Faiblesse = Gloire

Partie 1

On est bombardés d’informations tristes et même menaçantes. Humainement, c’est plutôt écrasant : on se sent démunis et affaiblis. Est-ce que Dieu se plait à nous voir faible?

En fait, la Bible est pleine de personnes désespérées ou faibles. Être faible ne semble pas être une position incompatible avec l’action et la révélation de Dieu, bien au contraire. On y parle même de la faiblesse comme manifestation de la gloire et de la puissance de Dieu.

Où est le sage? Où est le spécialiste de la loi? Où est le discoureur de l’ère actuelle? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse de ce monde?
Puisque à travers cette sagesse le monde n’a pas connu Dieu en voyant sa sagesse, il a plu à Dieu de sauver les croyants à travers la folie de la prédication. Les Juifs demandent un signe miraculeux et les Grecs recherchent la sagesse. Or nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les non-Juifs, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, qu’ils soient juifs ou non. En effet, la folie de Dieu est plus sage que les hommes et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes.

Considérez, frères et sœurs, votre propre appel: il n’y a parmi vous ni beaucoup de sages selon les critères humains, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour couvrir de honte les sages, et Dieu a choisi les choses faibles du monde pour couvrir de honte les fortes. Dieu a choisi les choses basses et méprisées du monde, celles qui ne sont rien, pour réduire à néant celles qui sont, afin que personne ne puisse faire le fier devant Dieu. C’est grâce à lui que vous êtes en Jésus-Christ, lui qui est devenu, par la volonté de Dieu, notre sagesse, notre justice, la source de notre sainteté et notre libérateur, afin, comme il est écrit, que celui qui veut éprouver de la fierté mette sa fierté dans le Seigneur.1 Corinthiens 1.20-31

Des contrastes révélateurs

On peut noter plusieurs contrastes dans ce texte :

  • la distinction claire entre deux perspectives : celle du monde et celle de Dieu
  • la contradiction entre ces deux lectures (notez qu’ici, c’est la folie qui répond à la sagesse…)
  • la guerre qui les oppose, et le choix explicite de Dieu d’humilier  pour recadrer selon sa perspective (27-28)

La manière de travailler de Dieu n’entre pas dans les schémas classiques du développement. La croissance selon Dieu apparaîtrait même contradictoire à celle communément admise.

Alors c’est vrai : nous ne comprenons pas vraiment comment notre faiblesse peut servir à la gloire de Dieu. L’impasse de notre faiblesse c’est de continuer désespérément à croire qu’on peut encore, par notre sagesse, comprendre la folie de Dieu.
Paul explique : la sagesse des hommes (ce qu’ils pensent, leur force) ne correspond pas à son processus de salut (21). Au contraire, son message vient faire trébucher toutes les sagesses(23).

En fait, notre faiblesse est un signal que Dieu utilise pour signaler là où il se révèle : c’est Dieu lui-même qui choisit ce qui est faible pour confondre le monde (27).

C’est la base de ce que l’évangile proclame : c’est sa propre faiblesse qui vient prendre le dessus (25). La faiblesse de Dieu, on la retrouve à la croix. Et Dieu n’a pas lésiné sur les moyens puisqu’il est mort misérable : un radical incompris, rejeté, abandonné, torturé… la faiblesse poussée à son paroxysme.

L’exemple de la croix : apologie de la faiblesse?

Ça le serait si Dieu considérait la faiblesse de la même manière que le pécheur, que l’humain déchu.
Paul parle de la faiblesse de Dieu comme d’une folie pour les hommes. En fait, ce qui est fragile pour les humains est la lorgnette ou le prisme qui nous permet d’entrevoir la sagesse de Dieu et qui nous permet d’accéder à sa perspective.

La fragilité dans laquelle nous sommes est juste le lieu que Dieu a choisi pour nous rencontrer.

Notre fragilité nous pèse. Elle nous conduit dans un sentiment de peur ou de honte. Notre faiblesse est d’abord un aveu de notre incapacité à gérer et vivre notre propre situation.
Mais Dieu ne se détourne pas de moi parce que je suis faible, au contraire, il s’est rendu lui-même faible parmi les faibles (c’est même là sa force). Nous n’avons pas un Dieu arrogant mais un Dieu avec qui nous pouvons partager nos fragilités, nos faiblesses. Nous sommes faibles mais nous découvrons un Dieu qui sait ce que c’est et qui nous y attend !

 


Partie 2

La faiblesse que Dieu nous révèle, celle qui nous sert de référent, celle de la croix, a surtout un objectif…

Dieu a un objectif (29-31)

Dieu révèle que la faiblesse qui nous accable tant va laisser place à autre chose. Jésus l’a annoncé lui-même alors que son heure approchait.

Jésus leur répondit : L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perd, et celui qui a de la haine pour sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle.
Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera.

Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai–je ?… Père, sauve–moi de cette heure ?… Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure.Jean 12.23-27

Ce que nous percevons comme une faiblesse est en fait le signe d’un changement de propriétaire, un changement de direction, un changement radical.

Ce changement de propriétaire amène un changement profond, un changement de perspective. C’est l’irruption d’une nouvelle puissance sans commune mesure avec tous ce que nous pensions être de la force.
Paul décrit ce mécanisme :

Car il a été crucifié dans la faiblesse, mais il vit en vertu de la puissance de Dieu ; nous aussi, nous sommes faibles en lui, mais nous vivrons avec lui, pour vous, en vertu de la puissance de Dieu.2 Corinthiens 13.4

Jean le Baptiste l’avait pressenti … « il faut qu’il croisse et que je diminue »

Notre faiblesse nous amène à laisser la place à celui qui va changer  notre vie. La faiblesse c’est la fin d’un règne pour laisser la place à quelque chose de vraiment nouveau…

Vers une Nouvelle Création

L’image du grain qui est tombé en terre… C’est le début d’un nouveau scénario !
Cette image, Paul l’applique à la faiblesse du chrétien :

Ainsi en est–il de la résurrection des morts. Semé périssable, on se réveille impérissable. Semé dans le déshonneur, on se réveille dans la gloire. Semé dans la faiblesse, on se réveille dans la puissance.1 Corinthiens 15.42-43

Cette nouvelle logique bouleverse le sens de ce qui a pour nous de la valeur et de ce qui fait notre force.

La faiblesse qui affecte le chrétien ne renvoie plus à l’échec mais à la victoire. C’est dans la faiblesse même que nous voyons plus clairement la victoire qui nous tend la main commencer à s’accomplir.

Paul en est sûr :  “S’il faut faire le fier, c’est de ma faiblesse que je ferai ma fierté” – 2 Corinthiens 11.30.

« Tous ces gens debout… je suis plus près du ciel à genoux devant toi, je tombe à genoux (…) je reste à genoux je suis bien plus fort comme ça  » (Mamguz)


Terminons sur ce témoignage de Paul…

Et pour que je ne sois pas rempli d’orgueil à cause de ces révélations extraordinaires, j’ai reçu une écharde dans le corps, un ange de Satan pour me frapper et m’empêcher de m’enorgueillir. Trois fois j’ai supplié le Seigneur de l’éloigner de moi, et il m’a dit: « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. »

Aussi, je me montrerai bien plus volontiers fier de mes faiblesses afin que la puissance de Christ repose sur moi. C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les insultes, dans les détresses, dans les persécutions, dans les angoisses pour Christ, car quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. 2 Corinthiens 12.7-10

Dans l’ambiance actuelle, nous sommes naturellement en état de faiblesse à l’égard de notre société ; mais ce n’est pas une entrave à l’égard de notre relation avec Dieu. Au contraire, c’est là qu’il choisit d’exprimer sa force et sa gloire.  Notre aveu d’impuissance laisse toute la place à la puissance de Dieu. C’est cette puissance qui devient notre force.

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