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Vous êtes le corps de Christ – Quelle est ma place?

Chant : Majesté (Pour lire les paroles, cliquez ici)
Me voici, confondu par ta majesté,
Couvert de ta grâce illimitée.
Me voici, conscient du poids de mes fautes,
Couvert par le sang de l’Agneau.

Refrain
Car je sais : l’amour le plus grand m’est donné,
Tu as offert ta vie,
Le plus grand sacrifice.
Majesté, majesté, ta grâce m’a trouvé tel que je suis,
Je n’ai rien à moi, mais en toi je vis.
Majesté, majesté, par ton amour je suis transformé,
En présence de ta majesté.

Strophe 2
Me voici, confondu par ton amour,
Pardonné, je pardonne en retour.
Me voici, conscient d’être ton plaisir,
Sanctifié par le feu de ta gloire.

Refrain
Car je sais : l’amour le plus grand m’est donné,
Tu as offert ta vie,
Le plus grand sacrifice.
Majesté, majesté, ta grâce m’a trouvé tel que je suis,
Je n’ai rien à moi, mais en toi je vis.
Majesté, majesté, par ton amour je suis transformé,
En présence de ta majesté.

Sketch : Tous utiles (Pour lire le texte, cliquez ici)
Sylvie  : – Le corps forme un tout, et pourtant, il a plusieurs parties.

Thierry : – Malgré leur nombre, toutes les parties du corps…

Sylvie  : – …ne forment qu’un seul corps.

Thierry : – Pour le Christ, c’est la même chose. Nous tous, gens de toutes les origines, nous avons reçu le baptême  dans  un seul Esprit Saint, pour former un seul corps. Nous avons tous bu à la source de cet unique  Esprit.

Sylvie : – Vous, vous êtes le corps du Christ, chacun à sa place, chacun a sa fonction, tous sont utiles.

Thierry – Prenons une  comparaison : le corps est constitué de membres différents : Le pied.. .l’oreille… le cerveau… La bouche… etc.

Sylvie – Imaginons une chose impossible: que les  membres du corps  ne soient plus solidaires, qu’ils se jalousent, se méprisent les uns les autres ou quittent leur fonction…

Thierry : Le pied dirait par exemple : J’aimerais être une main… J’aimerais avoir cinq doigts très agiles et pouvoir attraper, caresser, tricoter ou peindre. Et puis, j’aimerais écrire… des choses très importantes… Mais moi, je ne suis qu’un pied raide et malhabile… Alors je préfère m’en aller.

Sylvie : L’oreille dirait : Comme j’aimerais être un oeil … Bien luisant, avec de la couleur… Je serais très important : je verrais tout avant tout le monde ! Mais je ne suis qu’une simple oreille sans iris ni pupille. Ça   me désespère… Je préfère m’en aller.

Thierry : Le nez de son côté dirait: Comme j’aimerais être une bouche… Si j’étais une bouche, je dirais des  choses extraordinaires : toutes les oreilles m’écouteraient. Mais aujourd’hui, nous vivons dans un monde  où les oreilles, deux fois plus nombreuses que nous, nous méprisent, nous les nez: c’est un scandale ! Je préfère m’en aller.

Sylvie : Alors l’oeil se mettrait en colère contre la main : Tu ne fais que des catastrophes : tu es maladroite. C’est toujours toi qui casses tout, j’en ai assez, Va-t-en !

Thierry : La main lui répondrait : Si tu regardais un peu ce que je fais, je ferais peut-être moins de bêtises

Sylvie : Je suis énervé… Tiens, je lirais bien une histoire pour me calmer… (lire)
C’est passionnant ! J’aimerais connaître la fin… Mais elle est racontée au dos de la page… Comment faire?

Thierry (main) : Tu vois, sans moi, tu es condamné à recommencer éternellement la même   histoire. Dans la vie, c’est important de pouvoir tourner la page tu sais, et moi, si tu me fais confiance, je peux t’aider.

Sylvie : Le cerveau dirait: Vous ne comprenez rien, vous êtes tous de pauvres idiots. Des esclaves, voilà ce que  vous êtes ! D’ailleurs vous ne savez qu’obéir à mes ordres. Sans moi, vous êtes des incapables.
Allez-y pour voir, essayez de bouger sans que je vous en donne l’ordre. – Je suis in-dis-pen-sa-ble, je suis le chef suprême,  autonome,  auto suffisant… D’ailleurs, je vous donne l’auto-risation de partir.
Bien,  passons aux choses sérieuses. Ce  qui compte c’est de bien réfléchir. Tout projet s’il n’est pas mûri en profondeur est  voué  à l’échec. C’est moi qui conçois, imagine, organise Bref, je suis L’IDEE GENIALE.

(Du fond de la salle une voix dit:)

– Fini le bla bla ! On aimerait bien te voir en action, ô idée géniale !

Sylvie  (le cerveau): – On me provoque ? Eh bien vous allez voir à qui vous avez à faire ! (Il lève le bras comme  pour passer à l’attaque et crie:)
En  avant! (Ca ne bouge pas d’un pouce. Il essaye de décoller ses pieds du sol, rien à faire.)
Au  secours  ! Au secours ! Et mes membres qui ne sont plus là ! Au secours ! Au secours !

Thierry :- C’est pas un peu fini tout ça ? Vous ne vous trouvez pas ridicules? Puisque vous êtes tous utiles…

Sylvie : Tous indispensables les uns aux autres, pourquoi vous disputer?

Thierry : Le nez, c’est tout de même toi qui donnes l’alerte quand ça sent le brûlé. C’est grâce à toi que les parfums  nous arrivent !

Sylvie : D’ailleurs, il faut bien l’avouer, si dans le corps, il n’y avait que des yeux, comment ferait-on pour entendre la poésie, les mélodies, l’harmonie ?

Thierry : Finalement, vous êtes fait pour vivre ensemble…

Sylvie : C’est plus raisonnable.

EPILOGUE

Thierry : – Oui, Dieu a placé chaque partie du corps comme il l’a voulu. Si tous n’étaient qu’un seul membre,  où serait le corps?

Sylvie : – Il y a donc plusieurs parties, mais un seul corps.

Thierry: – Eh oui, sans le pied ou la main, le cerveau est condamné à n’avoir que des rêves ! Sans ceux qui obéissent, rien ne peut exister.

Sylvie  : – Le corps ne peut pas être divisé. Au contraire toutes les parties prennent soin les unes des autres. Si une partie souffre, toutes les autres parties souffrent avec elle. Si une partie est à l’honneur, toutes  les autres partagent sa joie.

Thierry et Sylvie : Vous, vous êtes le corps du Christ, et chacun de vous est une partie de ce corps.

1 Romain 12 v. 13 à 27 (Pour lire le texte, cliquez ici)
13 En effet, que nous soyons juifs ou grecs, esclaves ou libres, nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps et nous avons tous bu à un seul Esprit.

14 Ainsi, le corps n’est pas formé d’un seul organe, mais de plusieurs.

15 Si le pied disait: «Puisque je ne suis pas une main, je n’appartiens pas au corps», ne ferait-il pas partie du corps pour autant?

16 Et si l’oreille disait: «Puisque je ne suis pas un œil, je n’appartiens pas au corps», ne ferait-elle pas partie du corps pour autant?

17 Si tout le corps était un œil, où serait l’ouïe? S’il était tout entier l’ouïe, où serait l’odorat?

18 En fait, Dieu a placé chacun des organes dans le corps comme il l’a voulu.

19 S’ils étaient tous un seul organe, où serait le corps?

20 Il y a donc plusieurs organes, mais un seul corps.

21 L’œil ne peut pas dire à la main: «Je n’ai pas besoin de toi», ni la tête dire aux pieds: «Je n’ai pas besoin de vous.»

22 Bien plus, les parties du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires,

23 et celles que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d’un plus grand honneur. Ainsi nos organes les moins décents sont traités avec plus d’égards,

24 tandis que ceux qui sont décents n’en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d’honneur à ce qui en manquait,

25 afin qu’il n’y ait pas de division dans le corps mais que tous les membres prennent également soin les uns des autres.

26 Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui.

27 Vous êtes le corps de Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.

Nous venons de le voir avec ce petit sketch qui vient d’être joué, que chacun d’entre nous est utile car nous faisons partie du corps du Christ et que chacun d’entre nous est une partie de ce corps.

Mais de manière pratico-pratique, nous pouvons nous poser réellement des interrogations autour de la question des dons et ministères dans l’Église.

Comme par exemple : «Comment savoir quelle partie du Christ je suis ?» ou : «Dans le corps, y a-t-il des organes vitaux et d’autres dont on peut se passer ?»

Pour répondre à ces questions qui s’inspirent de l’image de l’Église comme un corps, je vous propose de lire un texte qui n’utilise pas cette image du corps mais qui aborde bien la question des dons et des ministères.

1 Pierre 4 v. 7 à 11 (Pour lire le texte, cliquez ici)
7 C’est bientôt la fin du monde. Alors soyez des sages, et restez sobres pour pouvoir prier.

8 Avant tout, aimez-vous de tout votre cœur, parce que « l’amour efface beaucoup de péchés ».

9 Recevez-vous les uns les autres dans vos maisons sans vous plaindre.

10 Mettez-vous au service des autres, selon le don que chacun a reçu. Soyez comme de bons serviteurs qui prennent soin des dons variés de Dieu.

11 Celui qui parle doit être le porte-parole de Dieu. Celui qui sert doit servir avec la force que Dieu donne. Alors, tous rendront gloire à Dieu en toutes choses par Jésus-Christ. À lui la gloire et la puissance pour toujours ! Amen.

Le sentiment de fin du monde, au début de notre texte, est présent dans plusieurs épîtres du Nouveau Testament.

La plupart des premiers croyants pensaient que le Seigneur allait revenir rapidement… et cela donnait un certain caractère d’urgence à la vie chrétienne et à la nécessité du témoignage de l’Évangile.

Dans ce contexte, c’est ici l’occasion pour Pierre de souligner l’essentiel pour l’Église : la prière, l’amour les uns pour les autres et le service des autres selon les dons de chacun.

C’est ce dernier point qui nous permet de répondre à nos questions sur les dons et les ministères dans l’Église, que nous pouvons reformuler de façon plus personnelle : « quelle est ma place dans l’Église ? »

  1. Être de bons économes de la grâce

Dans les exhortations de Pierre, on perçoit en filigrane que la vie communautaire n’était pas forcément si évidente que ça.

Deux indices dans le texte.

D’abord, en appelant ses lecteurs à l’amour les uns pour les autres, Paul précise que l’amour efface beaucoup de péchés…

Ensuite, il ajoute à son encouragement à exercer l’hospitalité les uns envers les autres que ça devait se faire « sans se plaindre ».

Il ne faut donc pas s’imaginer que dans les premiers temps de l’Église, tout était formidable, paisible et fraternel !

On peut imaginer que dans ces conditions, il n’était pas forcément facile de trouver sa place dans l’Église.

En tout cas, Pierre souligne l’importance de la communauté et établit le principe suivant :

Mettez-vous au service des autres, selon le don que chacun a reçu.

En agissant de la sorte, les croyants seront de bons serviteurs, administrant au mieux les dons variés de Dieu.

Le mot traduit par « serviteurs » au verset 10 est oikonomoi.

Ce mot grec a donné « économe » en français et désignait le serviteur qui avait pour tâche d’administrer les biens de la maison.

Derrière cette exhortation, il y a l’idée que l’Église est un peu comme un trésor, riche des dons et des ministères accordés par Dieu.

Et il convient à tous d’administrer ensemble ce trésor, d’être de bons économes de la grâce.

Pierre privilégie la vision et la gestion globale.

La perspective n’est pas individuelle mais communautaire.

C’est la vision d’ensemble qui compte, plutôt que les aspirations individuelles.

Et cela nous permet de répondre à la question de savoir s’il y a dans l’Église des membres vitaux et d’autres dont on pourrait se passer…

Autrement dit, est-ce qu’il y a des personnes, des ministères absolument indispensables, sans lesquels il ne peut y avoir d’Eglise ?

Dans l’image du corps développée par Paul dans plusieurs de ses épîtres, il n’y a qu’un seul membre qui est indispensable, c’est la tête.

Mais attention à ne pas confondre. La tête, ce n’est une élite qui serait investie de pouvoirs ou d’attributions particulières.

Dans ce contexte, la tête, ça ne peut pas être un homme quand bien même il aurait reçu une formation théologique conséquente.

Ca ne peut pas être un conseil d’église, des personnes, quelle que soit leur dénomination : pasteur, prédicateur, diacre, ancien, président, …

La tête, ça ne peut pas être non plus la personne chargée de la technique, les musiciens, ni même les personnes qui nous ont accueilli ce matin en préparant le café.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : toutes ces personnes que je viens d’évoquer ont leur place et doivent tenir leur place.

Mais la tête, c’est le Christ, et c’est le Christ seul.

Tous les autres membres ont leur place, même si certains reçoivent plus d’honneur que d’autres, même si certains sont plus visibles que d’autres.

Pour Paul aussi, l’importance c’est la cohésion du corps dans son ensemble.

De même, pour Pierre, c’est la communauté qui prime.

D’où ses exhortations à l’amour fraternel, à l’hospitalité mutuelle et au service les uns des autres.

Si nous formons ensemble un trésor commun, c’est bien Dieu qui en est le propriétaire… et nous n’en sommes que les administrateurs.

Dans les deux cas, nous sommes invités à aller au-delà d’une vision utilitariste de l’Église pour privilégier une vision de service.

Dans une vision utilitariste de l’Église, on va regarder, et honorer, les gens en fonction de ce qu’ils pourront apporter : de l’argent dans les collectes, de la respectabilité par leur réputation ou leur réseau d’influence, des compétences reconnues ; tel prédicateur doué, tel musicien inspiré, …

Plus ils seront utiles, mieux ils seront accueillis et intégrés.

Dans une perspective de service, on est moins centré sur ce que les autres peuvent nous apporter que sur ce que nous pouvons leur apporter, moins sur nos besoins que sur leurs besoins.

Pour revenir à l’image du corps, il y a des parties d’un corps humain qui n’apparaissent pas forcément utiles… mais qui font bien partie de la personne, et parfois ajoutent à leur charme et peuvent être des petits détails qui font toute la différence.

L’identité d’une Église est constituée de l’ensemble de ses membres.

Le bien commun que nous partageons et que nous devons administrer est la somme de toutes nos individualités.

Être de bons économes de la grâce, c’est permettre à chacun d’être qui il est et d’apporter aux autres ce qu’il peut leur donner.

  1. Se mettre au service des autres

 Revenons à l’exhortation de Pierre : «Mettez-vous au service des autres, selon le don que chacun a reçu. »

Se mettre au service, c’est le verbe grec  diakoneo.

Le don que chacun a reçu, c’est le charisme, charisma en grec.

Or diakoneo signifie bien servir mais il est utilisé dans le Nouveau Testament pour désigner l’exercice d’un ministère.

Le diakonos, qu’on a parfois transcris par       «diacre», c’est en fait le ministre, le serviteur.

Et les charismes sont les dons que Dieu accorde dans sa grâce à son Église et dont on trouve plusieurs listes, non-exhaustives, dans les épîtres de Paul.

Que dit Pierre des charismes et des ministères ?

Dans une perspective de service plutôt  qu’utilitariste, il m’invite à ne pas me centrer sur moi-même mais à me centrer sur les autres.

Evidemment, c’est toujours intéressant et  même légitime dans une certaine mesure, de se demander : quel sont mes dons, quel est mon appel ?

Mais on peut aussi réfléchir différemment et se demander :

  • Quels sont les besoins autour de moi ?
  • Comment je pourrais me mettre au service des autres ?

Au lieu de se centrer sur soi-même et chercher à s’épanouir dans ses dons, se centrer sur les autres et chercher à se mettre à leur service.

Jésus-Christ lui-même ne s’est-il pas fait serviteur ?

N’a-t-il pas renoncé à sa gloire, à ses  droits et privilèges de Fils de Dieu en devenant homme, semblable à nous, et en prenant la forme d’un serviteur, jusqu’à la mort sur la croix ?

Ne sommes-nous appelés à vivre à sa suite, comme serviteurs les uns des autres ?

C’est là que se trouve la clé de la vie dans l’Église, la voie pour que chacun trouve sa place : l’esprit de service.

Bien-sûr, la bonne volonté ne suffit pas toujours.

Il y a certains services qui nécessitent des  dons ou des compétences.

Vous n’allez pas rejoindre le groupe de louange si vous chantez comme une casserole ni le groupe des présidents de culte si la seule idée de monter sur l’estrade vous fait tomber dans les pommes !

Mais il y a quantité de services, notamment  pratiques, qui ne nécessitent pas de compétence particulière…

Et il y a beaucoup de domaines où on peut apprendre et se former.

Il s’agit donc, au minimum, d’intégrer les besoins autour de nous dans notre réflexion.

Notre place dans l’Église ne dépend pas que de nos dons et de nos aspirations, elle dépend aussi des autres et des besoins de la communauté !

Conclusion :

Souvent l’Église est perçue comme un prestataire de services.

On s’attend à ce qu’elle nous  nourrisse, qu’elle nous apporte réconfort, bien-être, épanouissement…

On l’évalue sur sa capacité à répondre à nos besoins et nos attentes.

Or, nous devrions voir l’Église non comme un prestataire de services mais comme une communauté de serviteurs.

Nous sommes invités à ne pas nous auto-centrer mais à nous centrer sur les autres.

Et tout le monde y trouvera son compte si le service est vécu dans la réciprocité !

Quelle est ma place dans l’Église ? Celle du serviteur, au même titre que tous les autres !

Nul n’est indispensable sinon le Christ.

Chacun, pour sa part, contribue à l’identité et au charme du corps qu’est l’Église.

Et c’est ensemble que nous pourrons être de bons économes de la grâce, en mettant en valeur toutes les pièces du trésor que nous formons par la grâce de Dieu.

Romain 12 v. 9 à 23 (Pour lire le texte, cliquez ici)
9 Que l’amour soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur, attachez-vous au bien.
10 Par amour fraternel soyez pleins d’affection les uns pour les autres et rivalisez d’estime réciproque.
11 Ayez du zèle, et non de la paresse. Soyez fervents d’esprit et servez le Seigneur.
12 Réjouissez-vous dans l’espérance et soyez patients dans la détresse. Persévérez dans la prière.
13 Pourvoyez aux besoins des saints et exercez l’hospitalité avec empressement.
14 Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas.
15 Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent, pleurez avec ceux qui pleurent.
16 Vivez en plein accord les uns avec les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne vous prenez pas pour des sages.
17 Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes.
18 Si cela est possible, dans la mesure où cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes.
19 Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère de Dieu, car il est écrit : C’est à moi qu’appartient la vengeance, c’est moi qui donnerai à chacun ce qu’il mérite, dit le Seigneur.
20 Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger, s’il a soif, donne-lui à boire, car en agissant ainsi, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête.
21 Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien.

Amen

Chant : Bénédiction (Pour lire les paroles, cliquez ici)
Que la grâce et la paix du Seigneur
Soient déposées sur vous,
Sur vos cœurs,
Et que sa lumière vienne éclairer vos vies
Par le nom de Jésus-Christ.

Que la grâce et la paix du Seigneur
Soient déposées sur vous,
Sur vos cœurs,
Et que sa lumière vienne éclairer vos vies
Par le nom de Jésus-Christ.

D’après un texte de Vincent Mieville

Un nouvel espoir !

Esaïe 40.1-11
Redonnez de l’espoir à mon peuple. Oui, redonnez-lui de l’espoir, dit votre Dieu. Rendez courage à Jérusalem. Annoncez-lui à haute voix : « Les travaux forcés sont terminés pour toi, tu as fini de réparer ta faute, le SEIGNEUR t’a fait payer le prix total de tous tes péchés. » Quelqu’un crie : « Dans le désert, ouvrez un chemin pour le SEIGNEUR. Dans ce lieu sec, faites une bonne route pour notre Dieu.  Remplissez de terre le creux des vallées, abaissez les montagnes et les collines. Changez en plaines toutes les pentes, et les hauteurs en vallée. Alors la gloire du SEIGNEUR paraîtra, et tous les habitants de la terre la verront. Voilà l’ordre du SEIGNEUR. » Quelqu’un me dit : « Crie ! » Je demande : « Qu’est-ce que je dois crier ? » Il répond : « Ceci : les êtres humains sont comme l’herbe, ils ne sont pas plus solides que les fleurs des champs. Quand le souffle du SEIGNEUR passe sur elles, l’herbe sèche et la fleur tombe. — Oui, les êtres humains sont aussi fragiles que l’herbe. —  L’herbe sèche et la fleur tombe, mais la parole de notre Dieu tient toujours.» Jérusalem, monte sur une haute montagne. Ville de Sion, crie de toutes tes forces. Toi qui apportes une bonne nouvelle, élève la voix, n’aie pas peur. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! Voici le Seigneur DIEU. Il vient avec  puissance. Il est assez fort pour gouverner. Il rapporte ce qu’il a gagné, il ramène la récompense de son travail. Comme un berger, il garde son troupeau, il le  rassemble d’un geste de la main, il porte les agneaux dans ses bras, il conduit doucement les brebis qui allaitent leurs petits. »

Je vais vous demander de faire un petit effort de mémoire ce matin.

Nous sommes le 10 décembre 2017. Vous voyez, je suis gentils, l’effort n’est pas très important. Le 10 décembre, la date tant attendue approche ! Plus que quelques jours pour arriver au jour que tous, petits et grands, attendent depuis des semaines. Et tout le monde s’y prépare. On essaye de deviner ce que nous allons découvrir avec émerveillement ce jour-là…
L’attente grandit. La tension est palpable. Enfin, nous allons bientôt savoir… Je ne parle pas de Noël, je parle de ça…

Oui, vous l’avez compris, du nouvel épisode de Star Wars qui est sorti ce fameux 10 décembre!

Qui sont les parents de Rey ? Luke est-il passé du côté obscure de la force ? Et qui est réellement Snoke, le nouveau grand méchant ? Les mauvaises langues disent bien que la nouvelle trilogie ne fait que copier la première.

Mais les mythes se répètent… l’histoire aussi!
Ce qui s’est passé il y a très longtemps, dans une lointaine galaxie, rappelle ce qui s’est passé il y a longtemps, dans un lointain pays en Palestine… et fait même écho à ce qui se passe aujourd’hui, chez nous.
Hier comme aujourd’hui, ne connaissons-nous pas un monde qui a perdu l’espoir, où de nouvelles formes de mal menacent, face à un avenir incertain voire bouché? Et pourtant, hier comme aujourd’hui certains parlent de l’espoir fou d’un sauveur qui fera vaincre la lumière face aux ténèbres. Et on n’est pas dans un film…

Avec Esaïe, on est en Israël. Le prophète apparaît au VIIIe siècle avant Jésus-Christ alors que la menace assyrienne est aux portes du royaume d’Israël. Esaïe présente cette menace comme l’intervention de Dieu lui-même à l’égard de son peuple infidèle.
Mais dans sa deuxième partie, qui commence avec le chapitre 40, le livre évoque un autre contexte, celui de l’invasion babylonienne au VIe siècle avant Jésus-Christ. Les Juifs ont été déportés à Babylone. Loin du pays que Dieu leur avait donné, loin  du Temple où ils allaient rencontrer Dieu, les exilés sont dans le désespoir, avec la certitude que Dieu les a abandonné.

Un nouvel espoir…

Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir nous dirait Johnny…
Mais c’est dans ce contexte que Dieu va vouloir redonner de l’espoir à son peuple. Non, il ne l’a pas abandonné et il a encore des projets de libération pour lui.
Et au cœur de ces chapitres 40-55, quatre poèmes commenceront à présenter un personnage mystérieux, le Serviteur du Seigneur, dans lequel le Nouveau Testament verra la figure du Messie, Jésus-Christ.

Notre texte de ce matin est un texte d’espérance, qui répondait aux besoins spirituels des Juifs exilés à Babylone… mais qui répond aussi à nos besoins spirituels aujourd’hui.

Je vous propose d’en souligner trois.

  1. On a besoin d’espoir !

Un nouvel espoir. C’est désormais le titre du tout premier film de la saga Star Wars…
L’espoir, c’est le premier besoin auquel notre texte répond : « Redonnez de l’espoir à mon peuple!». Un appel qui trouve un écho bienfaisant pour nous aujourd’hui, particulièrement en ce début d’année.
Les versions traditionnelles préfèrent traduire par « Consolez » ou « Réconfortez », et c’est bien le sens premier du verbe hébreux. Mais la consolation et le réconfort dont il s’agit s’expriment bien par un nouvel espoir dans le contexte du livre d’Esaïe. C’est bien en ouvrant des perspectives d’avenir que le Seigneur console son peuple. Le temps est venu de faire place au Seigneur et de l’accueillir comme un libérateur.

Aujourd’hui, les paroles d’Esaïe trouvent leur écho dans le personnage de Jean-Baptiste, dont le ministère a été de préparer la venue du Christ, d’ouvrir ce chemin pour le Messie libérateur.

Aujourd’hui encore nous avons besoin d’espoir. Et le message de Noël que nous venons de passer est bien celui d’un espoir, toujours renouvelé. Le Fils de Dieu est venu, sa lumière brille dans notre obscurité.
Face aux guerres et aux conflits, face au terrorisme et à la haine, face à la précarité et l’incertitude du lendemain, nous avons rappelé que le Fils de Dieu est venu naître dans une étable, pour nous éclairer de la lumière de Dieu, pour offrir sa vie pour nous, pour ressusciter victorieux.

Notre attente aujourd’hui, c’est qu’il vienne à nous par son Esprit pour nous relever, nous consoler, nous guider.
Notre attente aujourd’hui, c’est qu’il revienne au jour fixé par Dieu, pour accomplir pleinement son Royaume et chasser définitivement jusqu’au dernier ennemi, la mort. On a besoin d’espoir, et cet espoir se trouve en Jésus-Christ !

  1. On a besoin de promesses fiables !

Des promesses, on en a entendu l’année dernière, avec la campagne électorale… Sans se faire trop d’illusion sur leur fiabilité. Il y a bien un cynisme ambiant auquel nous cédons facilement. Nous n’arrivons pas à croire aux promesses qu’on nous fait, échaudés que nous sommes par l’omniprésence de la langue de bois, les publicités mensongères ou les « fake news » pour ceux qui utilisent les réseaux sociaux…

Esaïe le dit :

 les êtres humains sont comme l’herbe, ils ne sont pas plus solides que les fleurs des champs. Quand le souffle du SEIGNEUR passe sur elles, l’herbe sèche et la Fleur tombe. — Oui, les êtres humains sont aussi fragiles que l’herbe… EsaIe 40.6b-7

Oui les humains sont fragiles… et leurs promesses aussi ! Ce n’est pas sur un homme que tout notre espoir peut reposer. Même s’il s’agissait d’un Jedi… C’est un appui bien trop fragile. Mais comme le dit Esaïe : « L’herbe sèche et la fleur tombe, mais la parole de notre Dieu tient toujours. » (v.8)

A la fragilité de l’être humain, le prophète oppose la force de la parole de Dieu. Sa parole, ce sont ses promesses. Elles sont fiables et solides. Les Israélites l’avaient oublié, dans le désespoir de leur exil. Ils avaient oublié que le jugement de Dieu n’effaçait pas ses promesses irrévocables.

Nous pouvons penser parfois que nos erreurs  nos fautes, nous ferment les portes des promesses de Dieu. Elles peuvent, certes, nous éloigner de Dieu, provoquer en nous une sorte d’exil spirituel. Mais les promesses de Dieu demeurent.

« Si nous lui sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. »2 Timothée 2.13

Il est donc toujours temps de revenir à Lui et de repartir à zéro. Toujours.

  1. On a besoin de douceur !

La fin de notre texte est extraordinaire. Le prophète annonce la venue du Seigneur, en Vainqueur, dans toute sa puissance… Et c’est un berger qui arrive, plein de douceur et de bienveillance !

«Voici le Seigneur DIEU. Il vient avec puissance. Il est assez fort pour gouverner. Il rapporte ce qu’il a gagné, il ramène la récompense de son travail. Comme un berger, il garde son troupeau, il le rassemble d’un geste de la main, il porte les agneaux dans ses bras, il conduit doucement les brebis qui allaitent leurs petits.»Esaïe 40.10-11

Dans la promesse d’Esaïe Dieu ne vient pas en inspirant la peur mais en inspirant la paix et la confiance. Comme il se révéla à Elie dans le souffle doux et subtil et non dans le feu et la tempête.

Comme le disait Yoda à Anakin Skywalker avant qu’il devienne Dark Vador, avec une sagesse aux accents bibliques : « La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance. »
La peur, la colère, la haine, la souffrance… L’espérance d’Esaïe y répond. Le message de Noël y répond. En Jésus, Dieu ne vient pas en inspirant la peur mais la paix et la confiance. Le Fils de Dieu vient avec douceur. Alors même que le peuple attendait un libérateur guerrier, que Jean-Baptiste lui-même semblait annoncer un juge intraitable, c’est un petit enfant qui viendra. Un enfant qui, adulte, se comparera à un bon berger qui prend soin de ses brebis, qui est prêt même à donner sa vie pour elles. On a besoin de douceur et de bienveillance. Alors même que ce ne sont pas vraiment des valeurs qui sont mises en avant dans notre société, beaucoup plus marquée par la compétition, la lutte, la réussite personnelle… des valeurs qui sont aussi souvent génératrices de peur : la peur d’échouer, d’être devancé.

Nous pouvons, au contraire, regarder l’avenir avec paix et confiance, parce que nous avons un Dieu tout-puissant qui porte sur nous un regard bienveillant et plein de douceur.

Conclusion

Je suis allé au cinéma pour voir le nouveau Star Wars. Je l’avais prévu depuis plusieurs semaines… J’étais impatient ! Mais, évidemment, ce n’est que du cinéma. Le véritable espoir dont nous avons besoin ne peut pas venir d’un homme, même s’il s’agissait d’un Jedi ! Ou plutôt, il ne peut pas venir d’un homme seulement… Car Jésus-Christ est bien un homme mais il est aussi le Fils de Dieu. On a besoin d’espoir. On a besoin de promesses fiables. On a besoin de douceur.
Tout cela on le trouve en Jésus-Christ. Il a vaincu la mort : sa résurrection est notre espoir le plus grand. Il est venu accomplir le projet de Dieu : il accomplit ses promesses. Il est devenu l’un des nôtres, humble serviteur, pour manifester la compassion de Dieu.

Amen.

D’après un texte de Vincent Mieville

Un épisode banal et prophétique à la fois

Luc 2.40-52
L’enfant grandit et se développe. Il est rempli de sagesse, et le Dieu d’amour est avec lui. Chaque année, les parents de Jésus vont à Jérusalem pour la fête de la Pâque.

Quand Jésus a douze ans, il vient avec eux, comme c’est la coutume. Après la fête, ils repartent, mais l’enfant Jésus reste à Jérusalem, et ses parents ne s’en aperçoivent pas. Ils pensent que l’enfant est avec les autres voyageurs.
Ils marchent pendant une journée, puis ils se mettent à le chercher parmi leurs parents et leurs amis. Mais ils ne le trouvent pas. Alors ils retournent à Jérusalem en le cherchant. Le troisième jour, ils trouvent l’enfant dans le temple. Il est assis au milieu des maîtres juifs, il les écoute et leur pose des questions. Tous ceux qui entendent l’enfant sont surpris par ses réponses pleines de sagesse.
Quand ses parents le voient, ils sont vraiment très étonnés, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi est-ce que tu nous as fait cela ? Regarde ! Ton père et moi, nous étions très inquiets en te cherchant. »
Il leur répond : « Vous m’avez cherché, pourquoi ? Vous ne savez donc pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » Mais ses parents ne comprennent pas cette parole.

Ensuite, Jésus retourne avec eux à Nazareth. Il obéit à ses parents. Sa mère garde toutes ces choses dans son cœur. Jésus grandit, sa sagesse se développe et il se rend agréable à Dieu et aux hommes. 

Les évangiles canoniques sont peu bavards sur l’enfance de Jésus.
On connaît l’histoire de sa conception miraculeuse, de sa naissance, … Nous avons l’habitude de se commémorer cet épisode à le 25décembre, à Noël.
Nous connaissons assez bien la période de son ministère, même si les Evangiles, ne donnent pas tous les détails de cette période de 3 ans.

Mais entre temps, rien, ou pas grand-chose.

Peut-être que si la Parole n’en parle que très peu, c’est que ce n’est pas si important que ça ; que somme toute, Jésus était un enfant, un adolescent assez banal.

Pourtant, moi qui suis assez curieux, je me pose plusieurs questions :

  • Comment était Jésus enfant ?
  • Quelle conscience avait-il de sa personne et sa mission ?
  • Accomplissait-il des miracles ?

Peut-être vous posez vous aussi ces questions.

En réalité, si on excepte la visite des mages qu’on peut difficilement dater et les premiers jours de sa vie, cet épisode est le seul qui évoque un moment de la vie de Jésus entre sa naissance et le début de son ministère public. Il est le seul qui lève le voile sur 30 ans de présence incognito du Fils de Dieu sur la terre

Un épisode banal

Si les évangiles canoniques sont presque muets sur l’enfance de Jésus, les évangiles apocryphes, par contre, contiennent de nombreux récits parfois extravagants.
Je rappelle que nous ne reconnaissons pas à ces écrits apocryphes le caractère inspiré, raison pour laquelle ils ne figurent pas dans nos Bibles.

On y voit Jésus accomplir des miracles en enfant capricieux : par exemple il pétrit des moineaux à partir de terre glaise un jour de sabbat et leur donne vie d’un claquement de mains, ou alors, irrité par un enfant qui le bouscule, il le terrasse d’une seule parole.
Ailleurs il apparaît comme un surdoué qui remet en place son maître d’école.

Tout cela contraste avec l’extrême sobriété des évangiles bibliques. Car au premier abord, même s’il y a bien quelques aspects étonnants, le seul récit de l’enfance dans les évangiles canoniques est banal. Il apparaît même dans le texte comme une parenthèse : les versets 40 et 52, qui encadrent notre récit, disent à peu près la même chose.
C’est donc l’histoire d’un enfant perdu dans une foule et finalement retrouvé par ses parents. On pourrait presque entendre : « Le petit Jésus a perdu ses parents et les attend à la l’accueil du magasin ».

Les pèlerinages à Jérusalem pour les différentes fêtes suscitaient de grands mouvements de foules. On s’y rendait en famille, au sens large, et on se déplaçait en grands groupes. Ce qui explique que Marie et Joseph n’aient pas réalisé tout de suite que Jésus n’était plus avec eux. Ils pensaient sans doute qu’il était avec les autres enfants.
Quand ils réalisent qu’il n’est plus dans le groupe, l’angoisse les saisit. Je ne sais pas si vous avez perdu un enfant dans une foule ça m’est arrivé, et je peux imaginer l’angoisse qu’ont pu ressentir Marie et Joseph. Mon fils, nous l’avons retrouvé au bout d’1/4 d’heure. Le temps peut paraître très long dans ces moments là !
Joseph et Marie font demi-tour et vont le chercher à Jérusalem. Et ils finissent par le retrouver au temple. Puis tout redevient comme avant : « Jésus grandit, sa sagesse se développe et il se rend agréable à Dieu et aux hommes. »

Nous voyons ici un incident banal au milieu d’une enfance tout ce qu’il y a de plus normale, comme pour n’importe quel enfant. Mais cette banalité est importante car elle témoigne de la réalité de l’incarnation. Pour que le Fils de Dieu devienne homme, il fallait qu’il nous rejoigne aussi dans notre banalité, notre quotidien.

Ça n’aurait pas été le cas s’il s’était incarné en surhomme, comme nous le présente un peu les évangiles apocryphes. Jésus n’est pas Super Jésus. Jésus n’est pas un super-héros, il est notre frère en humanité.

Un récit prophétique

Ceci dit, derrière la banalité se cache autre chose, notamment dans la façon dont Luc raconte cet épisode. Une phrase en fin de récit nous met la puce à l’oreille : « Sa mère garde toutes ces choses dans son cœur. »
Et si on mène l’enquête, on se rend compte qu’il y a quelques indices cachés indiquant que ce texte va au-delà de l’épisode banal.

Tout d’abord, les événements se passent alors que Jésus a 12 ans. Était-ce la première fois qu’il accompagnait ses parents à Jérusalem pour la Pâque ou le faisait-il chaque année, on ne sait pas. Mais il se trouve que ce nombre 12 a une portée symbolique dans la Bible, désignant le peuple de Dieu (les 12 tribus, les 12 apôtres…).

Autre élément intéressant lorsqu’on connaît la suite de l’histoire : Jésus est retrouvé par ses parents le troisième jour. Mon fils, nous l’avons retrouvé au bout d’1/4 d’heure. Mais pendant 3 jours Jésus était perdu, comme mort pour ses parents.
Et le troisième jours ils le découvrent vivant !
Et en plus ça se passe pendant la fête de la Pâque !
Est-ce vraiment une coïncidence ?

Ensuite, il y a le fait que Jésus discute avec les maîtres de la Loi. Il les écoute et pose des questions. Et il fait preuve d’une sagesse qui étonne ceux qui l’entendent. Plus tard, ce seront eux, les chefs religieux, qui poseront des questions à Jésus, la plupart du temps pour le piéger. Et les foules seront toujours étonnées par sa sagesse… C’est comme si l’affrontement futur de Jésus avec les chefs religieux se préparait déjà, ici, dans le temple, lorsque Jésus a 12 ans.

Enfin, il y a la réponse de Jésus à l’inquiétude de ses parents : « Vous m’avez cherché, pourquoi ? Vous ne savez donc pas que je dois être dans la maison de mon Père ? ». Et là, ces paroles sont vraiment étonnantes. Elles traduisent déjà un lien particulier de Jésus avec ses parents, préfigurant ce qu’il dira plus tard et qui sera mal perçu par sa famille :

Alors on annonce à Jésus : « Ta mère et tes frères sont là, dehors, ils veulent te voir. ». Mais Jésus dit à tout le monde : « Ma mère et mes frères, ce sont les gens qui écoutent la parole de Dieu et qui lui obéissent. » Luc 8.20-21
Il y a dans ce dialogue de Jésus enfant avec ses parents quelque chose du décalage et de l’incompréhension à laquelle Jésus devra faire face dans son ministère, de la part des siens.

Je ne crois pas que tous ces indices soient des coïncidences.
La façon dont Luc raconte cet épisode banal de l’enfance de Jésus annonce ce que sera le ministère de Jésus un peu moins de vingt ans plus tard. Petit à petit, Dieu préparait Jésus à l’accomplissement de sa mission. Dieu prend le temps de la préparation de son plan. Toute l’histoire biblique en témoigne, déployant sur plusieurs siècles l’action de Dieu jusqu’à l’accomplissement de la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Dieu prend le temps…

Et c’est vrai aussi dans notre vie où nous aimerions souvent que les choses avancent plus vite, que tout soit réglé d’un claquement de doigt ou d’une simple prière. Il y a des accomplissements qui demandent une attente et une préparation. Et Dieu sait prendre ce temps… pour nous c’est souvent plus difficile !

Conclusion

Au seuil d’une nouvelle année scolaire, cet épisode au premier abord banal nous invite à voir la présence de Dieu dans notre quotidien.
La plupart des jours, des mois à venir, seront sans doute banals pour chacun d’entre nous. Ça ne signifie pas que le Seigneur n’y sera pas présent et qu’il ne sera pas en train d’accomplir, ou de préparer l’accomplissement de ses promesses !
Il sera là dans la banalité de nos vies.
Il sera là dans les grands moments de joie et de victoire, dans les moments de tristesse et de douleur, dans nos succès, dans nos échecs.
Gardons cette assurance dans notre cœur.
Nous en aurons sans doute bien besoin.

D’après un texte de Vincent Mieville

Les leçons de Babel

Lecture Genèse 11.1-9
1 Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.
2 Après avoir quitté l’est, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Shinear et s’y installèrent.
3 Ils se dirent l’un à l’autre: « Allons! Faisons des briques et cuisons-les au feu! » La brique leur servit de pierre, et le bitume de ciment.
4 Ils dirent encore: « Allons! Construisons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel et faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre. »
5 L’Eternel descendit pour voir la ville et la tour que construisaient les hommes,
6 et il dit: « Les voici qui forment un seul peuple et ont tous une même langue, et voilà ce qu’ils ont entrepris! Maintenant, rien ne les retiendra de faire tout ce qu’ils ont projeté.
7 Allons! Descendons et là brouillons leur langage afin qu’ils ne se comprennent plus mutuellement. »
8 L’Eternel les dispersa loin de là sur toute la surface de la terre. Alors ils arrêtèrent de construire la ville.
9 C’est pourquoi on l’appela Babel: parce que c’est là que l’Eternel brouilla le langage de toute la terre et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la surface de la terre.Genèse 11.1-9

L’histoire se répète… Dans les premiers chapitres de la Genèse, l’humanité a du mal à apprendre de son histoire. Mais, est-ce que ça a vraiment changé ? Le schéma du jardin d’Eden, de la révolte contre Dieu, de la volonté de se passer du Créateur, se répète.
C’est Caïn qui s’arroge le droit de disposer de la vie de son frère en le tuant.
C’est l’humanité entière qui s’écarte de Dieu jusqu’au déluge.
Et puis c’est l’histoire de la tour de Babel où l’humanité unie pensait pouvoir s’élever jusqu’à Dieu…

La chronologie des événements de Gn 1-11 est un peu problématique. On nous dit ici que tous les hommes parlent une seule et même langue alors qu’au chapitre précédent on nous décrit les généalogies des trois fils de Noé, pères de tous les peuples de la terre, « groupés par pays selon leur langue… » (Gn 10,5).
Et on nous parle ici de la ville de Babel dont il était déjà question parmi les descendants de Cham, avec Nemrod, dont la première ville de son royaume était Babel (Gn 10.10).
La question du genre littéraire de notre récit pose aussi problème. Il paraît difficile de se contenter d’une lecture au pied de la lettre.
Dieu il descend du ciel pour venir voir ce qui se passe sur terre… comme s’il en avait besoin ! De même, la naissance en un jour de tous les langages de la terre est surprenante.
Prenons simplement le texte tel qu’il nous apparaît. Considérons-le dans le contexte des premiers chapitres de la Genèse, essentiels pour notre compréhension du monde, de l’humanité et de Dieu. Et interrogeons-nous sur le message universel qu’il contient pour nous encore.

Une tour aussi haute que le ciel

Un jour, en chemin vers l’Est, les hommes s’arrêtent. Et ils décident de construire une ville et une tour, aussi haute que le ciel.
Mais quelle mouche les a piqués ? Et pourquoi cette crainte d’être dispersé dans toute la terre, qui semble être la motivation à la construction de la tour ? Il y a ici comme un écho négatif au mandat culturel, cette mission que Dieu a donnée à l’humanité et qui a été répétée à Noé après le déluge : « Ayez des enfants, devenez nombreux, remplissez la terre. » (Gn 9.1) Notre épisode marque un coup d’arrêt à l’expansion de l’humanité sur la terre. Là-bas, à l’Est, dans le pays de Shinéar (Babylonie), l’humanité s’arrête. Elle choisit de décider elle-même de son sort, elle s’installe et veut construire sa propre protection. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si tout ça se passe « vers l’Est ». C’est à l’Est d’Eden que Dieu avait posté les chérubins à l’entrée du jardin pour empêcher les hommes d’y revenir. C’est à l’Est que Caïn s’en est allé après son crime, loin du Seigneur. D’ailleurs, la première chose qu’on nous dit de Caïn après son exil, c’est qu’après avoir eu un enfant, il se mit à construire une ville… à laquelle il donna le nom de son fils !

Dans la Genèse, les villes ont une connotation négative. A l’origine, les hommes étaient dans un jardin. Ensuite, les patriarches seront nomades. Et quand on évoque des villes, c’est pour parler de Sodome et Gomorrhe. Les villes sont le symbole de l’humanité en rébellion contre Dieu, de leur orgueil. Et ici, les hommes construisent une ville et une très haute tour « pour se faire un nom ».
L’épisode de la tour de Babel est le signe de l’orgueil de l’humanité qui refuse son Créateur. Un projet pharaonique pour laisser une trace dans l’histoire. Une tour qui monte jusqu’au ciel pour défier le Créateur. Une ville fabriquée de leurs mains, pour leur offrir la protection, sans avoir besoin de Dieu. Car si cette tour est si haute, ce n’est peut-être pas seulement pour le prestige… Est-ce que ça ne pourrait pas être aussi pour se protéger d’un éventuel nouveau déluge ? Alors que Dieu a promis de ne plus jamais en envoyer… Comme l’écrit Antoine Nouis, « Ils préfèrent la tour à l’arc-en-ciel : ils font plus confiance à leurs œuvres qu’à la fidélité de Dieu. »

Il est étonnant de voir combien, dans l’histoire de l’humanité, les progrès de la science et des technologies, tout en apportant des bienfaits dont nous bénéficions avec reconnaissance, alimentent aussi l’orgueil de l’homme à vouloir s’affranchir de Dieu.
Des tours de Babel, les hommes en ont construites tout au long de l’histoire, pour se faire un nom, pour laisser une trace dans l’histoire, pour jouer à être Dieu et repousser les limites de la connaissance.
Ne sommes-nous pas tentés, nous aussi, de construire nos petites tours de Babel ? De nous fabriquer nos propres protections, de préférer faire confiance à nos œuvres plutôt qu’aux promesses de Dieu ?

Une seule langue pour tous

Mais Dieu résiste aux orgueilleux… et il ne laissera pas le projet des hommes s’achever. Alors il intervient. Il descend du ciel pour voir de plus près ce que les hommes sont en train de tramer… et il décide de leur mettre un gros bâton dans les roues !
Il va briser l’unité de l’humanité en brouillant leur langage. Ils ne peuvent plus communiquer entre eux, ils ne peuvent plus se coordonner et travailler ensemble. Ils sont contraint de s’arrêter et vont se disperser. La ville et la tour ne sont pas détruites : elles restent inachevées et désertes. L’entreprise orgueilleuse des hommes reste un projet inachevé.
Le récit s’achève sur l’évocation du nom de Babel, avec un jeu de mot en hébreu, rapprochant le nom Babel de la racine balal (mêler, brouiller). Pour les Babyloniens, Babylone (Babel) signifiait « la porte des dieux ». Pour la Bible dans la Genèse, elle signifie « brouillage », « confusion »… Le brouillage des langues conduit à la dispersion… Mais cela a une conséquence positive : elle permet le redémarrage du mandat culturel que les hommes avaient abandonné. Les sanctions de Dieu ne sont pas un point final mais une occasion de redémarrer, de rétablir, de réajuster. C’est le témoignage de l’ensemble de la Genèse. Malgré les coups d’arrêts à cause de l’infidélité et des erreurs des hommes, le projet de Dieu se poursuit.

Dieu ne juge pas pour détruire, il juge pour corriger.

Caïn a tué Abel mais Dieu a donné Seth à Adam et Eve. L’humanité méritait d’être détruite mais Dieu a sauvé Noé et sa famille du déluge. Les hommes voulaient s’unir pour se passer de Dieu, il les a contraints à la dispersion pour qu’ils remplissent la terre. Il en sera de même avec les patriarches : Abraham et la stérilité de sa femme Sara, Isaac et ses difficultés à trouver une femme, Jacob et ses problèmes avec Esaü, Joseph avec ses frères… Et le processus se poursuivra lors de la sortie d’Egypte, la traversée dans le désert, l’entrée en Canaan, la succession des rois, l’exil, le retour de l’exil…

Toute l’histoire biblique raconte la fidélité de Dieu à son projet malgré les infidélités, les erreurs et les fautes des humains. Et ce sont assez souvent des jugements, des épreuves, qui permettent au projet de Dieu de repartir.

Quelles sont les épreuves que Dieu envoie dans notre vie et en quoi elles nous font grandir, elle réoriente opportunément notre vie et nous remettre sur la bonne trajectoire ? On peut même aller plus loin avec notre récit… Et si la malédiction était aussi une bénédiction ? Le brouillage des langues ne pourrait-il pas être aussi un signe que l’humanité est riche de sa diversité et non de son uniformité ?
Dans la généalogie des trois fils de Noé (Genèse 10), Dieu multiplie les générations dans la diversité des peuples et des langues. La prétention unitaire de Babel nie cette diversité et préfère l’uniformité. Elle entre en contraste avec le projet de Dieu.  L’uniformité est totalitaire. Le projet de Babel était totalitaire. Le projet de Dieu n’est jamais l’uniformité mais l’unité dans la diversité.

Comment pourrait-il en être autrement d’un Dieu qui lui-même est à la fois unique et multiple : un seul Dieu en trois personnes ?
C’est son projet pour l’humanité, c’est son projet pour l’Église. En témoigne l’épisode de la Pentecôte, que nous allons bientôt célébrer, et qui apparaît comme l’anti- Babel : le même message de l’Évangile, annoncé dans toutes les langues !
Ce qui fait notre unité, c’est le Christ et son œuvre de salut pour tous. Ce qui fait notre richesse, c’est la diversité de nos personnalités, nos cultures, nos histoires, nos dons. Préférons toujours Pentecôte à Babel : l’unité dans la diversité plutôt que l’uniformité !

Conclusion

Cet épisode de la tour de Babel n’est finalement qu’une répétition, à l’échelle de l’humanité, de la prétention orgueilleuse qui a conduit Adam et Eve hors du jardin d’Eden.

En construisant une tour, l’humanité a voulu se construire son propre arbre de la connaissance, défier le Créateur et bâtir sa propre protection.

Cet épisode rappelle que nous ne sommes pas seulement les victimes du péché d’Adam mais que nous le répétons sans cesse. Dans notre orgueil, nous voulons bâtir nos tours de Babel, nous avons du mal à placer notre confiance dans les promesses de Dieu et nous préférons souvent nos propres forces, notre propre sagesse, nos propres œuvres.

Choisissons l’arc-en-ciel plutôt que la tour.

Préférons Pentecôte à Babel.

Dieu a créé la diversité dans l’humanité. Unis par son Esprit, laissons-nous guider par lui pour entrer dans ses promesses.

D’après un texte de Vincent Mieville

Braver les tempêtes de la vie

Actes 27.6-28.10
Là, ayant trouvé un bateau d’Alexandrie qui allait en Italie, l’officier nous y a fait monter. Pendant plusieurs jours nous avons navigué lentement, et ce n’est pas sans difficulté que nous sommes parvenus à la hauteur de Cnide, où le vent ne nous a pas permis d’aborder. Nous avons alors doublé le cap Salmoné pour passer au sud de la Crète. Nous avons longé l’île avec peine et sommes arrivés à un endroit appelé Beaux-Ports près de la ville de Lasée.
Un temps assez long s’était écoulé et la navigation devenait dangereuse, car l’époque même du jeûne était déjà passée. C’est pourquoi Paul a donné cet avertissement: « Mes amis, je vois que la navigation ne se fera pas sans dommages et qu’il y aura beaucoup de pertes, non seulement pour la cargaison et pour le bateau, mais encore pour nous-mêmes. » Mais l’officier se fiait plus au capitaine et au patron du bateau qu’aux paroles de Paul.

Comme le port n’était pas approprié pour hiverner, la plupart ont été d’avis de le quitter pour essayer d’atteindre Phénix, un port de Crète orienté vers le sud-ouest et le nord-ouest, afin d’y passer l’hiver. Un léger vent du sud s’est mis à souffler et, se croyant maîtres de leur projet, ils ont levé l’ancre et ont longé de près l’île de Crète. Mais bientôt un vent violent, qu’on appelle Euraquilon, s’est déchaîné. Le bateau a été entraîné sans pouvoir résister au vent et nous nous sommes laissé emporter à la dérive.
Alors que nous passions au sud d’une petite île appelée Cauda, nous avons eu beaucoup de peine à nous rendre maîtres du canot de sauvetage. Après l’avoir hissé à bord, ils ont utilisé les cordages de secours pour ceinturer le bateau. Dans la crainte d’échouer sur la Syrte, ils ont abaissé les voiles, et c’est ainsi qu’ils se sont laissé emporter par le vent.
Comme nous étions violemment battus par la tempête, le lendemain ils ont jeté la cargaison à la mer, et le troisième jour ils ont jeté de leurs propres mains les agrès du bateau. Le soleil et les étoiles ne nous sont pas apparus pendant plusieurs jours et la tempête a été si forte que, finalement, nous avions perdu tout espoir d’être sauvés.

On n’avait pas mangé depuis longtemps. Alors Paul, debout au milieu d’eux, leur a dit:
« Mes amis, il aurait fallu m’écouter et ne pas quitter la Crète, afin d’éviter ces dommages et ces pertes. Mais maintenant, je vous invite à prendre courage, car aucun de vous ne perdra la vie; seul le bateau sera perdu. En effet, un ange du Dieu auquel j’appartiens et que je sers m’est apparu cette nuit et m’a dit: ‘Paul, n’aie pas peur! Il faut que tu comparaisses devant l’empereur, et voici que Dieu t’accorde la vie de tous ceux qui naviguent avec toi.’ C’est pourquoi, mes amis, prenez courage! J’ai confiance en Dieu: tout se passera comme cela m’a été dit. Nous devons toutefois échouer sur une île. »

La quatorzième nuit, vers le milieu de la nuit, alors que nous étions ballottés sur l’Adriatique, les marins ont supposé que l’on approchait d’une terre. Ils ont jeté la sonde et trouvé 36 mètres de profondeur. Un peu plus loin, ils l’ont de nouveau jetée et ont trouvé 27 mètres. Dans la crainte d’échouer sur des récifs, ils ont jeté quatre ancres à l’arrière du bateau et attendu le jour avec impatience. Mais, alors que les marins cherchaient à s’échapper du bateau et mettaient le canot à la mer sous prétexte de jeter les ancres situées à l’avant, Paul a dit à l’officier et aux soldats: « Si ces hommes ne restent pas sur le bateau, vous ne pouvez pas être sauvés. » Alors les soldats ont coupé les cordages du canot et l’ont laissé tomber.
Avant que le jour se lève, Paul a encouragé tout le monde à prendre de la nourriture en disant:
« C’est aujourd’hui le quatorzième jour que vous êtes dans l’attente sans manger, sans rien prendre. Je vous invite donc à prendre de la nourriture, car cela est nécessaire pour votre salut et aucun de vous ne perdra un cheveu de sa tête. »
Après avoir dit cela, il a pris du pain, a remercié Dieu devant tous, puis il l’a rompu et s’est mis à manger. Alors tous ont repris courage et ont eux aussi mangé. Nous étions 276 personnes en tout sur le bateau. Une fois rassasiés, ils ont allégé le bateau en jetant le blé à la mer.

Au lever du jour, sans reconnaître l’endroit, ils ont aperçu un golfe avec une plage et décidé, si possible, d’y faire échouer le bateau. Ils ont détaché les ancres pour les laisser aller dans la mer et ont en même temps relâché les attaches des gouvernails. Puis ils ont mis au vent la voile d’artimon et se sont dirigés vers le rivage, mais ils sont tombés sur un banc de sable où ils ont fait échouer le bateau. L’avant du bateau s’y est enfoncé et a été immobilisé, tandis que l’arrière se brisait sous la violence des vagues.
Les soldats étaient d’avis de tuer les prisonniers de peur que l’un d’eux ne s’échappe à la nage, mais l’officier, qui voulait sauver Paul, les a empêchés de mettre ce projet à exécution. Il a ordonné à ceux qui savaient nager de se jeter les premiers à l’eau pour gagner la terre et aux autres de s’agripper à des planches ou à des débris du bateau. C’est ainsi que tous sont parvenus sains et saufs à terre.

Une fois hors de danger, nous avons appris que l’île s’appelait Malte. Ses habitants nous ont témoigné une bienveillance peu courante; ils nous ont tous accueillis près d’un grand feu qu’ils avaient allumé, car la pluie tombait et il faisait très froid.
Paul avait ramassé un tas de broussailles et il était en train de les mettre sur le feu quand, sous l’effet de la chaleur, une vipère en est sortie et s’est accrochée à sa main. Lorsque les habitants de l’île ont vu l’animal suspendu à sa main, ils se sont dit les uns aux autres: « Cet homme est certainement un meurtrier, puisque la justice n’a pas voulu le laisser vivre bien qu’il ait été sauvé de la mer. » Mais Paul a secoué l’animal dans le feu et n’a ressenti aucun mal. Ces gens s’attendaient à le voir enfler ou tomber mort subitement. Après avoir longtemps attendu, voyant qu’il ne lui arrivait aucun mal, ils ont changé d’avis et ont déclaré que c’était un dieu.

Il y avait dans les environs des terres qui appartenaient à un dénommé Publius, principale personnalité de l’île. Il nous a accueillis et nous a logés de manière très amicale pendant trois jours. Le père de Publius était alors retenu au lit par la fièvre et la dysenterie. Paul s’est rendu vers lui, a prié, posé les mains sur lui et l’a guéri. Là-dessus, les autres malades de l’île sont venus, et ils ont été guéris.
Ils nous ont rendu de grands honneurs et, à notre départ, nous ont fourni ce dont nous avions besoin.Actes 27.6-28.10

Je ne sais pas si vous avez fait du bateau cet été. J’en fais assez souvent, vous le savez.
C’est merveilleux ! Se trouver là, au milieu de la mer, le soleil qui vient lécher notre peau bronzée !
J’ai même eu l’occasion de voir des bancs de dauphins à l’avant du bateau : moment magique !
Mais le bateau peut aussi être pour certains d’entre nous un véritable calvaire. Je me souviens, j’étais jeune marié, mon beau père nous a amené pour une partie de pêche en mer. La Méditerranée était belle, mais il y avait une légère houle. Nous avons jeté l’ancre, sorti les cannes à pêche et attendu que le poisson morde. Je n’ai jamais été très doué pour ça. Mais c’était bien agréable…jusqu’à ce que, la petite houle fasse son effet…au niveau de mon estomac. Et là, le moment agréable est devenu tout à fait autre chose, le rêve a tourné au cauchemar, mon estomac s’est amusé à passer au-dessus de mon cœur et votre cœur en dessous, j’avais l’impression que mes boyaux se tordaient dans tous les sens, Bref : j’avais l’impression que j’allais mourir tellement j’étais malade.
La seule solution à peu près efficace que j’ai pu trouver, c’est de me coucher pour me mettre à l’horizontale, jusqu’à ce qu’on rentre au port retrouver la terre ferme. Je ne vous raconte pas le soulagement, une fois arrivé à terre.
Une petite houle qui m’a gâché la journée.

Parfois, il n’y a pas besoin de grosse tempête pour nous embêter la vie. Vous savez, la fameuse tempête dans un verre d’eau.
Mais, une mer en furie c’est impressionnant !

Il y a quelques années nous étions partis plonger du côté de Banyuls et, au retour, pendant une heure et demi, nous avons dû affronter des creux de 3 mètres. Les vagues passaient par-dessus la cabine. On se sent très petit et le temps paraît très très long.
Une tempête, une vraie,  personne ne peut la calmer, même pas le capitaine du bateau aussi grande que soit sa compétence, il ne peut que tracer sa route à travers elle jusqu’à ce qu’il arrive à en sortir. Notre capitaine, qui était aussi capitaine des vedettes du secours en mer, donc quelqu’un de très compétent,  nous a dit à moment donné : « j’espère que les moteurs ne vont pas nous lâcher, sinon, on est mal ! ».

Il est aussi arrivé des mésaventures sur mer à l’apôtre Paul en raison d’une tempête gratinée:

« Le soleil et les étoiles ne parurent pas pendant plusieurs jours, et la tempête était si forte que nous perdîmes enfin toute espérance de nous sauver. On n’avait pas mangé depuis longtemps ».v.20-21

Dans notre vie, nous avons parfois un beau ciel bleu où brille un soleil d’été, tout va bien, sur tous les plans. Il faut avouer que si cela arrive, ce n’est malheureusement pas le cas sur toute la longueur de notre vie. Notre vie est à l’image de celle d’un bateau, les tempêtes sont inévitables :

  • Tempête dans la famille : mésentente dans le couple, conflit parents-enfants, veuvage ou même célibat désespérant.
  • Tempête dans les finances : pauvreté, surendettement, difficulté à faire face à toutes les charges tout au long de l’année,
  • Tempête professionnelle : diplôme non obtenu, chômage qui dure au-delà de ce qu’on croyait possible, poste tant convoité qui vous passe sous le nez, chef de service qui vous en fait voir de toutes les couleurs parce que votre tête ne lui revient pas, travail désespérément inintéressant,
  • Tempête dans la santé : douleur, souffrance, diagnostic posé qui fait peur, médecins qui ne savent pas ou plus quoi faire, vieillesse qui amène son lot de handicaps irréversibles…

Nous pourrions continuer la liste, mais je crois que l’inventaire que nous avons fait est largement suffisant pour que nous puissions – chacun de nous – nous reconnaître à un moment de notre vie, sur un point ou un autre. Parfois, nous aurons même l’impression qu’une de ces tempêtes va dépasser notre force et que nous n’y survivrons pas. Elle est trop dure, elle est trop longue !
Malheureusement, il nous faut absolument accepter qu’un jour ou l’autre, la tempête souffle dans notre vie, même si cela nous est extrêmement désagréable et que nous préférerions plutôt «nager dans le bonheur», ce qui est bien humain mais pas réaliste du tout.
Les tempêtes de notre vie sont – que cela nous plaise ou non – dans le plan de Dieu pour nous.

Ça me fait mal de devoir vous dire cela, ce matin, et cela doit aussi vous être désagréable à entendre.
J’aurais pu vous parler de « miel » ce matin, le thème sera plutôt le piment, vous l’avez compris !

Dieu parla à Job du « milieu de la tempête » (Job 38.1 et 40.6). Il a fallu une grande tempête, si terrible que tous ceux qui étaient dedans pensaient en mourir et « faisaient leur dernière prière » pour que Jonas accepte d’obéir (Jonas 1.4-16).
L’apôtre Pierre, celui pour qui Jésus avait dû prier pour que sa foi ne retombe comme un soufflé au fromage, celui qui a eu tellement peur qu’il a dit qu’il ne connaissait pas Jésus : oui, celui-là ! et bien, celui-là a bien compris cette leçon quand il a dit plus tard : «

Bien–aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver.
Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra.1 Pierre 4.12-13

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus–Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus–Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux, à vous qui, par la puissance de Dieu, êtes gardés par la foi pour le salut prêt à être révélé dans les derniers temps !
C’est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable qui cependant est éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus–Christ apparaîtra, lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse, parce que vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi.1 Pierre 1.3-9

Personne ne peut nier que l’apôtre Pierre en connaissait « un rayon » de l’épreuve et de ses effets positifs dans sa vie et dans celle des autres. Il nous faut bien reconnaître que ce genre de leçon nous déplaît au plus haut point et a le don de nous « hérisser le poil ». Pourtant, c’est bel et bien dans la Bible et nous ne pouvons pas la contourner continuellement.
Y réfléchir sérieusement et calmement, dans la prière et en communauté, est le seul moyen de ne pas être «dérouté», «désorienté» quand les difficultés sont là.
Pourquoi un Dieu d’amour, mon Dieu à moi, mon Père, le permet – à moi – son enfant ?

Il y a, en fait, plusieurs raisons à cela…

Dieu veut connaître notre cœur

La première raison est, pour Dieu, de voir si nous l’aimons pour Lui-même ou uniquement pour ce qu’Il nous donne. Satan le savait bien quand il a dit à Dieu au sujet de Job : « Et Satan répondit à l’Eternel: Est-ce d’une manière désintéressée que Job craint Dieu ? Ne l’as-tu pas protégé, lui, sa maison, et tout ce qui est à lui ? Tu as béni l’œuvre de ses mains, et ses troupeaux couvrent le pays. Mais étends ta main, touche à tout ce qui lui appartient, et je suis sûr qu’il te maudit en face » (Job 1.9-11).
Moïse dit aussi au peuple réuni devant lui : «Souviens-toi de tout le chemin que l’Eternel, ton Dieu, t’a fait faire pendant ces quarante années dans le désert, afin de t’humilier et de t’éprouver, pour savoir quelles étaient les dispositions de ton cœur et si tu garderais ou non ses commandements ». (Deutéronome 8:2)
Il le répète à nouveau, quelques versets plus loin en ajoutant : « pour te faire ensuite du bien » (Deutéronome 8:16)

Humilier, éprouver : ça alors ?…
C’est aussi la raison pour laquelle Jésus a été emmené au désert pendant 40 jours pour y être tenté, ce n’est qu’après avoir réussi l’épreuve que les anges sont venus à son secours et l’ont servi (Matthieu 4.1-11).

Parfois, il nous peut même nous arriver de croire que « Dieu s’en fiche ! ».

Jésus dormait pendant la tempête, ses disciples ont eu l’impression que leur sort lui était complètement indifférent :

Et voici, il s’éleva sur la mer une si grande tempête que la barque était couverte par les flots. Et lui, il dormait. Les disciples s’étant approchés le réveillèrent, et dirent : Seigneur, sauve-nous, nous périssons !Matthieu 8.24-25

Dans la prière, il nous arrive à nous aussi de dire «tu ne vois pas ce qui m’arrive ? Seigneur, réveille-toi et viens à mon secours». Pourtant, Jésus était là dans la barque, et il est aussi là dans la nôtre. Ne laissons surtout pas nos sentiments nous dominer et nous faire croire qu’Il s’en moque. N’oublions pas que si la barque avait coulé avec les disciples, Jésus aurait aussi bu la tasse avec eux!
Oui, nous mettre à l’épreuve est bien le seul moyen pour Dieu de connaître notre cœur.

Nous connaître nous-même

La deuxième raison concerne notre propre manière de nous percevoir nous-même.notre propre cœur et la profondeur de notre foi.
Imaginons un enfant qui n’aurait eu aucun problème de maths ou de physique à résoudre tout au long de sa scolarité, ni aucune dictée, ni aucun exercice d’anglais ou d’allemand à traduire… Comment peut-il croire être capable de passer les épreuves du bac une fois dans la salle d’examen ?
L’apôtre Paul, tout au long de ses aventures – et mésaventures – avec Dieu, savait très bien où en était sa foi. Aussi, quand l’ange est venu lui dire – de la part de Dieu – qu’il ne leur arriverait pas malheur, il a su se rendre compte que cet ange était bien un « bon ange » et non pas un « esprit séducteur ». Par conséquent, il a eu confiance : « j’ai cette confiance en Dieu qu’il en sera comme il m’a été dit»(v.25). Il s’est alors montré un meneur d’hommes efficace pour donner les bons conseils et sauver tous ceux qui l’accompagnaient.
Sa foi en est ressortie encore plus grande, même quand « le sort s’acharnait sur lui » (28.3-5) : « Paul ayant ramassé un tas de broussailles et l’ayant mis au feu, une vipère en sortit par l’effet de la chaleur et s’attacha à sa main. Quand les barbares virent l’animal suspendu à sa main, ils se dirent les uns aux autres : Assurément cet homme est un meurtrier, puisque la Justice n’a pas voulu le laisser vivre, après qu’il a été sauvé de la mer. Paul secoua l’animal dans le feu, et ne ressentit aucun mal ».
Nous ne pouvons que constater, qu’en cours de route, Paul et ses compagnons ont perdu beaucoup de choses matérielles. Ils ont par contre énormément gagné spirituellement.

Parfois, au cours de notre vie, le Seigneur nous oblige « à perdre » certaines choses, certains avantages, mais en contrepartie, quelle richesse il nous donne sur le plan de la foi, du caractère, de l’expérience, de la maturité.
Dieu est notre Vigneron : Il enlève des branches inutiles, il en greffe d’autres, c’est parfois douloureux mais toujours bénéfique à long terme. C’est en s’entraînant beaucoup que l’on devient champion olympique!

Témoigner de notre foi

La troisième raison est que c’est le seul moyen pour les non-croyants qui nous entourent et nous observent de connaître la profondeur de notre foi et la valeur de notre Dieu en qui nous croyons.

Quand les gens de l’île ont recueilli les naufragés et qu’ils ont vu Paul ainsi accablé, ils l’ont observé bien attentivement. Dieu n’a pas empêché Paul d’être mordu par la vipère, mais il a permis qu’il n’en meure pas. Dieu n’a pas empêché Jésus de mourir sur la Croix mais Il l’a ressuscité des morts.
Du coup, l’évangélisation de l’île a été fulgurante : «Ces gens s’attendaient à le voir enfler ou tomber mort subitement; mais, après avoir longtemps attendu, voyant qu’il ne lui arrivait aucun mal, ils changèrent d’avis (…) Le père de Publius était alors au lit, malade de la fièvre et de la dysenterie ; Paul, s’étant rendu vers lui, pria, lui imposa les mains, et le guérit. Là–dessus, vinrent les autres malades de l’île, et ils furent guéris. On nous rendit de grands honneurs, et, à notre départ, on nous fournit les choses dont nous avions besoin ».

Pierre nous a donné une des recettes les plus efficaces pour l’évangélisation autour de nous : « Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera» (1 Pierre 2 .12). Ça, c’est une méthode rarement enseignée dans les séminaires pour la formation à l’évangélisation, tout simplement parce qu’elle nous heurte. Il nous faut pourtant bien savoir que la pire des expériences peut devenir une immense bénédiction, pour nous et pour les autres, mais pas à première vue : il faut du temps pour qu’elle se révèle ainsi.
C’est souvent avec le recul du temps qu’on se rend compte à quel point Dieu était avec nous à travers l’épreuve, mais notre chagrin et notre souffrance nous empêchaient de le voir. Nous pouvons devenir, comme le promet le prophète Esaïe (32.2) : «comme un abri contre le vent, et un refuge contre la tempête, comme des courants d’eau dans un lieu desséché, comme l’ombre d’un grand rocher dans une terre altérée ».

Oui, étant devenus forts à travers les difficultés sévères de la vie, nous pouvons être un encouragement et une aide précieuse aux autres, ceux qui doivent apprendre aussi que le Seigneur est avec eux sur le bateau, même s’il donne l’impression de dormir dans sa cabine.


Non, non et non !

Non, nous ne sommes pas victimes des circonstances, aussi difficiles soient-elles.
Non, nous ne sommes pas livrés à l’arbitraire de Satan, il ne peut pas faire ce qu’il veut de nous.
Non, notre Seigneur n’est pas parti en vacances aux Bahamas en nous abandonnant sur le bord du chemin comme certains font avec leur chien qui les gêne.

Que la tempête dans laquelle nous débattons peut-être en ce moment soit de notre faute, comme pour Jonas, ou nous est tombée dessus comme ça, « sans raison  apparente » comme pour Paul ou Pierre, Dieu — notre Dieu — EST dans la barque avec nous, il en est le capitaine fidèle : il nous conduira jusqu’au port désiré puisqu’Il nous le promet.

Lorsque Jésus-Christ apparaîtra, nous  obtiendrons le prix de notre foi !

Ensemble

Regardez autour de vous ! Qu’est-ce qu’on fait tous ici ?

Il y a des ouvriers, des cadres d’entreprise, des enseignants, des artistes… Il y a ceux qui n’écoutent que du hard metal et ceux qui pensent que c’est une musique limite satanique, les fans de du club de Béziers, de celui de Narbonne, et ce ne sont nécessairement pas les mêmes, d’autres qui détestent le rugby, ceux qui ne ratent pas un épisode de « Plus belle la vie» et ceux qui n’ont même pas la télé à la maison, ceux qui aime l’art, la peinture et les expositions et ceux qui n’auraient même pas l’idée de passer la porte d’un musée…

Combien de nationalités représentées ? Combien de cultures, d’éducations, d’arrière-plans religieux différents ?
Et je ne parle même pas des opinions politiques, y compris de ceux qui n’en ont rien à faire de la politique !
Quel mélange disparate ! Je me demande ce que vous faites tous ici !
Et pourtant nous sommes bien là. Et parce qu’on partage la même foi, on essaye de vivre ensemble. C’est ça le défi de l’Eglise…
Dès le début de l’histoire de l’Eglise, ce défi a dû être relevé. Comment faire vivre ensemble, dans l’Eglise, les chrétiens d’origine juive et ceux d’origine païenne ? Avec leurs cultures, leurs traditions, leurs modes de pensée si différents… Et le débat s’est longtemps cristallisé sur la question de la circoncision.

Quelques hommes venus de Judée enseignaient les frères en disant: « Si vous n’êtes pas circoncis selon la coutume de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. » Paul et Barnabas eurent un vif débat et une vive discussion avec eux. Les frères décidèrent alors que Paul, Barnabas et quelques-uns d’entre eux monteraient à Jérusalem vers les apôtres et les anciens pour traiter cette question. Actes 15.1-2
A leur arrivée à Jérusalem un grand débat s’est instauré. Les différents partis ont exposé leur position : des pharisiens convertis, Pierre, Paul et Barnabas, Jacques, et bien d’autres encore sans doute!
Enfin, une décision fut prise…

Alors il parut bon aux apôtres et aux anciens, ainsi qu’à toute l’Eglise, de choisir parmi eux Jude, appelé Barsabas, et Silas, des hommes estimés parmi les frères, et de les envoyer à Antioche avec Paul et Barnabas. Ils les chargèrent du message que voici: « Les apôtres, les anciens et les frères aux frères et sœurs d’origine non juive qui sont à Antioche, en Syrie et en Cilicie, salut! Nous avons appris que des hommes partis de chez nous, mais sans aucun ordre de notre part, vous ont troublés par leurs discours et vous ont ébranlés en vous disant de vous faire circoncire et de respecter la loi. C’est pourquoi nous avons décidé, d’un commun accord, de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos bien-aimés Barnabas et Paul, ces hommes qui ont livré leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Nous avons donc envoyé Jude et Silas qui vous annonceront de vive voix les mêmes choses. En effet, il a paru bon au Saint-Esprit et à nous de ne pas vous imposer d’autre charge que ce qui est nécessaire : vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de l’immoralité sexuelle. Vous agirez bien en évitant tout cela. Adieu. » Actes 15.22-29
Discerner ensemble

“Il a paru bon au Saint-Esprit et à nous-mêmes…».
La formule souligne une compréhension particulière du discernement de la volonté de Dieu, qui passe par la concertation et l’écoute communautaire. Mais comment ont-ils procédé ? Ils ont fait une réunion de prière et ont attendu que la solution tombe du ciel ?
Non… Ils se sont réunis. Ils ont discuté.
Chacun donnait son point de vue et défendait sa position : Paul, des Pharisiens convertis, Pierre, Jacques… Ça a dû chauffer !
Et de la discussion, de l’écoute mutuelle, est sortie une décision… qui a été attribuée autant aux personnes réunies qu’au Saint-Esprit !

L’Eglise est l’œuvre de l’Esprit Saint… mais à travers des hommes et des femmes !

C’est ensemble qu’on entend la voix de l’Esprit ! Ne faisons pas de l’écoute de la voix de l’Esprit qu’une affaire personnelle, individuelle. En réalité, nous pourrions bien sur ce point être en train de subir l’influence de notre époque individualiste ! Il nous faut retrouver cette dimension communautaire du discernement, y compris dans les décisions personnelles.
Ne cherchons pas la volonté de Dieu seuls dans notre coin, même en prière et une Bible à la main… Demandons conseil, prions avec d’autres, partageons et discutons. Ensemble, on entend mieux la voix de l’Esprit !

Vivre ensemble

La décision telle qu’exprimée dans la lettre d’Actes 15 a pour but de permettre aux chrétiens d’origine païenne et ceux d’origine juive de continuer à vivre ensemble dans l’Eglise. La principale pierre d’achoppement, je l’ai dit plus tôt, tournait autour de la question de la circoncision : Fallait-il contraindre les païens à se faire circoncire?
Dans la lettre, la réponse est claire : la circoncision n’est pas exigée pour les chrétiens d’origine païenne, elle n’est pas une condition pour être sauvé. Mais elle n’est pas pour autant abolie pour les chrétiens d’origine juive.

Il reste finalement quelques recommandations, présentées comme ce qui est «indispensable ». Il y a débat sur ce point mais je ne pense pas qu’il s’agisse ici d’interdits absolus, valables tels quels pour tous les temps. Ces recommandations sont liées au contexte de l’époque.
Dans ce contexte, elles étaient « indispensables ». Il y avait le respect de certaines règles alimentaires, essentiellement liées à la question des viandes sacrifiées aux idoles. Sujet particulièrement sensible dans le contexte romain polythéiste. Mais pas de mention des animaux purs et impurs selon la Loi de Moïse…
Il y avait aussi le rejet de l’inconduite sexuelle. C’est une exigence éthique. Ce sujet-là étant particulièrement sensible dans le contexte de la culture romaine !

Concrètement, ça veut dire que dans l’Eglise, plusieurs pratiques allaient cohabiter. Il y aura des gens qui se feront circoncire parce qu’ils sont Juifs et d’autres non parce qu’ils sont païens.
Certains mangeront du porc (les romains en mangeaient !) d’autres non. Et tout cela sans remettre en cause l’unité de l’Eglise.

Parce que l’unité n’est pas l’uniformité !

Ne recherchons pas plus l’uniformité aujourd’hui !
La force de l’Eglise est dans sa diversité. C’est la seule condition pour que chacun puisse y trouver sa place, pour que l’autre puisse nous enrichir…

Quelle est ma capacité à accepter la différence ? Jusqu’où suis-je prêts à aller sans juger mon frère qui prie différemment de moi, qui ne place pas les mêmes limites que moi dans sa vie, qui s’autorise ce que je m’interdis et s’interdit ce que je m’autorise… ?

Construire ensemble

Bref, non seulement pour vivre ensemble mais pour construire ensemble une Eglise solide et vivante, il faut arriver à instaurer un cadre souple sur un fondement ferme. Un cadre sera sans cesse à réévaluer et à adapter. L’équilibre d’une Eglise est toujours instable.
Mais un fondement qui restera inamovible : Jésus-Christ.

Tout cela implique une nécessaire hiérarchisation de la vérité, une capacité à discerner où est l’essentiel sur lequel ne pas transiger et où est le secondaire. La capacité à hiérarchiser les valeurs est une marque de maturité spirituelle. Tout mettre sur le même plan, c’est peut-être sécurisant pour soi, mais c’est faux. C’est une attitude légaliste, culpabilisante et avilissante. De plus, elle conduit au jugement de l’autre et même, à son rejet.
La capacité à discerner où est l’essentiel est aussi une marque de maturité spirituelle. Tout mettre sur le même plan, c’est avouer qu’on n’est pas au clair sur l’essentiel.

Quel est selon vous l’essentiel de l’Évangile ? Le socle inamovible sans lequel tout s’écroule. Les affirmations de foi sur lesquelles on ne transige pas, où aucun compromis n’est possible ? Sans doute celles qui tournent autour de Jésus-Christ, sa mort et sa résurrection, et le salut reçu par la foi seule.

Cette fermeté sur l’essentiel et cette souplesse d’un cadre permettant de vivre ensemble est indispensable à une vie d’Eglise.

Parce que sans fermeté sur l’essentiel, ce n’est plus une Eglise mais une simple association cultuelle administrative.
Et sans souplesse dans le cadre, ce n’est plus une Eglise mais une
secte où on n’admet aucune marge de manœuvre possible.

Conclusion

Regardez autour de vous ! Considérez l’Eglise que nous formons ce matin, dans toute sa diversité. Et souvenez-vous que cette diversité est notre richesse ! Nous partageons la même foi en
Jésus-Christ, sauveur et Seigneur. Mais la manière concrète dont nous vivons, chacun, cette foi, revêt une grande diversité !

Si nous voulons poursuivre ensemble, discerner ensemble la volonté de Dieu, vivre ensemble et construire ensemble une Eglise qui glorifie le Seigneur, il faut que nous entrions dans cette diversité. En renonçant au jugement et au légalisme. En n’espérant pas que les autres deviennent comme nous ou que nous devenions comme les autres. En étant simplement corps du Christ, unis mais pas uniformes, solidaires et complémentaires, pour la gloire de celui qui est la tête du corps : Jésus-Christ !