L’abondance

Pour la nouvelle année, on se souhaite santé bonheur.
Vous le souhaitez d’abord pour vous même quand même un peu et quand j’observe un peu l’ambiance actuelle, plutôt pessimiste, je crois que la plupart n’y croient pas trop, c’est un vœux pieux. Vous y croyez ? Vous le souhaitez vraiment ?

L’abondance …un mot qui fait rêver… rien que le mot, il sonne bien en bouche. C’est bizarre parce que de nos jours c’est devenu un doux rêve, dans notre société qui n’a jamais été aussi riche. Où est-ce que ça cloche ? Mais qu’est ce que l’abondance après tout ?


Est-ce que l’abondance signifie une certaine quantité de bien ?

Quel avantage le travailleur retire-t-il de son travail ?
J’ai vu l’occupation que Dieu impose aux humains. Tout ce qu’il a fait est beau en son temps ; aussi il a mis la durée dans leur cœur, sans que l’être humain puisse trouver l’œuvre que Dieu a faite depuis le commencement jusqu’à la fin. Je le sais : Il n’y a rien de bon pour lui, sinon de se réjouir et de faire son bonheur pendant sa vie ; et aussi que, pour chacun, manger, boire et voir le bonheur dans tout son travail est un don de Dieu.Ecclésiaste 3.9-13

→ beaucoup de travail = beaucoup de souci : l’abondance vient-elle de notre labeur ? Une récompense ? Injustices…
→ il semblerait (11, éternité) que notre perception de l’abondance soit connectée à un capteur, ce n’est pas une vérité objective mais bien un état de l’humain. L’abondance existe parce qu’elle est vécue
→ manger, boire, un don de Dieu, ok… mais « voir ce qui es bon au milieu… » ? Il semblerait qu’il manque autre chose à l’humain, que des choses matérielles, peut-être simplement de pouvoir en jouir…

Avec notre recul aujourd’hui, l’objectif consiste plus à voir disparaître ce sentiment de manque. Alors l’abondance devient ça : cet état où quelqu’un peu enfin vivre de ce à quoi il a accès… rien à voir avec une quantité ou un produit particulier !

Qu’est qui cloche pour que l’abondance fasse tant défaut?
Pour que nous soyons prisonniers du manque ?
C’est là que Jésus entre en piste. Jésus n’est pas venu établir un ordre moral, ou même une caste religieuse ou philosophique. Il est venu  abreuver de l’eau qui dessoiffe, et nourrir d’un pain qui nourrit vraiment (Jean 6.35). On parle bien d’abondance ici, pas celle qui vient contrer le manque ou celle qui fait disparaître ce qui nous dérange, mais celle qui nous permet d’y trouver un chemin, et même de transformer toutes ces choses qui nous dérangent, jusqu’au sentiment de manque lui-même, en moyen pour découvrir cette abondance.

Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les vers et la rouille détruisent et où les voleurs fracturent pour voler. Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, là où ni vers ni rouille ne détruisent et où les voleurs ne fracturent ni ne volent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.
L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est bon, tout ton corps sera illuminé, mais si ton œil est mauvais, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien sont grandes les ténèbres !
Personne ne peut être esclave de deux maîtres ; en effet, ou bien on détestera l’un et on aimera l’autre, ou bien on s’attachera à l’un et on méprisera l’autre. Vous ne pouvez être esclaves de Dieu et de Mamon. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, ni, pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus.
La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment pas, ils ne moissonnent pas, ils ne recueillent rien dans des granges, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui de vous peut, par ses inquiétudes, rallonger tant soit peu la durée de sa vie ? Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas ; et pourtant je vous dis que pas même Salomon, dans toute sa gloire, n’a été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu habille ainsi l’herbe des champs qui est là aujourd’hui et demain sera jetée au four, ne le fera-t-il pas à bien plus forte raison pour vous, gens de peu de foi ?
Ne vous inquiétez donc pas, en disant : « Qu’allons-nous manger ? » Ou bien : « Qu’allons-nous boire ? » Ou bien : « De quoi allons-nous nous vêtir ? » — tout cela, c’est ce que les gens de toutes les nations recherchent sans relâche — car votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le règne de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.
Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain s’inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.Matthieu 6.19-34

→ Il y a 2 manières d’envisager ce que la vie nous apporte (individuellement ou collectivement) :

  • Soit c’est un but : on fait tout pour obtenir quelque chose
  • Soit c’est un moyen : nous ne sommes plus des compétiteurs, mais des participants

Le premier se vit dans la peur du manque, le second dans la joie de l’abondance.

→ 21  Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.

Où est mon cœur, dans le manque ou dans l’abondance ?
Dans la compétition ou dans la participation ?
Ne croyez pas que se désintéresser soit une option, c’est une forme subtile et auto-destructrice de compétition mais avec soi-même.

Suis-je obsédé par ce qui me reste à parcourir ? Ou joyeux d’être en chemin avec Dieu ?
C’est notre cœur qui souffre de ce manque, alors Jésus est venu le guérir. En lui se révèle l’abondance, la plénitude, l’accomplissement de toute notre humanité.
Il est venu inverser la polarité dans ce qui nous relie à ce qui nous entoure. D’une vie malmenée par le manque (de choses matérielles ou immatérielles, sécurité, sens, relation…), il recrée une vie menée par l’abondance.
C’est là l’évangile ! Jésus est venu pour finir ce qui avait été laissé en jachère en Adam : l’humanité vivait dans le déchirement avec le créateur, avec la création. Elle manquait à chaque fois la cible dans son cœur.

Ce verset 33 n’est pas un ordre, une course de plus, mais la parole qu’il met dans nos cœurs, “cherchez d’abord le royaume de Dieu“… c’est une parole créatrice, régénératrice, elle remet la polarité dans le bon sens. Elle donne un éclairage nouveau sur notre vie. Elle ouvre un regard nouveau sur ce monde qui nous entoure : voyez la fin… “et tout cela vous sera donné par dessus” !

Voilà une parole de bénédiction pour la nouvelle année…

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