Une foi en action I

J’ai dactylographié la notice historique des tout débuts de notre assemblée rédigée en 1896 par Louis Guibal … Avant de commencer, je voulais vous lire un passage qui m’a frappé, des observations qui pourrait encore faire écho chez nous.

Voici ce qu’elle dit:

Mr Luigi quitta Béziers pour Montpellier en 1896.
La même année, Mr L. Guibal prenait possession du poste. Il le faisait avec l’intention ferme et nettement affirmée de voir de près si l’œuvre était viable et susceptible de développement tant au point de vue ecclésiastique qu’au point de vue de l’évangélisation. Il releva immédiatement deux obstacles à l’avenir de la petite église qui se trouvait réduite à 21 membres: insuffisance de convictions chez les membres, insuffisance de ressources matérielles. Tous les efforts portèrent de ce côté.
Genèse 22:1-13
Après cela, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit: « Abraham! » Celui-ci répondit: « Me voici! » Dieu dit: « Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac. Va-t’en au pays de Morija et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je t’indiquerai. »

Abraham se leva de bon matin, sella son âne et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l’holocauste et partit pour aller à l’endroit que Dieu lui avait indiqué.
Le troisième jour, Abraham leva les yeux et vit l’endroit de loin. Il dit à ses serviteurs: « Restez ici avec l’âne. Le jeune homme et moi, nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. »
Abraham prit le bois pour l’holocauste, le chargea sur son fils Isaac et porta lui-même le feu et le couteau. Ils marchèrent tous les deux ensemble.
Alors Isaac s’adressa à son père Abraham en disant: « Mon père! » Il répondit: « Me voici, mon fils! » Isaac reprit: « Voici le feu et le bois, mais où se trouve l’agneau pour l’holocauste? » Abraham répondit: « Mon fils, Dieu pourvoira lui-même à l’agneau pour l’holocauste. » Et ils continuèrent à marcher tous les deux ensemble.
Lorsqu’ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y construisit un autel et rangea le bois. Il attacha son fils Isaac et le mit sur l’autel par-dessus le bois. Puis Abraham tendit la main et prit le couteau pour égorger son fils. Alors l’ange de l’Eternel l’appela depuis le ciel et dit: « Abraham! Abraham! » Il répondit: « Me voici! » L’ange dit: « Ne porte pas la main sur l’enfant et ne lui fais rien, car je sais maintenant que tu crains Dieu et que tu ne m’as pas refusé ton fils unique. » Abraham leva les yeux et vit |derrière lui| un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

Jacques 2:14-26
Mes frères et sœurs, que sert-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les œuvres? Cette foi peut-elle le sauver?

Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un de vous leur dise: « Partez en paix, mettez-vous au chaud et rassasiez-vous » sans pourvoir à leurs besoins physiques, à quoi cela sert-il?
Il en va de même pour la foi: si elle ne produit pas d’œuvres, elle est morte en elle-même. Mais quelqu’un dira: « Toi, tu as la foi, et moi, j’ai les œuvres. » Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai ma foi.
Tu crois qu’il y a un seul Dieu? Tu fais bien; les démons aussi le croient, et ils tremblent.
Veux-tu reconnaître, homme sans intelligence, que la foi sans les œuvres est morte? Notre ancêtre Abraham n’a-t-il pas été considéré comme juste sur la base de ses actes, lorsqu’il a offert son fils Isaac sur l’autel? Tu vois bien que sa foi agissait avec ses œuvres et que par les œuvres sa foi a été menée à la perfection. Ainsi s’est accompli ce que dit l’Ecriture: Abraham eut confiance en Dieu et cela lui fut compté comme justice. Et il a été appelé ami de Dieu. Vous voyez donc que l’homme est déclaré juste sur la base de ses actes, et pas seulement de la foi.
Rahab la prostituée n’a-t-elle pas, de la même manière, été considérée comme juste sur la base de ses actes, lorsqu’elle a accueilli les messagers et les a fait partir par un autre chemin?

En effet, de même que le corps sans esprit est mort, de même la foi sans les œuvres est morte. 

La foi qu’est ce que c’est?
            Croire en Dieu?

Le verset 19 résonne terriblement… on croise encore des gens dans les rues qui vous annoncent : « oh moi je crois en Dieu » …
→ la foi c’est croire Dieu.

            Croire que Jésus est mort sur la croix?

Je suis enfant de chrétien. J’ai été à l’école du dimanche. J’ai bien appris la Bible. C’est bon?…
→ La foi correspond à un engagement personnel.

            Être convaincu dans son for intérieur que Jésus est mon sauveur personnel?

J’ai bien compris que Jésus est mon sauveur, j’ai donc bien acquis la foi ; mais pour moi il y a comme un fossé entre mon cœur et mes mains…
→ la foi ne peut pas être vécue par procuration. La foi sans les œuvres est morte.

La foi n’est pas une notion théologique (on pourrait le penser devant nos confessions de foi affichées). Ce n’est pas non plus un ressenti émotionnel (on pourrait encore le penser lorsqu’on limite sa foi à quelques épisodes plus intenses de notre vie). La foi c’est plus précisément l’orientation de notre cœur vers Dieu. Et pour exister, la foi, cette orientation du cœur, a besoin d’une confrontation entre notre relation avec Dieu et la réalité dans laquelle nous sommes.


La foi d’Abraham, père des croyants

Un fils plus espéré, qui vient finalement  … Puis c’est un commandement de Dieu qui vient (v1,2)

Abraham à l’action

Abraham obéit ; il conduit son action comme si de rien n’était. Pourtant il ne devait pas en mener lourd…
Puis vient la chute de l’histoire : le père Abraham sautillant pour aller attraper le bélier dans le buisson!
La réponse d’Abraham à l’appel de Dieu l’avait engagé dans un chemin de foi, une foi qui s’est manifestée dans l’action.

Aujourd’hui nous nous pensons très loin de ce qui paraîtrait presque des mythes, vous savez, ces bonnes histoires d’avant c’est bon d’y croire. La foi dans la foi des autres, c’est toujours plus facile.
Quand je cherche à confier un sujet lourd à Dieu, je crains de ne pas dire ce qu’il faut.. ou à quoi bon puisque je ne peux pas infléchir sa volonté. Mais en pensant ça, je me referme, je ne dialogue plus avec Dieu mais avec mon nombril. Du coup ma prière devient hésitante. C’est toute la vie de foi qui chancelle.

Dieu à l’action

Pourtant quelle a été l’attitude de ces témoins avant nous? Ils ont eu confiance que Dieu travaillait dans le même sens qu’eux. Et même s’ils se sont mis en marche dans une direction où ils prenaient des risques énormes, ils ont avancé avec la certitude que Dieu pourvoirait et accomplirait lui-même les bénédictions qu’ils espéraient.

 

A l’égard de notre église aussi nous cherchons à avoir la foi, et nous ne sommes pas les premiers, rappelez-vous le passage du début. Nous prions effectivement pour notre église, nous lui confions ce qui nous préoccupe ou ce qui nous réjouit, mais est-ce que ça s’arrête là ? Jésus explique que la prière ne s’arrête pas à la superformule « amen » (Marc 11.22-24).

L’engagement d’une vie

Souvent nous prions et nous pensons avoir fait notre part du boulot. La prière n’est que le début de la marche par la foi : c’est dire à Dieu qu’on s’engage par rapport à un sujet, pas qu’on s’en débarrasse.

L’engagement d’une relation

Et si Dieu nous avait entendus? Et si ce n’était pas par hasard que ce soit nous qui ayons prié pour ce sujet? Maintenant il nous a entendus. Il nous façonne et nous édifie… jusque dans l’action. C’est pour nous mettre en mouvement. Et c’est ce qu’il a fait avec Abraham, c’est le point de départ de l’alliance, l’union entre Dieu et l’humanité. La foi est un engagement dans une collaboration avec Dieu.

La vie de notre église ici doit être le premier terrain d’expérimentation de cette foi. Ne prions pas dans le vide, œuvrons dans le même sens que nos paroles…
Nous prions pour la croissance numérique de notre église? Regardons maintenant là où Dieu commence à étendre l’impact de notre église auprès des gens qui nous entourent, ouvrons nous déjà, laissons nous surprendre même si ce n’est pas toujours comme on l’attend…
Nous prions pour une situation financière plus stable? Œuvrons dans ce sens déjà avec nos moyens à disposition parce que ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières…

Vu comme ça, le « amen » nous laisse moins à l’aise, puisqu’il inaugure le temps de la mise en œuvre, le début de la réalisation de notre prière.
Nos moyens sont trop faibles ? Mais Dieu ne les connait-il pas? Il attend juste que nous mettions en œuvre notre foi, dans des gestes simples, et il pourvoira aux moyens au fur et à mesure.
Vous trouvez notre situation précaire ? Vous avez vu le risque couru par Abraham? La foi ne se trouve pas dans des tergiversations sur le contexte, et Abraham en a surement eu. Avoir la foi ce n’est pas avancer sûr de soi, cool… ce n’est pas ne pas avoir de problème, mais c’est y faire face, les traverser. Regardez Abraham, sa foi s’en est retrouvée affermie.

La foi hors des œuvres se dessèche; elle meurt. Elle manque de contenu. Mais à l’opposé, une foi vécue dans l’adversité se renforce. Acceptons cette adversité au lieu de la fuir en l’ignorant. En faisant face à ces défis au moyen de la foi, nous ne laissons pas la peur du manque, la peur d’un Dieu absent, nous ronger la vie. Et nous entrons de plein pied dans la vie trépidante et inattendue que Dieu a préparé pour nous.
Dieu commence déjà à agir ! Ne cherchons pas à nous économiser au cas où. Prenons pour modèle le Christ, l’effort que Dieu a fait pour venir s’incarner jusqu’à mourir de cette mort qui nous fait tant peur.
Regardons l’aboutissement aussi: pour que nous trouvions enfin la vie et une relation restaurée avec Lui.

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