blocage apparent : plus de Samuel, et pas de successeur de la même trempe, de la même politique.

Ils demandent un roi !

Samuel est affligé, mais Dieu le console en lui révélant la vraie nature de la demande apparemment légitime : Dieu, lui, n’est pas vieux ni fatigué. Mais au lieu de lui faire confiance (lui qui ne se voit
pas), ils demandent un roi VISIBLE pour les juger = administration civile et militaire.

La gouvernance de Dieu qui suscitait au moment qu’il voulait les libérateurs (les juges), le peuple n’en veut plus. Le peuple est las de se trouver livré au « caprice divin ».

Il veut un pouvoir permanent, et propre à le défendre en tout temps.

Dieu dit : en réalité, c’est à moi que s’adresse cet affront ! Ils continuent la conduite qu’ils ont eu depuis Moïse. Ils veulent un roi comme les nations en ont, et ils l’auront tel que les ont celles-ci.
La description despotique (qui est toujours de mise aujourd’hui !!!) de ces rois devient celle des rois d’Israël par la suite…

1 Samuel _ V.8

Ils agissent à ton égard comme ils ont toujours agi depuis que je les ai fait monter d’Egypte jusqu’à ce jour : ils m’ont abandonné pour servir d’autres dieux.

Autrement dit, ce n’est pas de ta faute Samuel ! C’est eux qui sont dans leur tort.

La description qui suit est édifiante.

La conclusion de l’épisode

19 Le peuple refusa d’écouter Samuel. Tant pis ! dirent–ils ; il y aura un roi sur nous,
20 et nous aussi nous serons comme toutes les nations ; notre roi sera notre juge, il conduira nos armées et mènera nos guerres.
21 Samuel entendit toutes les paroles du peuple et les dit en présence du SEIGNEUR.
22 Le SEIGNEUR dit à Samuel : Ecoute–les : tu leur donneras un roi. Et Samuel dit aux hommes d’Israël : Allez–vous–en, chacun dans sa ville.
Conclusion

Jour de rentrée… sans pasteur.

Certains tremblent : comment l’église va-t-elle survivre ?
Nous voulons un pasteur, comme les autres en ont, ou un curé, ou un pope… que sais-je ?
Mais nous avons un pasteur : Jésus-Christ lui-même !

Osée 13,10

Où donc est ton roi ? Qu’il te sauve dans toutes tes villes ! Où sont tes juges, au sujet desquels tu disais : Donne–moi un roi et des princes ! 11 Je t’ai donné un roi dans ma colère, je te
l’ôterai dans ma fureur.

Nous voyons que tout ce qui touche à la royauté, c.a.d. à ce qui prend la place de Dieu dans notre vie est très sensible et provoque la colère du Seigneur.

Pourquoi mettre sa confiance dans un homme ? Ce n’est qu’un homme.

Moi, je mets et je mettrai ma confiance dans le Seigneur et Lui seul. Sa parole me guide et me suffit.

Je garde donc le programme de Joseph la semaine dernière : Soli Deo Gloria

N’avoir d’autre maître que Dieu, se reconnaître comme frères et sœurs, et se faire  serviteur. Quel est le but ultime de ces trois principes sinon de glorifier Dieu seul ?

• N’avoir d’autre maître que Dieu, c’est lui réserver l’obéissance, lui reconnaître son autorité absolue et bienveillante.
• Se reconnaître comme frères et sœurs, c’est glorifier dans nos relations le Père céleste qui nous unit.
• Se faire serviteur, c’est agir à l’image de Jésus-Christ, qui s’est fait serviteur jusqu’à donner sa vie pour nous.

Alors vivons-le ! Et la partition de nos vies portera bien cette mention :
Soli Deo gloria… A Dieu seul soit la gloire !

Soli Deo gloria

àJésus est venu révéler le Père, le Dieu créateur.

Et au milieu de son peuple, il fit vite le constat de la manière dont vivait son peuple, le peuple de la révélation à qui Dieu avait confié la Loi au travers de Moïse.

Il s’en prend aux responsables religieux qui, eux, s’étaient permis de modifier certaines lois pour les mettre à leur convenance.

Mais Jésus dénonçait plutôt leur hypocrisie parce qu’il obligeaient le peuple à les mettre en pratique et eux, ne les appliquaient pas.

La Parole de Dieu est autorité.

Colossien ch1v.15,16 nous le rappelle bien.

Le fils est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. En effet, c’est en Lui que tout a été créé dans le ciel et sur la terre; le visible et l’invisibles, trônes, souverainetés, dénominations, autorités. Tout a été créé par Lui et pour Lui.

Si on touche à la Parole de Dieu, on touche à l’autorité de Dieu.

Personne ne peut s’accaparer l’autorité de Dieu!

La classe dirigeante d’Israël, les responsables religieux, eux, se permettaient celà. Jésus a toujours été confronté à eux à cause de ce problème.

Le chapitre 23 de Matthieu nous le montre bien. : par les premiers versets, Jésus s’adresse au peuple, puis il s’en prend aux responsables religieux :

Malheur à vous, spécialistes de la Loi et pharisiens hypocrites…

Et les paroles de Jésus sont à la hauteur de leur hypocrisie.

Lisons, maintenant les premiers versets du chapitre 23 de Matthieu.

Matthieu 23.1-12
Alors Jésus dit aux foules et à ses disciples : « Les maîtres de la loi et les Pharisiens sont chargés d’expliquer la loi de Moïse. Donc, vous devez leur obéir et vous devez faire tout ce qu’ils vous disent, mais n’agissez pas comme eux. En effet, ils ne font pas ce qu’ils disent. Ils rassemblent des charges très lourdes et ils les mettent sur les épaules des gens. Mais eux, ils refusent d’y toucher, même avec un seul doigt ! Toutes leurs actions, ils les font pour que les gens les regardent. Ainsi, ils agrandissent leurs phylactères. Ils allongent aussi les franges de leurs vêtements. Ils choisissent les premières places dans les grands repas et les premiers sièges dans les maisons de prière. Ils aiment qu’on les salue sur les places de la ville et que les gens les appellent « Rabbi ». Mais vous, ne vous faites pas appeler « Rabbi ». En effet, vous avez un seul enseignant et vous êtes tous frères. N’appelez personne sur la terre « Père » . En effet, vous avez un seul Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas non plus appeler « Maître ». En effet, vous avez un seul maître, le Christ. Le plus important parmi vous doit se mettre à votre service. Celui qui veut être au-dessus des autres recevra la dernière place. Et celui qui prend la dernière place sera mis au-dessus des autres. »
(…)

Le grand compositeur allemand Jean-Sébastien Bach signait ses partitions avec les trois lettres SDG, et parfois avec l’expression latine en entier : Soli Deo Gloria. A Dieu seul la gloire.

A Dieu seul la gloire.

A travers ses exhortations, c’est un peu cette même signature que Jésus aimerait que nous fassions figurer sur la partition de nos vies : A Dieu seul la gloire !

Contrairement aux chefs religieux que Jésus critique ici…

Dans les versets qui nous intéressent, Jésus parle bien des chefs religieux mais ce n’est pas tellement à eux qu’il s’adresse. Il le fera à la suite de ces versets, dans une longue diatribe contre les maîtres de la loi et les pharisiens en leur disant à plusieurs reprises : « malheur à vous ! ».

Ici, c’est à la foule et à ses disciples qu’il parle. Ce qu’il dit concerne donc tout le monde…

Et il prend les chefs religieux comme des contre-exemples à ne pas suivre. En un mot : « Faites ce qu’ils disent mais ne faites pas ce qu’ils font ! »

Au verset 8 :

Ne vous faites pas appeler “Rabbi”. En effet, vous avez un seul enseignant et vous êtes tous frères.
« Rabbi » est un mot araméen et c’est le titre qu’on donnait à ceux qui enseignaient, à un maître avec ses disciples. C’est un titre qu’on donne souvent à Jésus dans les évangiles.

Au verset 10 :

Ne vous faites pas non plus appeler « Maître ». En effet, vous avez un seul maître, le Christ.

Ici c’est bien un terme grec qui est utilisé et désigne un conducteur, un guide.

On pourrait donc, dans les deux cas, parler d’un maître, à la fois dans le sens d’enseignant et de conducteur spirituel. Et Jésus dit : attention, seul Dieu doit être votre maître.

Entre ces deux exhortations, il y a celle du verset 9, qui propose la perspective inverse,  non pas celle de ceux qui veulent se faire appeler « maître » mais de ceux qui veulent se trouver des maîtres ou des « Pères » :

N’appelez personne sur la terre « Père. En effet, vous avez un seul Père, celui qui est dans les cieux.

Et puisque nous sommes tous frères, Jésus propose alors une autre voie, celle du service  mutuel :

«Le plus important parmi vous doit se mettre à votre service. Celui qui veut être au-dessus des autres recevra la dernière place. Et celui qui prend la dernière place sera mis au-dessus des autres.
(v.11-12)

De ces exhortations on peut faire ressortir trois principes complémentaires :

• N’avoir d’autre maître que Dieu
• Se reconnaître comme frères
• Se faire serviteur

Trois principes pour donner à Dieu seul la gloire…

N’avoir d’autre maître que Dieu

C’est le sens premier de cette triple exhortation. Ni se faire appeler maître ni appeler quelqu’un maître ici-bas.

Ce n’est pas « Ni Dieu ni maître », c’est « Dieu seul maître ».

En réalité, cela rappelle une des grandes affirmations des Réformateurs du XVIe siècle : le  sacerdoce universel des croyant. Autrement dit : nous sommes tous prêtres ! Il ne peut y avoir d’intermédiaire entre le croyant et Dieu, si ce n’est Jésus-Christ seul.

Pas des clercs d’un côté et des laïcs de l’autre mais tous des prêtres… tous des frères.

Le problème c’est qu’il y a, dans l’Eglise comme dans toute institution ou toute communauté humaine, des fonctions et des responsabilités différentes qui peuvent mettre certains plus que d’autres en position d’autorité. Une position dangereuse ou la tentation de « se faire appeler » maître, guide, père… est là.

Lorsque Jésus fait cette mise en garde, il ne dit pas que personne ne doit être responsable ou enseignant. Il met en lumière le danger de se faire appeler « maître ».

Le danger de la recherche du prestige d’être chef, directeur, président, responsable, pasteur… au risque d’éclipser l’autorité de Dieu.

Nul homme ne doit, d’une façon ou d’une autre, prendre la place de Dieu. Dans l’Eglise en particulier, les responsables, quels qu’ils soient, doivent s’effacer derrière Celui qui les a appelé.

Mais Jésus dit aussi qu’il y a un autre danger. Il est pour ceux qui se cherchent des pères, des maîtres ici-bas.

Il souligne alors le danger de mettre sa foi dans un homme ou une femme, même au service de Dieu, plutôt qu’en Dieu.

Le danger existe, de s’attacher plus à un pasteur, un prédicateur, un enseignant qu’à Dieu.

Et lorsque ce pasteur ou ce prédicateur s’en va, la foi vacille…

N’avoir d’autre maître que Dieu est un principe garant d’un service humble qui s’efface devant Dieu et d’une foi solide, ancrée en Dieu et non en l’homme.

Se reconnaître comme frères

L’affirmation de Jésus, « Vous êtes tous frères », est liée à la fois l’exhortation qui précède (vous avez tous un seul maître) et celle qui suit (vous avez un seul Père, qui est dans les cieux).

Deux exhortations qui colorent différemment l’expression.

Si nous sommes frères parce qu’il y a un seul maître, alors nous sommes tous à égalité devant Dieu. Il n’y a pas des pères ou des mères et des frères ou des sœurs. Il n’y a que des frères et des sœurs.

Nul ne peut se placer au-dessus de son frère, que ce soit à cause de son expérience, de sa connaissance ou même de son appel !

Nous sommes frères et sœurs parce que nous sommes tous  disciples !

Si nous sommes frères et sœurs parce que nous avons un seul et même Père, qui est dans les cieux, alors nous sommes liés les uns aux autres, indépendamment de nos amitiés, nos « atomes crochus » ou non.

Nous avons le même Père céleste : c’est Lui qui me dit qui est mon frère ou ma sœur, ce n’est pas moi qui décide…

Il est fondamental dans l’Eglise de se reconnaître comme frères et sœurs. Et il est fondamental de comprendre que ce qui fait de mon frère mon frère, c’est sa relation avec son Père céleste qui est aussi mon Père céleste.

Ce n’est pas sa forme de piété, ou son appartenance à telle ou telle Eglise, ni même sa théologie . Et cela, je ne peux m’en rendre compte que si je vais à la rencontre des autres différents de moi, si je suis ouvert au dialogue et si je ne m’enferme pas dans mes a priori ou mes dogmatismes.

Se reconnaître comme frères, au-delà de nos différences, c’est glorifier notre Père commun, par le Christ qui nous unit !

Se faire serviteur

Vous êtes tous frères, vous avez un seul et même Père, un seul et même maître. Dès lors, en tant que frères et sœurs, c’est au service mutuel que vous êtes appelés.

Dans le Nouveau Testament, le service est l’expression concrète de l’amour fraternel.

Le modèle du croyant, ce n’est pas le maître, c’est le serviteur. Tous les responsables, quels qu’ils soient, doivent s’en souvenir.

Le « ministère » c’est le service, le « ministre » c’est le serviteur.

Notre Maître lui-même, Jésus-Christ, n’a-t-il pas montré le chemin en se faisant serviteur ?

C’est toute la dynamique de l’incarnation : le Fils de Dieu qui quitte le ciel pour humblement venir sur terre, prenant la forme d’un serviteur.

C’est tout le chemin du Calvaire, où le Christ a choisi de se mettre au service de nous, pécheurs, en acceptant l’humiliation jusqu’à la mort sur la croix, pour nous.

Sa mort est son service ultime…

C’est pourquoi, Jésus dans ses paroles va au-delà de l’exhortation à ne pas appeler ni se faire appeler maître ici-bas, au-delà du fait d’être frères, égaux les uns envers les autres.

Il s’agit d’aller plus loin et de se faire serviteur. Devant Dieu, nous sommes tous frères et sœurs. Devant notre frère ou notre sœur, nous sommes appelés à être des serviteurs.

Jésus le fait avec une formule qui exprime le renversement typique de l’Evangile :

Celui qui veut être au-dessus des autres recevra la dernière place. Et celui qui prend la dernière place sera mis au-dessus des autres.(v.12).

Ici encore, nous avons à l’esprit l’exemple donné par le Christ. Car lui qui s’est humilié en tant que serviteur, jusqu’à la mort sur la croix, il est aussi ressuscité, élevé à la droite du Père.

Comme l’apôtre Paul le dit dans son hymne de Philippiens 2.9-11 :

C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a accordé le nom qui est au-dessus de tout nom, pour qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est le Seigneur à la gloire de Dieu, le Père.
Conclusion

N’avoir d’autre maître que Dieu, se reconnaître comme frères et sœurs, et se faire  serviteur. Quel est le but ultime de ces trois principes sinon de glorifier Dieu seul ?

• N’avoir d’autre maître que Dieu, c’est lui réserver l’obéissance, lui reconnaître son autorité absolue et bienveillante.
• Se reconnaître comme frères et sœurs, c’est glorifier dans nos relations le Père céleste qui nous unit.
• Se faire serviteur, c’est agir à l’image de Jésus-Christ, qui s’est fait serviteur jusqu’à donner sa vie pour nous.

Alors vivons-le ! Et la partition de nos vies portera bien cette mention :
Soli Deo gloria… A Dieu seul soit la gloire !

D’après un texte de Vincent Mieville

En route avec l’union…

A l’occasion de son AG 2018, notre Union a publié, par la voie de la commission synodale, deux documents qui balisent le chemin que nous sommes en train de parcourir avec nos églises sœurs en France, deux documents qui font écho aux transformations inédites dans lesquels notre union s’est engagée depuis quelques synodes.

Je vous invite à prendre connaissance de ces deux documents. Il s’agit du rapport de la commission synodale à l’AG2018 et d’un document qui fait le point sur l’identité de l’UEEL  au moment de s’engager dans cette nouvelle étape.

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Aujourd’hui, je vous propose de revenir sur deux pivots de ce rapport. Et, vous allez le voir, l’union vit au niveau national ce que l’église vit au niveau local.

De but en blanc, la commission synodale tire un bilan de santé contrasté de sa veille de nos églises. Avec une question qui anime les membres de cette commission (composée pour moitié de pasteurs,  et moitié de laïques) : quelles conclusions ou quelle synthèse peut-on retirer d’un tel constat ?

Principe de solidarité
Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui.1 Corinthiens 12.26

Je relève ce mot essentiel dans la vie et le sens de notre union : solidarité. Solidarité entre les églises, solidarité dans l’église tout simplement. N’est-ce pas une des manifestations fondamentales de l’ADN de l’Eglise?

Un véritable cheminement dans notre façon de voir

La solidarité qu’est-ce que c’est ? Elle s’enracine dans l’empathie. Et l’empathie, c’est quoi ? C’est être sensible au pathos de l’autre, c’est-à-dire à son ressenti, sa perception d’une situation. Etre sensible ce n’est pas ressentir soi-même, subjectivement, de la pitié ou de l’admiration pour  la situation d’autrui. C’est ressentir et affronter soi-même la position de l’autre, quitte à bousculer le confort précaire que je me suis fabriqué dans la mienne. La solidarité, c’est un véritable défi, un chemin qui transforme une relation…

Prenons l’exemple de la souffrance. Vivre une souffrance, surtout quand ce n’est pas la sienne, ce n’est pas facile. En face de la souffrance, on est confronté à toutes sortes de réactions : on peut faire l’autruche ; on peut trouver une multitude d’explications ou de théories ; on peut rejeter la situation aussi, et essayer de changer ce qu’on voit parce que ça nous indispose ; on peut être aussi tout simplement désespéré, ou dans la détresse, démuni, parfois plus que notre frère ou notre sœur (on n’est pas tous égaux devant la souffrance) ; il se peut même, qu’au bout du compte, on commence à l’accepter, accepter de marcher à côté de notre frère ou sœur  au travers de la difficulté, et découvrir une nouvelle façon de voir, ensemble…

Bref, la solidarité c’est quelque chose d’intime. C’est d’être proche les uns des autres, pas seulement physiquement, mais d’abord dans le cœur, d’être à nu, de faire face à la même réalité, de découvrir qu’on peut cheminer avec quelqu’un.

La solidarité ne se décrète pas

En fait, la solidarité ce n’est pas quelque chose qui se décrète. C’est quelque chose qui s’apprend. Et pour l’église c’est quelque chose que chacun apprend personnellement au travers d’aventures communes, pas forcément celles auxquelles on aimerait se confronter.
Au fond, la solidarité ce n’est pas ton effort pour apprendre à supporter l’autre. C’est l’effort de Dieu à forger une histoire commune à partir de gens très divers. La solidarité c’est la foi que Dieu applique à nos relations (sur la foi comme action de Dieu). Il ne reste plus ici, à chacun, qu’à se soumettre à l’œuvre les transformations que Dieu opère dans notre vie.

Toutefois, le défi de l’aventure solidaire de l’église ne se résume pas à partager des cas personnels. C’est aussi apprendre à avancer ensemble. Et là c’est une toute autre histoire : apprendre comment d’un patchwork de personnalités, d’attentes, de visions, Dieu va faire une histoire originale, dans laquelle chacune à sa place mais aucune ne domine (rappelez-vous : soumettez-vous les un aux autres, servir et non être servi).

Unité dans la diversité

Ce rapport parle de rechercher d’autres ministères autour de celui du pasteur. L’église est une mosaïque de dons. Je crois que c’est ce que Momtaz a essayé de vous rappeler dimanche dernier, en s’appuyant sur toutes sortes de références biblique.

L’aventure de l’église ce n’est pas essayer de faire ensemble, c’est d’abord découvrir ce que Dieu est, en personne, à Béziers, c’est la révélation bien concrète du corps du Christ lui-même, c’est-à-dire, excusez du peu, la manifestation corporelle du Dieu de la Bible ici dans notre région, aujourd’hui. En patois, on appelle ça la parousie.


Oser le développement

Ce rapport a beaucoup insisté sur ce qui est devenu, depuis deux synodes, LA priorité de l’union pour les années à venir : le développement.

Depuis le dernier synode, on assiste à une restructuration progressive mais profonde de l’union avec la mise en place du pôle développement. Ce pôle est composé de deux départements : implantationrevitalisation. Ce développement est à la fois tourné vers l’extérieur (implantation) mais aussi vers l’intérieur (revitalisation des églises en difficulté, mais aussi celle qui ronronnent, qui gère leur routine).

L’église est un corps vivant. Un corps vivant est un corps en mouvement, à la fois en route vers le monde qui l’entoure et  grouillant de vie en lui-même. C’est exactement ce qui se passe pour l’église locale : elle vit et se transforme en elle-même de jour en jour, et elle s’agite et s’ébroue dans son écosystème, sa ville, sa région…

Et quand un corps devient vivant, il commence à percevoir, à voir, ce qu’il est ce qui l’entoure, où le mène ce qui l’anime : c’est la vision. Nous allons y revenir dans un instant. Je retiens surtout cette conclusion sans appel…

Nous ne manquons donc pas de pain sur la planche et plusieurs de ces chantiers nous conduisent parfois à certaines remises en question qui peuvent un peu nous déstabiliser. Mais la vie est un équilibre instable qui implique une prise de risques, c’est ce qui permet la croissance. La recherche du risque zéro et de la stabilité… c’est la mort ! Et nous voulons être vivants, animés par l’Esprit de Dieu pour accomplir la mission que le Christ nous confie !

 

L’église : un rassemblement pas comme les autres

Un chrétien eut un rêve.
On était à la veille d’une nouvelle année.
Or, elle s’annonçait mal pour lui.
Il prévoyait de nombreuses difficultés, et ne voyant pas du tout son chemin, il se sentait angoissé.
Dans son rêve, il vit un ange qui se tenait à l’entrée de l’année nouvelle.
Il lui adressa cette supplication :
“Donne-moi une lumière pour entrer dans cette nouvelle année, afin que je ne marche plus dans les ténèbres et que je puisse voir mon chemin.”
Alors il entendit distinctement l’ange lui dire :
“Tu dois t’avancer dans l’obscurité, mais en mettant ta main dans celle de DIEU. Cela vaudra mieux pour toi qu’une lumière et la main de Dieu te gardera plus sûrement.”
La vraie foi permet au chrétien d’aller de l’avant, même quand l’obscurité est profonde, car il peut mettre sa main dans celle de DIEU qui le conduit en toute sécurité.

Ne crains rien, car je suis avec toi. Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton DIEU, je te fortifie. Je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante.Esaïe 41.10
  • Qu’est-ce que vous attendez de votre église ?
  • Qu’est-ce que c’est l’église ?
  • Pourquoi l’Église ?
  • Quels sont les caractéristiques d’une église forte ?
  • Ce que doit faire l’Église pour avancer de l’avant. 
Qu’est-ce que vous attendez de votre église ?

J’attends que l’église :

  • m’aide à comprendre la parole de Dieu
  • qu’elle m’aide à vivre une vie chrétienne dans un monde qui ne cesse de changer.
  • que l’église soit pour moi comme une famille, réunie par l’amour du Christ
  • qu’elle continue d’annoncer l’évangile, la bonne nouvelle.
  • J’attends qu’elle soit fondée sur l’enseignement de son fondateur, notre Seigneur Jésus.
Qu’est-ce que c’est l’église ?

Il y a des milliers et des milliers d’églises autour du monde.  Il y en a qui sont très grandes, énormes et il y en a d’autres qui sont moins grandes.  Il y a aussi de petites églises comme la nôtre.  Il y a des églises fortes et d’autres qui sont faibles.  Mais la vérité est que ces bâtiments ne font qu’abriter l’église. Ces bâtiments ne sont pas l’Église.

L’église, on le comprend bien, c’est le corps du Christ et aucun mur ne peut la contenir.  Bien sûr on a besoin des murs et des bâtiments pour des raisons pratiques.  C’est l’endroit qui nous rassemble pour proclamer ensemble le nom de Jésus et le glorifier.  Mais on a besoin de nous rappeler que l’Église est avant tout le corps du Christ.  C’est nous tous en communion les uns avec les autres et avec d’autres chrétiens pas seulement en France mais autour du monde entier.

Une priorité : répondre aux besoins des membres

Un objectif : glorifier le nom de Jésus

Alors si on veut sauvegarder cette église, si on veut grandir en tant qu’église, si on veut que notre église soit forte, stable, grandissant spirituellement et numériquement, si l’on veut survivre et éviter toute division, il est absolument essentiel de répondre aux besoins des membres tout en considérant nos priorités. Mais notre objectif primordial doit rester toujours le même : glorifier le nom de Jésus.  Sinon, tout notre travail, tous nos efforts seront en vain. Au sein de notre église, il y a plusieurs talents, plusieurs dons accordés par le Saint Esprit.


Je vous propose un premier texte tiré de l’épître aux Éphésiens chapitre 4.

Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu.Éphésiens 4.11-13

5 ministères pour 5 groupes de personnes dans le corps de Christ ou dans l’église locale.

On comprend du verset 11 de Éphésiens 4, qu’il existe 5 ministères différents apostolique, prophétique, évangéliste, pastoral et enseignant (ou docteur).

En tant qu’église, nous sommes dans l’obligation de réclamer et d’identifier ces 5 ministères qui sont des dons que Dieu fait à l’église locale.

Pour le bien de l’église

Ces dons ne sont pas comme des dons personnels, qu’on garde pour soi. On lit au v.12 : pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ…
Ces dons sont accordés pour le bien de l’église. Ces dons sont accordés par le Saint Esprit pour faire bénéficier à toute la communauté du talent ou du don qui nous a été accordé. Ces ministères sont nécessaires pour que nous devenions de plus en plus efficaces pour servir Jésus-Christ et son église.

Et jusqu’à quand devrions nous exercer ces dons ? …

…jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu.Éphésiens 4.13

Je comprends par ça que même si nous sommes différents dans la connaissance de l’enseignement du Seigneur, les dons qui nous sont accordés, devraient travailler sans cesse, pour l’unité de la foi, l’unité de la doctrine, l’unité dans la connaissance de Jésus et de son enseignement. Et cette unité de la foi devrait éviter toute division.

Une multitude de dons

Apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs. Mais il y a aussi d’autres dons dont une église a besoin pour édifier les membres d’une église. Bien qu’il y ait des différences entre talents et dons spirituels (ce n’est pas le sujet de mon message ce matin), ils sont tous les deux des dons accordés par Dieu.

Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. Donc les dons spirituels sont attribués au bénéfice des autres et non de soi.1 Corinthiens 12.7
 Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.

Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun. Car, comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n’ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres.

Puisque nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée, que celui qui a le don de prophétie l’exerce selon l’analogie de la foi ; que celui qui est appelé au ministère s’attache à son ministère ; que celui qui enseigne s’attache à son enseignement, et celui qui exhorte, à l’exhortation. Que celui qui donne le fasse avec libéralité ; que celui qui préside le fasse avec zèle ; que celui qui pratique la miséricorde le fasse avec joie.Romains 12 : 2-8

Une deuxième liste dans la première épître aux Corinthiens mentionne d’autres dons :

En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit ; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; à un autre, le don d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l’interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut.1 Corinthiens 12.8-11

Les talents comme les dons spirituels devraient être utilisés pour la gloire de Dieu et l’exercice du ministère auprès des autres.

Alors pourquoi l’Église ?

Avez-vous remarqué que presque toutes les lettres du Nouveau Testament étaient adressées à des églises locales ?  En effet, la plupart des épîtres sont écrites à des églises locales.

Alors si tu ne fais pas partie d’une église locale, la Bible ne s’adresse pas à toi. Rejeter la communauté de l’église c’est ignorer les nombreuses exhortations « les uns les autres ».

Quitter l’Église, c’est donc fuir la Parole de Dieu. C’est fuir le plan de Dieu pour nous et nos frères et sœurs. Rester en dehors de l’église a des conséquences graves sur la croissance spirituelle car on s’éloigne de servir les autres.

Ne pas fréquenter une Église, ce n’est pas juste se priver d’être béni par les frères et sœurs, c’est aussi de l’égoïsme et un manque d’amour. Dieu nous exhorte à pratiquer « le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi ».

Ainsi donc, tant que nous en avons toujours l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi.Galates 6.10

Peut-être estimez-vous que votre église locale ne vous apporte pas assez. Mais si vous y alliez avant tout pour apporter ?  Ça changerait tout !

La Bible dit:

N’abandonnons pas notre assemblée, comme certains en ont l’habitude, mais encourageons-nous mutuellement. Faites cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour.Hébreux 10.25

Nous avons un ministère à accomplir en tant qu’église et nous avons des talents et des dons spirituels. Rien ni personne ne saurait ébranler cette église.

Jésus, parlant à Pierre, a donné cette promesse :

Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur ce roc je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle.Matthieu 16.18-19

Certains pensent que le roc sur lequel Jésus bâtit son église c’est l’apôtre Pierre. Mais Jésus peut-il bâtir son église sur la vie d’une personne, quelques soient ses qualités, ses talents, ou sa foi ? Non.  L’église n’est construite que sur notre Roc, qui est Jésus Christ. L’église est construite sur le roc, sur la pierre angulaire qu’est le Christ.

Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ.1 Corinthiens 3.11
Des fondations inébranlables

Quelques soient les problèmes et les difficultés l’Église ne tombera jamais parce qu’elle est bâtie sur des fondations solides et sûres. La tempête arrive mais on n’est pas maître de la tempête qui tombe, des torrents qui dévalent ou des vents qui soufflent. Mais l’Église, le corps du Christ ne tombera jamais.

Dans la vie nous passons par des épreuves. Notre foi est éprouvée. La foi de chacun sera éprouvée, mais la foi ne se détruira pas si nous la bâtissons sur les fondations de Christ et sa parole.

Aucune force ne peut pas détruire l’église. Toutes les ténèbres ne peuvent pas détruire l’Église de Jésus Christ.

Si quelqu’un disait : « je suis chrétien ; je n’ai pas besoin d’appartenir à l’église, je ne suis pas obligé d’appartenir à une église » ; et bien je lui dirais : « Tu n’es pas obligé d’aller à l’église. La vérité c’est que si tu n’appartiens pas à une église où la parole de Dieu est bibliquement enseignée, il te manque quelque chose d’essentiel dans ta vie en tant que chrétien. Tu te trompes et si tu prends délibérément cette décision, je crois que tu n’obéis pas à l’enseignement de la Bible, tu désobéis le Seigneur. »

Bien sûr il y des chrétiens qui vivent dans des régions, des pays où il n’y a pas d’église car c’est interdit.  Ça je le comprends.  Merci Seigneur, grâce à la révolution numérique et l’internet il y a d’autres moyens pour être en contact avec d’autres chrétiens. L’église c’est le corps du Christ et personne ne peut la détruire.

Quels sont les caractéristiques d’une forte église ?
  1. « Soyez remplis du Saint-Esprit »
    Les disciples n’étaient pas prêts pour évangéliser ; ils ne pouvaient pas avancer tout seuls ; ils ont dû attendre le jour de la pentecôte quand ils ont été remplis et équipés par l’Esprit Saint.
    Et ça c’est vrai de nos jours.  Personne n’est équipé pour prendre des décisions concernant l’église, le corps du christ sans qu’on soit rempli et guidé par l’esprit saint.
  2.  Basée sur la doctrine de la Bible : posséder une bible.
    Venez à l’église avec une Bible. Sinon on n’apprend rien.  On entre, on sort et on oublie….
  3. Pas de compromis dans nos convictions pour plaire aux autres.
  4. Prières de foi.
  5. Cultes de louange pour vivre la présence de Dieu.
  6. La générosité de ses membres.
  7. Mettre en pratique les dons spirituels. Le travail du saint esprit.
  8. Un enseignement biblique pour une église vivante.
  9. Une vision d’évangélisation.
  10. Être unis dans l’Esprit.
  11. L’apport de chacun et de tous pour faire avancer l’église.
  12. Un amour sincère les uns pour les autres.

Et tout ça pour voir Jésus glorifié dans nos vies et dans notre église.

Ce que doit faire l’Église pour avancer de l’avant

L’Église a été confiée la grande mission par Jésus pour annoncer la Bonne Nouvelle :

Allez faites de toutes les nations des disciples, en les baptisant au nom du Père, du Fils, du Saint-Esprit. Enseigner leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

Puis il leur dit : allez par tout le monde et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.

Voici les miracles qui accompagneront seront qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons, ils parleront de nouvelles langues, ils saisiront les serpents, s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal, ils imposeront les mains aux malades et les malades seront guéris.Marc 16.15-18

Une mission :  annoncer la Bonne Nouvelle

Voilà la mission que Jésus nous confie : propager, répandre la bonne nouvelle de l’évangile et en manifester les signes, les miracles etc., bien sûr en étant revêtu de la puissance du Saint-Esprit.

Voilà le sens des paroles de Jésus adressées à Pierre : Je te donne les clés du royaume et puis à nous maintenant. L’Église c’est l’affaire de Jésus. L’église n’est que la manifestation visible des œuvres que nous accomplissons en obéissant en Jésus, à son ordre.

Les pierres de notre église deviennent des pierres vivantes en recevant la vie et la nature de Jésus, sans Lui, les pierres sont mortes.  En devenant vivant, en acceptant la nouvelle vie en Jésus Christ, en acceptant de changer de nature, en renonçant à la nature morte, pour revêtir la nature de l’immortalité offerte par Jésus :

 Vous avez été édifies des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. En lui tout l’édifice bien coordonné s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit.Ephésiens 2.20-22

Personnellement, et comme tout le monde ici, je désire voir la croissance de notre église.

Pierre leur dit: « Changez d’attitude et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. En effet, la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. »

Et par beaucoup d’autres paroles, il rendait témoignage et les encourageait en disant: « Sauvez-vous de cette génération pervertie! » Ceux qui acceptèrent sa parole furent donc baptisés et, ce jour-là, le nombre des disciples augmenta d’environ 3000 personnes. Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières. Actes 2.38-42

Luc présente quatre éléments fondamentaux de l’église : l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain, les prières.  Notez bien que Luc utilise l’imparfait pour décrire ce que les apôtres faisaient régulièrement.  Ce n’est pas le passé simple pour indiquer une action ponctuelle mais plutôt l’imparfait.  Donc il s’agissait d’une action répétitive, une action qui est devenue une habitude dans la vie des chrétiens. Et c’est ça la force d’une église. La fondation est Jésus même.

Et je conclus avec quelques paroles que Jésus a adressé à son Père :

Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, – moi en eux, et toi en moi, -afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.Jean 17.20-23