Un “Oui” dans notre vie

Marc 1.35-38
Vers le matin, alors qu’il faisait encore très sombre, il se leva et sortit pour aller dans un endroit désert où il pria.
Simon et ceux qui étaient avec lui se mirent à sa recherche; quand ils l’eurent trouvé, ils lui dirent: « Tout le monde te cherche. »  Il leur répondit: « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que j’y prêche aussi, car c’est pour cela que je suis sorti. »
2 Corinthiens 1.19-22
En effet, le Fils de Dieu, Jésus-Christ, que nous avons prêché au milieu de vous, Silvain, Timothée et moi, n’a pas été « oui » et « non ». Au contraire, en lui il n’y a que le « oui ».
 En effet, pour toutes les promesses de Dieu, c’est en lui que se trouve le « oui », et c’est donc aussi par lui que nous disons « amen » à Dieu, pour sa gloire. Or, celui qui nous affermit avec vous en Christ et qui nous a consacrés par son onction, c’est Dieu;  il nous a aussi marqués de son empreinte et a mis l’Esprit comme un gage dans notre cœur.
Qu’est-ce que le salut change dans notre vie quotidienne personnelle ? Quel est l’impact de ce que Dieu a fait pour moi dans ma vie et dans mon environnement  ? Qu’est-ce que l’oeuvre de Jésus-Christ transmet à ma vie quotidienne?

La Bonne Nouvelle bouscule, elle change la donne. Mais quoi ?
Pour le savoir, revenons à la source, observons le maître : dans notre texte de Marc, il est très en mouvement, il entre, il sort, il va voir les foules, il se met à l’écart, il va dans telle région, dans une autre. Soit il a la bougeotte, soit il semble particulièrement « habité », déterminé dans un parcours qui échappe un peu à son entourage, et même à nous. Même s’il rencontre toutes sortes d’aléas, il ne se laisse pas contraindre par eux. La détermination de Jésus est remarquable… elle est même totale lorsqu’il affirme (Jean 10.18) « Personne ne m’ôte ma vie, mais je la donne de moi-même »

Un oui déterminé

Cette détermination semble être l’une des caractéristiques les plus marquantes de la vie de Jésus. Qu’est-ce qui a pu nourrir une telle détermination tout au long de son parcours ? C’est le texte des Corinthiens qui nous éclaire  → en lui il n’y a que « oui » ! (19)

Sa détermination s’enracine dans son identité, ce qu’il est pour son Père : le Père l’a envoyé pour faire sa volonté. Il est complètement absorbé par la volonté et l’amour de son Père (Jn 5.30). Son parcours sur cette terre est déterminé par l’obéissance à cette volonté, une obéissance rendue possible par la confiance et la communion qui le lient à celui qui l’a envoyé.


Nos vies, d’un autre côté, c’est une composition plus ou moins réussie au milieu des aléas de notre quotidien.

Au cœur de nos choix, on retrouve emmêlées très souvent nos faiblesses, nos craintes, nos colères, notre manque d’inspiration, notre impatience… Notre détermination et nos refus sont plus souvent perçus comme des solutions de replis, un moindre mal, que comme l’expression pleine et entière de la volonté et du “oui” total que l’appel de Dieu déverse sur notre vie.

La volonté du Père

La volonté du Père reste facilement une notion vague et abstraite dans notre quotidien. Elle était centrale pour Jésus. Mais sa vie reste facilement une image d’Epinal qui apporte, au mieux, un peu de contraste dans la nôtre, au milieu de notre routine et de nos préoccupations.
Ce qu’il a vécu bouleverse-t-il, comme il l’a annoncé, la manière dont nous percevons notre statut vis-à-vis de Dieu ? Quelle part joue le Père dans notre existence ?

le “oui” du Père pour nous

Car ce que je viens de dire sur Jésus nous concerne aussi. Nous sommes nous aussi concernés par la volonté du Père, par son appel. Nous sommes nous aussi appelés à découvrir la détermination du Christ au cœur même de notre parcours, son obéissance. Nous sommes nous aussi habité par ce « oui » de Dieu. C’est ça la conversion : recevoir l’Esprit et le témoignage de Dieu dans tous les espaces de notre existence. Cet Esprit est au cœur de son expérience humaine :

Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit.  Ne t’étonne pas que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau — d’en haut.
Le vent souffle où il veut ; tu l’entends, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi de quiconque est né de l’Esprit.Jean 3.6-8

Ainsi, comme nous venons de le noter pour le Christ, la détermination du chrétien est fondée sur :

L’obéissance : Abandonner à Dieu notre situation

Découvrir que tu es capable de dire « non » parce que tu as déjà dit « oui » à quelque chose.

Notre vie est le fruit de son intention

Abandonner à Dieu notre situation, c’est d’accepter que notre vie est le fruit de son intention. C’est de laisser émerger sa volonté. C’est de découvrir l’obéissance à cette volonté. Obéir c’est apprendre à laisser de côté nos propres jugements sur les personnes ou les situations auxquels nous sommes confrontés et apprendre comment la volonté et la grâce de Dieu peut s’exprimer dans chacune d’elles. Obéir, c’est reconnaître nos propres limites.

Obéir, c’est apprendre à lui abandonner nos peurs et nos colères pour pouvoir découvrir ce qu’il veut transmettre au monde dans lequel nous vivons. C’est de s’aguerrir dans l’art de mourir à nos raisonnements et nos schémas pour se laisser réconcilier avec une perspective divine qui est au -delà de notre logique. C’est vivre le royaume au milieu des situations les plus précaires, insolubles ou simplement figées dans la routine. Le royaume est la manifestation de l’intention d’un Père véritablement aimant dans les gestes les plus simples de la vie, nos relations aux autres, à nous-même… Obéir, c’est participer, comme le Christ, au “oui” divin pour la création.


L’œuvre de l’Esprit : Discerner l’Esprit de Dieu au cœur de notre quotidien

L’Esprit de Dieu n’est pas incompatible avec notre médiocrité ou notre lassitude, au contraire. Il cherche constamment à manifester la nature du Christ dans chacune de nos situations. Il a fait ses armes dans la vie de Jésus et maintenant il poursuit inlassablement son travail de labourage dans notre cœur bien humain.

Notre cœur : Friche ou jardin ?

De notre point de vue, notre cœur semble être souvent dans un grand bazar, mais l’Esprit de Dieu y voit, lui, l’image et l’intention parfaite voulue par Dieu avant même que nous ayons été conçus. Et il travaille inlassablement pour manifester la nature du Christ.

Reconnaître son péché ce n’est pas rejeter l’état de son cœur mais, plus simplement, d’accepter que nous ne soyons pas capable de l’orienter pour déterminer seul en quoi nous sommes l’image de Dieu…
Nous ne pouvons pas avancer seul dans notre vie de chaque jour. Chacun de nos choix doit s’enraciner dans le « oui » de Dieu à notre égard. C’est dans ce “oui”, dans cette intention divine, que toute notre vie prend forme. L’Esprit travaille pour nous permettre d’accepter l’œuvre de Dieu dans notre existence et d’y participer.

Le jaillissement d’une nouvelle fondation

C’est un changement complet de fonctionnement : nous apprenons à discerner que chacun de nos pas s’appuie sur la volonté initiale du Père pour nous. Même lorsque nous n’y voyons pas très clair et que nous le perdons de vue, même lorsque nous perdons patience, ce « oui » de Dieu subsiste… même si ce n’est pas ce que notre situation semble suggérer. Ce “oui” de Dieu pour notre existence c’est celui-là même qui a ressuscité le Christ ! Ce n’est pas un raisonnement vague mais une réalité bouleversante pour ce qui détermine notre existence !

Mais c’est, comme il est écrit, ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, et ce qui n’est pas venu au cœur de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment.  Or c’est à nous que Dieu l’a révélé par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu.

Qui donc, parmi les humains, sait ce qui relève de l’humain, sinon l’esprit de l’humain qui est en lui ? De même, personne ne connaît ce qui relève de Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. Or nous, ce n’est pas l’esprit du monde que nous avons reçu, mais l’Esprit qui vient de Dieu, pour que nous sachions ce que Dieu nous a donné par grâce.
Et nous en parlons, non avec les discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, en associant le spirituel au spirituel.

Mais l’homme naturel n’accueille pas ce qui relève de l’Esprit de Dieu, car c’est une folie pour lui ; il ne peut pas connaître cela, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. L’être spirituel, lui, juge de tout, tandis que lui-même n’est jugé par personne. En effet, qui a connu la pensée du Seigneur, pour l’instruire ? Or nous, nous avons la pensée du Christ.1 Corinthiens 2.9-16

 

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