En route avec l’union…

A l’occasion de son AG 2018, notre Union a publié, par la voie de la commission synodale, deux documents qui balisent le chemin que nous sommes en train de parcourir avec nos églises sœurs en France, deux documents qui font écho aux transformations inédites dans lesquels notre union s’est engagée depuis quelques synodes.

Je vous invite à prendre connaissance de ces deux documents. Il s’agit du rapport de la commission synodale à l’AG2018 et d’un document qui fait le point sur l’identité de l’UEEL  au moment de s’engager dans cette nouvelle étape.

Télécharger (PDF, 84KB)

Télécharger (PDF, 98KB)

Aujourd’hui, je vous propose de revenir sur deux pivots de ce rapport. Et, vous allez le voir, l’union vit au niveau national ce que l’église vit au niveau local.

De but en blanc, la commission synodale tire un bilan de santé contrasté de sa veille de nos églises. Avec une question qui anime les membres de cette commission (composée pour moitié de pasteurs,  et moitié de laïques) : quelles conclusions ou quelle synthèse peut-on retirer d’un tel constat ?

Principe de solidarité
Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui.1 Corinthiens 12.26

Je relève ce mot essentiel dans la vie et le sens de notre union : solidarité. Solidarité entre les églises, solidarité dans l’église tout simplement. N’est-ce pas une des manifestations fondamentales de l’ADN de l’Eglise?

Un véritable cheminement dans notre façon de voir

La solidarité qu’est-ce que c’est ? Elle s’enracine dans l’empathie. Et l’empathie, c’est quoi ? C’est être sensible au pathos de l’autre, c’est-à-dire à son ressenti, sa perception d’une situation. Etre sensible ce n’est pas ressentir soi-même, subjectivement, de la pitié ou de l’admiration pour  la situation d’autrui. C’est ressentir et affronter soi-même la position de l’autre, quitte à bousculer le confort précaire que je me suis fabriqué dans la mienne. La solidarité, c’est un véritable défi, un chemin qui transforme une relation…

Prenons l’exemple de la souffrance. Vivre une souffrance, surtout quand ce n’est pas la sienne, ce n’est pas facile. En face de la souffrance, on est confronté à toutes sortes de réactions : on peut faire l’autruche ; on peut trouver une multitude d’explications ou de théories ; on peut rejeter la situation aussi, et essayer de changer ce qu’on voit parce que ça nous indispose ; on peut être aussi tout simplement désespéré, ou dans la détresse, démuni, parfois plus que notre frère ou notre sœur (on n’est pas tous égaux devant la souffrance) ; il se peut même, qu’au bout du compte, on commence à l’accepter, accepter de marcher à côté de notre frère ou sœur  au travers de la difficulté, et découvrir une nouvelle façon de voir, ensemble…

Bref, la solidarité c’est quelque chose d’intime. C’est d’être proche les uns des autres, pas seulement physiquement, mais d’abord dans le cœur, d’être à nu, de faire face à la même réalité, de découvrir qu’on peut cheminer avec quelqu’un.

La solidarité ne se décrète pas

En fait, la solidarité ce n’est pas quelque chose qui se décrète. C’est quelque chose qui s’apprend. Et pour l’église c’est quelque chose que chacun apprend personnellement au travers d’aventures communes, pas forcément celles auxquelles on aimerait se confronter.
Au fond, la solidarité ce n’est pas ton effort pour apprendre à supporter l’autre. C’est l’effort de Dieu à forger une histoire commune à partir de gens très divers. La solidarité c’est la foi que Dieu applique à nos relations (sur la foi comme action de Dieu). Il ne reste plus ici, à chacun, qu’à se soumettre à l’œuvre les transformations que Dieu opère dans notre vie.

Toutefois, le défi de l’aventure solidaire de l’église ne se résume pas à partager des cas personnels. C’est aussi apprendre à avancer ensemble. Et là c’est une toute autre histoire : apprendre comment d’un patchwork de personnalités, d’attentes, de visions, Dieu va faire une histoire originale, dans laquelle chacune à sa place mais aucune ne domine (rappelez-vous : soumettez-vous les un aux autres, servir et non être servi).

Unité dans la diversité

Ce rapport parle de rechercher d’autres ministères autour de celui du pasteur. L’église est une mosaïque de dons. Je crois que c’est ce que Momtaz a essayé de vous rappeler dimanche dernier, en s’appuyant sur toutes sortes de références biblique.

L’aventure de l’église ce n’est pas essayer de faire ensemble, c’est d’abord découvrir ce que Dieu est, en personne, à Béziers, c’est la révélation bien concrète du corps du Christ lui-même, c’est-à-dire, excusez du peu, la manifestation corporelle du Dieu de la Bible ici dans notre région, aujourd’hui. En patois, on appelle ça la parousie.


Oser le développement

Ce rapport a beaucoup insisté sur ce qui est devenu, depuis deux synodes, LA priorité de l’union pour les années à venir : le développement.

Depuis le dernier synode, on assiste à une restructuration progressive mais profonde de l’union avec la mise en place du pôle développement. Ce pôle est composé de deux départements : implantationrevitalisation. Ce développement est à la fois tourné vers l’extérieur (implantation) mais aussi vers l’intérieur (revitalisation des églises en difficulté, mais aussi celle qui ronronnent, qui gère leur routine).

L’église est un corps vivant. Un corps vivant est un corps en mouvement, à la fois en route vers le monde qui l’entoure et  grouillant de vie en lui-même. C’est exactement ce qui se passe pour l’église locale : elle vit et se transforme en elle-même de jour en jour, et elle s’agite et s’ébroue dans son écosystème, sa ville, sa région…

Et quand un corps devient vivant, il commence à percevoir, à voir, ce qu’il est ce qui l’entoure, où le mène ce qui l’anime : c’est la vision. Nous allons y revenir dans un instant. Je retiens surtout cette conclusion sans appel…

Nous ne manquons donc pas de pain sur la planche et plusieurs de ces chantiers nous conduisent parfois à certaines remises en question qui peuvent un peu nous déstabiliser. Mais la vie est un équilibre instable qui implique une prise de risques, c’est ce qui permet la croissance. La recherche du risque zéro et de la stabilité… c’est la mort ! Et nous voulons être vivants, animés par l’Esprit de Dieu pour accomplir la mission que le Christ nous confie !

 

image_pdfimage_print

Laisser un commentaire