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En route avec l’union…

A l’occasion de son AG 2018, notre Union a publié, par la voie de la commission synodale, deux documents qui balisent le chemin que nous sommes en train de parcourir avec nos églises sœurs en France, deux documents qui font écho aux transformations inédites dans lesquels notre union s’est engagée depuis quelques synodes.

Je vous invite à prendre connaissance de ces deux documents. Il s’agit du rapport de la commission synodale à l’AG2018 et d’un document qui fait le point sur l’identité de l’UEEL  au moment de s’engager dans cette nouvelle étape.

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Aujourd’hui, je vous propose de revenir sur deux pivots de ce rapport. Et, vous allez le voir, l’union vit au niveau national ce que l’église vit au niveau local.

De but en blanc, la commission synodale tire un bilan de santé contrasté de sa veille de nos églises. Avec une question qui anime les membres de cette commission (composée pour moitié de pasteurs,  et moitié de laïques) : quelles conclusions ou quelle synthèse peut-on retirer d’un tel constat ?

Principe de solidarité
Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui.1 Corinthiens 12.26

Je relève ce mot essentiel dans la vie et le sens de notre union : solidarité. Solidarité entre les églises, solidarité dans l’église tout simplement. N’est-ce pas une des manifestations fondamentales de l’ADN de l’Eglise?

Un véritable cheminement dans notre façon de voir

La solidarité qu’est-ce que c’est ? Elle s’enracine dans l’empathie. Et l’empathie, c’est quoi ? C’est être sensible au pathos de l’autre, c’est-à-dire à son ressenti, sa perception d’une situation. Etre sensible ce n’est pas ressentir soi-même, subjectivement, de la pitié ou de l’admiration pour  la situation d’autrui. C’est ressentir et affronter soi-même la position de l’autre, quitte à bousculer le confort précaire que je me suis fabriqué dans la mienne. La solidarité, c’est un véritable défi, un chemin qui transforme une relation…

Prenons l’exemple de la souffrance. Vivre une souffrance, surtout quand ce n’est pas la sienne, ce n’est pas facile. En face de la souffrance, on est confronté à toutes sortes de réactions : on peut faire l’autruche ; on peut trouver une multitude d’explications ou de théories ; on peut rejeter la situation aussi, et essayer de changer ce qu’on voit parce que ça nous indispose ; on peut être aussi tout simplement désespéré, ou dans la détresse, démuni, parfois plus que notre frère ou notre sœur (on n’est pas tous égaux devant la souffrance) ; il se peut même, qu’au bout du compte, on commence à l’accepter, accepter de marcher à côté de notre frère ou sœur  au travers de la difficulté, et découvrir une nouvelle façon de voir, ensemble…

Bref, la solidarité c’est quelque chose d’intime. C’est d’être proche les uns des autres, pas seulement physiquement, mais d’abord dans le cœur, d’être à nu, de faire face à la même réalité, de découvrir qu’on peut cheminer avec quelqu’un.

La solidarité ne se décrète pas

En fait, la solidarité ce n’est pas quelque chose qui se décrète. C’est quelque chose qui s’apprend. Et pour l’église c’est quelque chose que chacun apprend personnellement au travers d’aventures communes, pas forcément celles auxquelles on aimerait se confronter.
Au fond, la solidarité ce n’est pas ton effort pour apprendre à supporter l’autre. C’est l’effort de Dieu à forger une histoire commune à partir de gens très divers. La solidarité c’est la foi que Dieu applique à nos relations (sur la foi comme action de Dieu). Il ne reste plus ici, à chacun, qu’à se soumettre à l’œuvre les transformations que Dieu opère dans notre vie.

Toutefois, le défi de l’aventure solidaire de l’église ne se résume pas à partager des cas personnels. C’est aussi apprendre à avancer ensemble. Et là c’est une toute autre histoire : apprendre comment d’un patchwork de personnalités, d’attentes, de visions, Dieu va faire une histoire originale, dans laquelle chacune à sa place mais aucune ne domine (rappelez-vous : soumettez-vous les un aux autres, servir et non être servi).

Unité dans la diversité

Ce rapport parle de rechercher d’autres ministères autour de celui du pasteur. L’église est une mosaïque de dons. Je crois que c’est ce que Momtaz a essayé de vous rappeler dimanche dernier, en s’appuyant sur toutes sortes de références biblique.

L’aventure de l’église ce n’est pas essayer de faire ensemble, c’est d’abord découvrir ce que Dieu est, en personne, à Béziers, c’est la révélation bien concrète du corps du Christ lui-même, c’est-à-dire, excusez du peu, la manifestation corporelle du Dieu de la Bible ici dans notre région, aujourd’hui. En patois, on appelle ça la parousie.


Oser le développement

Ce rapport a beaucoup insisté sur ce qui est devenu, depuis deux synodes, LA priorité de l’union pour les années à venir : le développement.

Depuis le dernier synode, on assiste à une restructuration progressive mais profonde de l’union avec la mise en place du pôle développement. Ce pôle est composé de deux départements : implantationrevitalisation. Ce développement est à la fois tourné vers l’extérieur (implantation) mais aussi vers l’intérieur (revitalisation des églises en difficulté, mais aussi celle qui ronronnent, qui gère leur routine).

L’église est un corps vivant. Un corps vivant est un corps en mouvement, à la fois en route vers le monde qui l’entoure et  grouillant de vie en lui-même. C’est exactement ce qui se passe pour l’église locale : elle vit et se transforme en elle-même de jour en jour, et elle s’agite et s’ébroue dans son écosystème, sa ville, sa région…

Et quand un corps devient vivant, il commence à percevoir, à voir, ce qu’il est ce qui l’entoure, où le mène ce qui l’anime : c’est la vision. Nous allons y revenir dans un instant. Je retiens surtout cette conclusion sans appel…

Nous ne manquons donc pas de pain sur la planche et plusieurs de ces chantiers nous conduisent parfois à certaines remises en question qui peuvent un peu nous déstabiliser. Mais la vie est un équilibre instable qui implique une prise de risques, c’est ce qui permet la croissance. La recherche du risque zéro et de la stabilité… c’est la mort ! Et nous voulons être vivants, animés par l’Esprit de Dieu pour accomplir la mission que le Christ nous confie !

 

Vers un cœur en marche

L’Exode… c’est l’histoire d’un peuple qui est dans une sale posture en Égypte, une posture de laquelle le Dieu qui avait déjà appelé leur ancêtre Abraham vient les sortir. Vous connaissez l’histoire : Moïse, les dix plaies, la mer rouge, le Sinaï…

Après le Sinaï, justement, souvenez-vous : Dieu les amène, comme promis, aux portes du pays qu’il avait désigné à leurs ancêtres, Canaan, la terre promise. Mais là tout ne se passe pas comme prévu…

Ça commence en Nombres 13…

Nombre 13-14
1  L’Eternel dit à Moïse:
« Envoie des hommes explorer le pays de Canaan que je donne aux Israélites. Tu enverras un homme issu de chacune des tribus de leurs ancêtres. Ils seront choisis parmi leurs princes. »
Moïse envoya ces hommes du désert de Paran, d’après l’ordre de l’Eternel; ils étaient tous chefs des Israélites.

(…)

21  Ces hommes montèrent et explorèrent le pays, depuis le désert de Tsin jusqu’à Rehob, sur le chemin de Hamath.  Ils montèrent par le sud et allèrent jusqu’à Hébron, où se trouvaient Ahiman, Shéshaï et Talmaï, les descendants d’Anak. Hébron avait été construite 7 ans avant Tsoan en Egypte.
Ils arrivèrent jusqu’à la vallée d’Eshcol, où ils coupèrent une branche de vigne avec une grappe de raisin. Ils la portèrent à deux au moyen d’une perche. Ils prirent aussi des grenades et des figues. On appela cet endroit vallée d’Eshcol à cause de la grappe que les Israélites y coupèrent. Ils furent de retour de l’exploration du pays au bout de 40 jours.

A leur arrivée, ils se rendirent auprès de Moïse, d’Aaron et de toute l’assemblée des Israélites à Kadès dans le désert de Paran. Ils leur firent un rapport, ainsi qu’à toute l’assemblée, et ils leur montrèrent les fruits du pays.
Voici ce qu’ils racontèrent à Moïse: « Nous sommes allés dans le pays où tu nous as envoyés. C’est vraiment un pays où coulent le lait et le miel, et en voici les fruits. Mais le peuple qui habite ce pays est puissant, les villes sont fortifiées, très grandes. Nous y avons vu des descendants d’Anak. Les Amalécites habitent la région du sud, les Hittites, les Jébusiens et les Amoréens habitent la montagne, et les Cananéens habitent au bord de la mer Méditerranée et le long du Jourdain. »
Caleb fit taire le peuple qui murmurait contre Moïse. Il dit: « Montons, emparons-nous du pays, nous y serons vainqueurs! » Mais les hommes qui l’y avaient accompagné dirent: « Nous ne pouvons pas monter contre ce peuple, car il est plus fort que nous », et ils dénigrèrent devant les Israélites le pays qu’ils avaient exploré. Ils dirent: « Le pays que nous avons parcouru pour l’explorer est un pays qui dévore ses habitants. Tous ceux que nous y avons vus sont des hommes de haute taille. Nous y avons vu les géants, les descendants d’Anak qui sont issus des géants. A nos yeux et aux leurs, nous étions comme des sauterelles. »

(Nombres 14)

1  Toute l’assemblée se souleva et poussa des cris, et le peuple pleura pendant la nuit. Tous les Israélites murmurèrent contre Moïse et Aaron, et toute l’assemblée leur dit: « Si seulement nous étions morts en Egypte ou dans ce désert! Pourquoi l’Eternel nous fait-il aller dans ce pays où nous tomberons par l’épée, où nos femmes et nos petits-enfants deviendront une proie? Ne vaut-il pas mieux pour nous retourner en Egypte? » Et ils se dirent l’un à l’autre: « Nommons un chef et retournons en Egypte. »

Moïse et Aaron tombèrent le visage contre terre devant toute l’assemblée réunie des Israélites. Membres de l’équipe qui avait exploré le pays, Josué, fils de Nun, et Caleb, fils de Jephunné, déchirèrent leurs vêtements et dirent à toute l’assemblée des Israélites: « Le pays que nous avons parcouru pour l’explorer est un pays très bon, excellent. Si l’Eternel nous est favorable, il nous y conduira et nous le donnera. C’est un pays où coulent le lait et le miel. Seulement, ne vous révoltez pas contre l’Eternel et n’ayez pas peur des habitants de ce pays, car nous ne ferons d’eux qu’une bouchée. Ils n’ont plus de protection et l’Eternel est avec nous. N’ayez pas peur d’eux! »

Toute l’assemblée parlait de les lapider lorsque la gloire de l’Eternel apparut sur la tente de la rencontre, devant tous les Israélites.
L’Eternel dit à Moïse: « Jusqu’à quand ce peuple me méprisera-t-il? Jusqu’à quand ne croira-t-il pas en moi, malgré tous les signes que j’ai accomplis au milieu de lui? Je le frapperai par la peste et je le détruirai, mais je ferai de toi une nation plus grande et plus puissante que lui. »
Moïse dit à l’Eternel: « Les Egyptiens ont appris que tu as fait sortir ce peuple de chez eux par ta puissance, et ils l’ont dit aux habitants de ce pays. Ils ont appris que toi, l’Eternel, tu es au milieu de ce peuple, que tu apparais visiblement, toi, l’Eternel, que ta nuée se tient sur lui, que tu marches devant lui le jour dans une colonne de nuée, et la nuit dans une colonne de feu. Si tu fais mourir ce peuple d’un seul coup, les nations qui ont entendu parler de toi diront: ‘L’Eternel n’avait pas le pouvoir de conduire ce peuple dans le pays qu’il avait juré de lui donner; c’est pour cela qu’il l’a exterminé dans le désert.’ Maintenant, que la puissance du Seigneur se montre dans sa grandeur, conformément à ce que tu as déclaré: ‘L’Eternel est lent à la colère et riche en bonté, il pardonne la faute et la révolte, mais il ne traite pas le coupable en innocent et il punit la faute des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération.’ Pardonne la faute de ce peuple, conformément à la grandeur de ta bonté, tout comme tu lui as pardonné depuis l’Egypte jusqu’ici. »
L’Eternel dit: « Je pardonne comme tu l’as demandé, mais je suis vivant et la gloire de l’Eternel remplira toute la terre. Ces hommes ont vu ma gloire et les signes que j’ai accomplis en Egypte et dans le désert, ils m’ont provoqué déjà 10 fois et ne m’ont pas écouté: aucun d’eux ne verra le pays que j’ai juré à leurs ancêtres de leur donner. Aucun de ceux qui m’ont méprisé ne le verra. Quant à mon serviteur Caleb, parce qu’il a été animé d’un autre esprit et qu’il a pleinement suivi ma voie, je le ferai entrer dans le pays où il est allé et sa descendance le possédera. Les Amalécites et les Cananéens habitent la vallée. Demain, tournez-vous et partez pour le désert, dans la direction de la mer des Roseaux. »

L’Eternel dit à Moïse et à Aaron: « Jusqu’à quand laisserai-je cette méchante assemblée murmurer contre moi? J’ai entendu les plaintes des Israélites qui murmuraient contre moi. Annonce-leur: ‘Aussi vrai que je suis vivant, déclare l’Eternel, je vous ferai exactement ce que je vous ai entendus dire: vos cadavres tomberont dans ce désert. Vous tous, dont on a fait le dénombrement en vous comptant depuis l’âge de 20 ans et au-dessus et qui avez murmuré contre moi, vous n’entrerez pas dans le pays que j’avais juré de vous faire habiter. Aucun de vous n’y entrera, excepté Caleb, fils de Jephunné, et Josué, fils de Nun. Quant à vos petits-enfants, eux dont vous avez dit qu’ils deviendraient une proie, je les y ferai entrer et ils connaîtront le pays que vous avez dédaigné. Vos cadavres, à vous, tomberont dans le désert, et vos enfants seront nomades pendant 40 ans dans le désert. Ils supporteront les conséquences de vos infidélités jusqu’à ce que tous vos cadavres soient tombés dans le désert. Vous avez mis 40 jours à explorer le pays, vous supporterez donc les conséquences de vos fautes pendant 40 ans, une année pour chaque jour. Ainsi vous saurez ce que c’est que d’être privé de ma présence.’ Moi, l’Eternel, j’ai parlé et c’est ainsi que je traiterai cette méchante assemblée qui s’est réunie contre moi: ils seront détruits dans ce désert, ils y mourront. »

…et c’est ce qu’il s’est passé : ce Dieu va conduire et façonner le peuple dans le désert pendant 40 ans, jusqu’à ce que ce même Josué le conduise dans la terre promise… jusqu’à ce que le cœur du peuple marche avec Dieu.

Analysons un peu ce qui se passe à ce moment clé de l’histoire de l’Exode…


Dieu se rassemble un peuple à partir d’esclaves

Sortie d’Égypte → Le peuple est esclave. Dieu fait lever Moïse comme leader pour l’arracher des mains des égyptiens. Plusieurs signes puissants se produisent, vous connaissez les plus marquants : 10 plaies, traversée de la mer rouge.

L’épisode du Sinaï → Dieu donne les tables de la loi, c’est la base de l’alliance, l’alliance qui représente la relation que Dieu tisse avec son peuple, la loi étant les balises de cette relation des moments les plus grand de la vie de ce peuple, jusqu’aux détails de la vie quotidienne. Dieu s’immisce dans leur religion (déjà évoqué en prédication).

Je vais faire une chose nouvelle, qui est déjà en germe. Ne la remarquerez-vous pas? Je vais tracer un chemin en plein désert et mettre des fleuves dans les endroits arides.Esaïe 43.19

Dieu les conduit vers le pays promis

Dieu a fait une promesse à Abraham
Elle est la concrétisation de l’alliance et de la relation que Dieu vient établir dans la vie de ces humains.

Dieu a un plan pour ce peuple
C’est ce que la promesse annonce. Dieu est en train d’écrire une histoire avec eux, dans leur propre histoire.

L’identité de ce peuple est liée à ce pays promis
→ On discerne 3 piliers de la vision du monde d’Israël : Dieu, l’Eternel – le peuple élu – la terre promise.
→ on est là face à la vocation de ce groupe d’humain, ce à quoi Dieu le destine, ce qu’il a prévu sur mesure pour eux alors qu’ils ne se considèrent eux-mêmes que comme des esclaves (c’est ce qu’ils rappellent dans leur craintes).

Voici ce que dit l’Eternel qui met en œuvre ces événements, l’Eternel qui leur donne forme en les préparant, celui dont le nom est l’Eternel:
Fais appel à moi et je te répondrai. Je te révélerai des réalités importantes et inaccessibles, des réalités que tu ne connais pas.Jérémie 33.2-3

Le peuple fait face à ses peurs

Le peuple a un rapport avec Dieu encore hésitant (rappel de l’épisode du veau d’or)
Malgré tout ce qu’ils ont déjà vécu, Dieu est encore une entité un peu périphérique à leur cœur et à la manière dont ils mènent leur barque. Il reste cette voix lointaine qui s’exprime dans l’orage du Sinaï. Il n’est pas encore celui qui conduit chacun de leurs pas.

Quand les promesses de Dieu et sa parole deviennent abstraites face aux idées et aux peurs humaines, quand on préfère gérer et faire confiance à ses propres raisonnements plutôt qu’à ce que Dieu fait et à ses promesses.

Leurs regards sont focalisés sur les incertitudes, c’est-à-dire dans la mauvaise direction…

N’aie pas peur, car je suis moi-même avec toi. Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu. Je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens par ma main droite, la main de la justice.Esaïe 41.10

Le peuple repart dans le désert

Un abandon ? Est-ce que Dieu laisse tomber avec eux, dégoûté ? L’échange avec Moïse dit le contraire…

Un fâcheux contretemps ? La suite de l’histoire montrera que Dieu ne restera pas à distance et silencieux (nuée,…)

Un temps de formation !  Dieu va façonner ce qu’il a manqué au peuple pour rentrer dans le pays promis : la confiance.

Le plan de Dieu s’accomplit : Dieu choisit de composer avec les limites humaines parce qu’il choisit cet humain-là, faillible craintif, pour manifester sa gloire et son royaume. Il va montrer que l’humain est compatible avec la présence de Dieu !
Sa gloire n’est pas un peuple bien sous tous rapports, mais un peuple qui apprend à lui faire confiance et à marcher avec lui, un peuple qui ne s’enferme plus dans son propre agenda mais qui apprend à marcher avec et à se laisser éclairer pas après pas.

Je ferai marcher les aveugles sur un chemin qu’ils ne connaissent pas, je les conduirai par des sentiers qu’ils ignoraient; je changerai les ténèbres en lumière devant eux et je redresserai les passages tortueux. Voilà ce que je ferai, et je ne les abandonnerai pas.Esaïe 42.16

Alors qu’ils étaient aux portes du pays promis, là où Dieu les invitait à entrer avec lui, ils ont préféré s’arrêter. Ils ont hésité, incertains, suspicieux, tièdes. Leur confiance en Dieu avait besoin d’être éprouvée. Pour eux, ça passera par 40 ans de désert… et pour en revenir au point de départ, ce qu’ils avaient fui auparavant, et enfin traverser le Jourdain !

La crainte des hommes tend un piège, Mais celui qui se confie en l’Eternel est protégé.Proverbe 29.25

Un Pierre, deux attitudes, la résurrection au milieu

Caméra isolée sur l’un des personnages qui a vécu les événements au plus près.

On assiste à la fuite et l’éparpillement de tous lors de l’arrestation de Jésus et jusqu’à sa mort. Un personnage a pourtant été aux premières loges : Pierre.

Luc 22.31-34 & 54-62
Le Seigneur dit: « Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. Mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne disparaisse pas; et toi, quand tu seras revenu à moi, affermis tes frères. » « Seigneur, lui dit Pierre, je suis prêt à aller en prison avec toi, et même jusqu’à la mort. » Jésus dit: « Pierre, je te le dis, le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que tu n’aies trois fois nié me connaître. »

(…)

Après avoir arrêté Jésus, ils l’emmenèrent et le conduisirent dans la maison du grand-prêtre. Pierre suivait de loin. Ils allumèrent un feu au milieu de la cour et s’assirent ensemble. Pierre s’assit au milieu d’eux. Une servante qui l’avait vu assis devant le feu et l’avait observé dit: « Cet homme aussi était avec lui. » Mais il le renia en disant: « Femme, je ne le connais pas. » Peu après, un autre le vit et dit: « Toi aussi tu fais partie de ces gens-là. » Et Pierre dit à l’homme: « Je n’en fais pas partie. » Environ une heure plus tard, un autre insistait, disant: « Certainement cet homme était aussi avec lui, car il est galiléen. » Pierre répondit: « Je ne sais pas de quoi tu parles. » Immédiatement, alors qu’il parlait encore, un coq chanta. Le Seigneur se retourna et regarda Pierre. Pierre se souvint alors de ce que le Seigneur lui avait dit: « Avant que le coq chante |aujourd’hui|, tu me renieras trois fois. » Il sortit et pleura amèrement.

Jean 21.15-19
Lorsqu’ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre: « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ceux-ci? » Il lui répondit: « Oui, Seigneur, tu sais que j’ai de l’amour pour toi. » Jésus lui dit: « Nourris mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois: « Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu? » Pierre lui répondit: « Oui, Seigneur, tu sais que j’ai de l’amour pour toi. » Jésus lui dit: « Prends soin de mes brebis. »
Il lui dit, la troisième fois: « Simon, fils de Jonas, as-tu de l’amour pour moi? » Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit, la troisième fois: « As-tu de l’amour pour moi? » et il lui répondit: « Seigneur, tu sais tout, tu sais que j’ai de l’amour pour toi. » Jésus lui dit: « Nourris mes brebis. En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu mettais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais; mais quand tu seras vieux, tu tendras les mains et c’est un autre qui attachera ta ceinture et te conduira où tu ne voudras pas. »
Il dit cela pour indiquer par quelle mort Pierre révélerait la gloire de Dieu. Puis il lui dit: « Suis-moi. »

Pierre est un personnage atypique (comme beaucoup dans l’église): tempérament, manuel, intense. Pourtant, dans ces deux textes, on a clairement un Pierre et deux attitudes. La ligne de démarcation, c’est la résurrection.

Pierre est-il devenu schizophrène? Dans chacun de ces récits, à sa manière, on retrouve le tempérament typiques de Pierre. Mais que s’est-il passé entre les deux ?

Pierre avant

Le Pierre fougueux
→ passionné (sa promesse de suivre Jésus)
→ sûr de lui: il pensait pouvoir le servir et l’aimer à sa façon.

Pierre après

Pierre est retrouvé par Jésus. Il retrouve la confiance dans leur relation. Mais cette fois il est plus mesuré, plus réceptif à ce que Jésus lui déclare. Il a rencontré le Christ, le Christ ressuscité.  Il ne s’agit plus de croire en ses attentes lointaines d’un messie tel qu’il se l’imagine. Pierre se laisse rejoindre, il se laisse guider par son maître bien vivant devant lui.

Notez sa dernière remarque : Jésus retrouve sa place centrale dans la mission qu’il lui confie. Pierre découvre une confiance fondée sur l’action de Dieu.

Il y a dans le cœur de l’homme beaucoup de pensées, Mais c’est le dessein de l’Éternel qui s’accomplira.Proverbe 19.21

Désormais, il compose avec l’intention de Dieu, avec sa volonté. Désormais, sa vie est animée par quelque chose que Christ est venu réveiller (ressusciter) en lui. La résurrection est passée par là. Une existence différente s’offre à lui… oh, pas une perte de sa personnalité, plutôt un véritable bousculement de sa façon d’agir (notez l’insistance de Jésus, 3 fois), et ça ne l’empêchera pas de s’égarer encore; mais remarquez surtout ce changement de moteur : sa vie a pris un nouveau départ avec la mort et la résurrection de Christ, il y a un avant et un après (Lui, le premier, en témoigne, Acte 2).

La résurrection est un bouleversement

Pierre pensait avoir tout compris avant la résurrection, lui l’intime de Jésus. Après, on le retrouve plus nuancé. Quelque chose a été bousculé dans son attitude vis-à-vis de Jésus. Ça balbutie au début (hésitation dans le dialogue), mais l’attitude a changé. La mort de son sauveur sous ses yeux (qui reste associée pour lui à son reniement), première phase de l’onde de choc, puis la résurrection, deuxième phase (un peu comme les lames d’un tsunami)!

Paul aussi a été saisi; voilà comment lui, le grand érudit, en parle

En effet, le message de la croix est une folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes sauvés, il est la puissance de Dieu. Du reste, il est écrit: Je ferai disparaître la sagesse des sages et j’anéantirai l’intelligence des intelligents.

Où est le sage? Où est le spécialiste de la loi? Où est le discoureur de l’ère actuelle? Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse de ce monde? Puisque à travers cette sagesse le monde n’a pas connu Dieu en voyant sa sagesse, il a plu à Dieu de sauver les croyants à travers la folie de la prédication. Les Juifs demandent un signe miraculeux et les Grecs recherchent la sagesse. Or nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les non-Juifs, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, qu’ils soient juifs ou non.

En effet, la folie de Dieu est plus sage que les hommes et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes.1 Corinthiens 1.18-25

→ La sagesse est bouleversée.

La Sagesse de Dieu a fait irruption dans le cœur de Pierre (!).
Celui qui a confiance dans son propre cœur est un insensé, Mais celui qui marche dans la sagesse sera délivré… nous dit proverbes 28:26. Cette sagesse il s’agit de la Sagesse de Dieu, qui n’est pas une philosophie mais qui est le produit de la présence vivante de Dieu. Paul précise:

C’est pourtant bien une sagesse que nous enseignons parmi les hommes mûrs, mais une sagesse qui n’est pas de ce temps ni des chefs de ce temps, qui sont voués à la destruction. Non, nous annonçons la sagesse de Dieu mystérieuse et cachée, celle que Dieu, avant tous les temps, avait préparée d’avance pour notre gloire. Cette sagesse, aucun des chefs de ce temps ne l’a connue, car, s’ils l’avaient connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de la gloire.

Mais, comme il est écrit, ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, Dieu l’a préparé pour ceux qui l’aiment. Or, c’est à nous que Dieu l’a révélé, par son Esprit, car l’Esprit examine tout, même les profondeurs de Dieu. En effet, qui parmi les hommes connaît les pensées de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui? De même, personne ne peut connaître les pensées de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu.1 Corinthiens 2.6-10

→ Le cœur prend une autre direction

Mais voici comment parle la justice qui relève de la foi : Ne dis pas en ton cœur : Qui montera au ciel ? –– c’est–à–dire : pour en faire descendre le Christ –– ou : Qui descendra dans l’abîme ? –– c’est–à–dire : pour faire remonter le Christ d’entre les morts.

Que dit–elle donc ? La Parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur –– c’est là la parole de la foi, que nous proclamons. En effet, si, avec ta bouche, tu reconnais en Jésus le Seigneur, et si, avec ton cœur, tu crois que Dieu l’a réveillé d’entre les morts, tu seras sauvé.Romains 10.6-9

Croire que Dieu a ressuscité le Christ, ça reste une folie, un non-sens, un scandale. Ce qui a été transformé dans le cœur de Pierre c’est qu’il a accepté complètement la direction que Jésus donne à sa vie. Une Parole (Dieu vivant) a pris la place de ses paroles (même les plus « sages ») dans son cœur.

Regardez l’association que la Parole opère lorsqu’elle fait irruption dans notre cœur : Reconnaitre Jésus comme son Seigneur – Croire qu’il est ressuscité – Croire que nous ressuscitons avec lui.

→ Nous sommes ressuscités avec lui
Or si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, sachant que le Christ réveillé d’entre les morts ne meurt plus ; la mort n’exerce plus sur lui sa maîtrise. S’il est mort, en effet, c’est pour le péché qu’il est mort, une fois pour toutes ; et s’il vit, il vit pour Dieu.
Ainsi vous–mêmes, estimez–vous morts pour le péché et vivants pour Dieu, en Jésus–Christ.Romains 6.8-10

 → Avec la mort du Christ, nous avons laissé quelque chose dans la bataille: une ancienne vie, pas des choses qu’on faisait, mais ce qu’on était. C’est notre condamnation et notre péché qui sont morts à la croix; Christ les a engloutis.

→ Dans l’histoire de la mort et la résurrection de Christ, nous entendons parler de notre propre mort et de notre propre résurrection (on y était!)

→ la résurrection de Christ, c’est un témoignage pour nous ce matin. La résurrection n’est pas qu’affaire du Christ (un super-héros qui accomplit un acte surnaturel pour nous). C’est plus! Il s’agit de notre propre résurrection que nous célébrons ce matin.


Oui, la résurrection que nous proclamons est une folie. Elle bouscule nos raisonnements et notre manière de voir Dieu au cœur de notre vie. Ne lui résistons pas !

Aujourd’hui, dans votre vie, personnelle mais aussi dans l’église, quand Dieu vous a conduit jusque-là où vous en êtes, qu’est-ce que vous pensez le plus juste ? Faire confiance à Dieu ? Ou faire confiance à ce que vous pensez pouvoir gérer ou pas ?

Regardez ce qui est arrivé à Pierre, avant, après… La résurrection est le signe d’un nouveau départ dans notre vie. Aujourd’hui nous fêtons notre vie nouvelle!

 

Investir une passion

Dimanche des rameaux – on assiste à une véritable liesse populaire lorsque Jésus entre à Jérusalem, soudaine et spontanée. Une telle ferveur qui se fait rare de nos jours et dans nos pays, au point de paraître étrange voire suspicieuse. Pourtant pour Jésus elle va de soi, elle est même essentielle pour saisir le sens du royaume qu’il proclame…

Le royaume des cieux ressemble à un trésor caché dans un champ. L’homme qui l’a trouvé le cache et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède et achète ce champ.

Le royaume des cieux ressemble encore à un marchand qui cherche de belles perles. Lorsqu’il a trouvé une perle de grande valeur, il est allé vendre tout ce qu’il possédait et l’a achetée.Matthieu 13.44-46

 

Si une femme a 10 pièces d’argent et qu’elle en perde une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve?

Lorsqu’elle l’a retrouvée, elle appelle ses amies et ses voisines et dit: ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce que j’avais perdue.’ De même, je vous le dis, il y a de la joie parmi les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent. » Luc 15.8-10

Des situation différentes, des arrière-plan différents, mais regardez comment chacune de ces personnes a été captivée, absorbée, obsédée même par quelque chose qui a bousculé leur existence ! Quel enthousiasme ! Est-ce qu’il vous est déjà arrivé vous laisser emporter de la sorte ?…

Quand on parle de l’existence humaine, on a beau retenir son activité, ses responsabilités, ses échecs, ce qui reste toujours de plus formidable c’est sa capacité à s’émouvoir, à aimer, à vivre une passion


Et dans votre vie, aujourd’hui, êtes-vous capables d’émerveillement ?

Est-ce qu’il existe des choses dans le monde qui vous entoure qui vous rendent sensibles et vous donne envie de vous bouger afin de les vivre pleinement ? Ce trésor caché, cette perle de grand prix, cette pièce d’argent perdue…

La raréfaction de la passion, de la ferveur, c’est peut-être un mal de notre siècle blasé. C’est certainement un signe d’une fin de cycle, que notre monde occidental se prépare à passer à autre chose.
Toutes les générations on connu des élans ou des ferveurs populaire. Peut-être un chant du cygne, où sont passés les rêves de la génération dorée de mai 68 ? Ce sont ces mêmes personnes que j’entends encore et encore gémir sur le monde qui les entoure… la génération Peace&Love a-t-elle seulement oublié d’aimer et de se passionner ?

Ces paroles de Jésus ont été rapportées il y a bien longtemps, mais si nous sommes disciples, elles nous concernent encore aujourd’hui. Elles indiquent un point clé de la vie de foi, d’enfant de Dieu, de la vie tout court!

D’où vient cette passion?

Quelle est sa nature? Sa source? Pourquoi Jésus en parle ?

Quand on parle de passion, on imagine un truc exotique ou alors ce genre de chose qui arrive exceptionnellement dans une vie.
Notre train-train quotidien, notre petite sécurité, nous tuent

Un jour, une femme va voir son pasteur et lui jette, en larmes, une pile de papier sur le bureau. C’était des lettres de nouvelle de missionnaires. Abattue, elle interpelle le pasteur : ” Tous ces gens sont engagés pour Dieu. Ils vivent des vies passionnantes et passionnées à son service. Moi, je suis cours toute la journée du linge aux courses en passant par les trajets pour amener mes enfants à l’école. Le soir, je n’ai souvent même plus la force ou l’envie de passer du temps pour prier [Est-ce que quelqu’un se reconnait ici?] … je n’ai pas cette passion des missionnaires!”
Calmement, le pasteur lui parle de ce jour où à l’église elle avait partagé fièrement comment elle avait fiévreusement chercher un nouveau manteau pour sa fille, un nouveau pour qu’elle soit belle et fière de le porter. Il poursuit : « Tu étais rayonnante d’avoir trouvé un beau manteau pour ta fille, après tant d’efforts!
Est-ce que tu t’es réveillée ce matin là en te disant que tu allais tout faire pour être une bonne mère aujourd’hui ? Ou est-ce que tu t’es plutôt simplement réveillé avec un profond attachement pour ta fille, une affection qui débordait dans ton cœur ?
Tu penses que cet attachement part de toi parce que tu ne sais pas qui tu es, ni d’où tu viens et d’où vient ce qui est dans ton cœur. Cet amour pour ta fille vient du cœur de la Trinité elle-même, du cœur de Dieu. C’est Dieu qui a déversé en toi cette amour et cette passion qu’il a pour ta fille! »

Avant d’être mouliné au prisme de notre péché, la passion qui prend forme dans le cœur humain provient de…

  • La volonté du Père dans notre vie : Découvrir la volonté du Père dans notre vie, c’est partager le regard de Dieu sur notre monde. C’est participer à la passion qu’il a pour notre existence, même la plus personnelle, même dans ce qu’il y a de plus particulier à notre petite existence. La volonté du Père ne se résume pas à une sorte de Grand Design cosmique..
  • La lumière du Saint Esprit dans notre vie : si vous discernez quelque chose qui vous fait sourire, c’est l’Esprit Saint qui vous apprend à aimer comme le Père aime. Ne l’attristez pas par des raisonnements ternes. Observez simplement.
  • La présence du Christ dans notre vie : Le Christ, c’est la passion. Le Christ c’est aussi « je serai avec vous… ». La Bonne Nouvelle c’est que Christ est venu se révéler dans tout ce qui fait notre existence. C’est le message de la Croix.
    La Bonne Nouvelle c’est que cet amour et cette passion de Dieu sont véritablement au cœur de notre vie. C’est le message de la résurrection, de l’ascension, de la pentecôte… malgré notre péché, même si nos raisonnements ou même le monde, sa course folle ou ses souffrances nous disent le contraire !

Dans ces versets, Jésus décrit en fait le Royaume, ce même Royaume qu’il est venu inaugurer et auquel nous proclamons appartenir lorsque nous le reconnaissons comme Seigneur. Nous reconnaissons donc que nous sommes exposés aux premiers rangs à cette passion divine. Quel est l’impact de d’une telle irruption divine dans nos vies aujourd’hui ? Notre foi est-elle animée par cette passion ?

Qu’est-ce que cette passion implique dans ma vie ?
  • Accepter de s’engager

faire confiance : accepter que Dieu ait planté quelque chose dans mon cœur et dans ma vie, et qu’il veuille le développer…

prendre le risque d’investir et de s’investir : parce qu’il part de petites choses souvent, et de nos gestes à nous la plupart du temps (nous sommes les mains et les bras de Dieu)…

  • Apprendre à se laisser transformer

changer notre vision
Des autres : nous apprenons à connaitre mieux les uns les autres en agissant ensemble, en prenant des risques ensemble.
De nous-même : le « moi je » devient secondaire, nous participons à une aventure dans laquelle nous sommes conduit par Dieu.

changer notre façon d’agir : peut-être qu’on a pris des habitudes, des mécanismes de défense la plupart du temps. La vie de foi c’est essayer de nouvelles attitudes pour nous-même mais aussi vis-à-vis des autres…


Si je vous parle de tout ça c’est parce que cette passion c’est le moteur de la vie d’église. Ne vous y trompez pas ! C’est le cœur même de ce qui fait avancer l’église. Ce n’est pas l’institution, la doctrine, son histoire, c’est la passion de chacun de ses membres, leur aptitude à laisser la vision de Dieu pour leur vie et leur monde se développer, les engager et les transformer.

L’intention de Dieu au cœur de nos vies

 

 

En effet, moi, je connais les projets que je forme pour vous, déclare l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance.  Alors vous m’appellerez et vous partirez, vous me prierez et je vous exaucerai. Vous me chercherez et vous me trouverez, parce que vous me chercherez de tout votre cœur.Jérémie 29.11-13

Dieu a un projet pour chacun de nous !

Pour ma part, j’ai connu un début d’année mouvementé et riche en rebondissements… J’ai vécu des moments très forts au fil de 3 funérailles en l’espace de 8 jours! Chacune d’elles était très différente. Mais ce qui résonnait au travers de toutes, c’est la dimension solennelle et irrémédiable de la mort. Et je parle en particulier ici de l’éclairage incomparable qu’elle donnait sur chacune de ses vies qui s’était arrêtée. Comme si l’existence humaine prenait une dimension insoupçonnée. 3 trajectoires très différentes mais ce même sentiment que chacune d’elles était précieuse et unique, et qu’elle portait l’empreinte du Père céleste.

Car, soyons bien clair, chaque vie humaine part de l’intention du Père. C’est cette intention qui nous lance dans la vie et qui nous accompagne au travers de tous les cahots que nous rencontrons.

Refléter l’intention de Dieu dans notre vie

La nouvelle naissance c’est de naitre à cette intention de Dieu, de découvrir que l’humain est fait à l’image de Dieu, c’est-à-dire fait pour refléter son intention, son amour. C’est d’apprendre à reconnaître ce reflet en nous, celui du Christ, donc d’apprendre à découvrir et accepter chaque jour le projet de Dieu pour notre vie, et à progressivement s’ancrer en lui.

Malheureusement on l’oublie… Notre cœur se détourne de cette source, de cette intention du Père. Il s’embrouille. C’est le péché, cette ombre qui plane sur notre cœur, cette maladie spirituelle qui nous ronge et qui nous détourne de notre Père céleste. Paul Young, un auteur de romans chrétiens, l’appelle shadow sickness -la maladie de l’ombre.

Inconsciemment ou consciemment, nous sommes formatés pour chercher à contrôler nous-même notre destiné, comme si tout dépendait de nous, même notre relation avec Dieu et ce qu’il pense de nous. Et tout ça parce que nous sommes convaincus que nous sommes nos propres maîtres au fond…

Mais Dieu se met sur le chemin des humains. Il a commencé il y a bien longtemps avec le peuple d’Israël. Relisez ce qu’il déclare par la bouche du prophète Ésaïe :

Esaïe 55
Vous tous qui avez soif, venez vers l’eau, même celui qui n’a pas d’argent! Venez, achetez et mangez, venez, achetez du vin et du lait sans argent, sans rien payer!

Pourquoi dépensez-vous de l’argent pour ce qui ne nourrit pas? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas?
Ecoutez-moi vraiment et vous mangerez ce qui est bon, vous savourerez des plats succulents. Tendez l’oreille et venez à moi, écoutez donc et vous vivrez! Je conclurai avec vous une alliance éternelle pour vous assurer les grâces promises à David. Je l’ai établi comme un témoin pour les peuples, comme un guide et un chef pour eux.
Tu appelleras des nations que tu ne connais pas, et des nations qui ne te connaissent pas accourront vers toi à cause de l’Eternel, ton Dieu, du Saint d’Israël, parce qu’il te donne sa splendeur.

Recherchez l’Eternel pendant qu’il se laisse trouver! Faites appel à lui tant qu’il est près! Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme injuste ses pensées! Qu’il retourne à l’Eternel: il aura compassion de lui. Qu’il retourne à notre Dieu, car il pardonne abondamment.
En effet, vos pensées ne sont pas mes pensées et mes voies ne sont pas vos voies, déclare l’Eternel. Le ciel est bien plus haut que la terre. De même, mes voies sont bien au-dessus de vos voies, et mes pensées bien au-dessus de vos pensées. La pluie et la neige descendent du ciel et n’y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir fécondée et avoir fait germer ses plantes, sans avoir fourni de la semence au semeur et du pain à celui qui mange. Il en va de même pour ma parole, celle qui sort de ma bouche: elle ne revient pas à moi sans effet, sans avoir fait ce que je désire et rempli la mission que je lui ai confiée.

Oui, vous sortirez dans la joie et vous serez conduits dans la paix. Les montagnes et les collines éclateront en cris de joie devant vous et tous les arbres de la campagne battront des mains.
Au lieu des buissons épineux poussera le cyprès, au lieu de l’ortie poussera le myrte, et cela contribuera à la réputation de l’Eternel, ce sera un signe éternel qui ne disparaîtra jamais.

Plus tard, Dieu vient lui-même en personne. C’est Jésus-Christ. Il décrit la situation par une parabole :

Matthieu 22.2-6
Le royaume des cieux ressemble à un roi qui fit des noces pour son fils.
Il envoya ses serviteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces, mais ils ne voulurent pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs, avec cet ordre: ‘Dites aux invités: J’ai préparé mon festin; mes bœufs et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt, venez aux noces.’
Mais eux, négligeant l’invitation, s’en allèrent l’un à son champ, un autre à ses affaires. Les autres s’emparèrent des serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.

Tout est brillament résumé dans ce proverbe:

Il y a dans le cœur de l’homme beaucoup de projets, mais c’est le plan de l’Eternel qui s’accomplit. Proverbes 19.21
Dieu a des projets

Dieu n’a pas quitté sa création, c’est le péché qui nous empêche de le voir.
Et ne nous croyons pas immunisés. Il y a bien-sûr notre cœur qui se ferme quand il ne comprend pas une tragédie. Mais, pour moi personnellement, l’aveuglement le plus sournois est celui qui se glisse dans la routine de tous ces trucs qu’on doit faire, ces petites obligations du quotidien qu’on apprend à gérer soi-même et qui repoussent Dieu toujours un peu plus loin, en surveillant général distant, qui veille au grain. Comme si Dieu était là, mais pas vraiment là…

Pourtant, accepter la croix, c’est accepter que Dieu vient au plus près de notre situation.
Est-ce qu’il est venu au plus près en se pinçant le nez, juste pour “faire un geste”? Et maintenant qu’il a fait sa part, il attend tranquillement qu’on fasse la nôtre ?
Je ne sais pas pour vous, mais, personnellement, je ne pense pas ça.

Dieu est bien présent. Comment ? Jésus a annoncé qu’il envoyait son Esprit. L’église démarre au moment de l’irruption de cet Esprit. Cet Esprit c’est la présence immédiate et totale de Dieu au cœur de notre vie, et pas seulement là où on le verrait bien. Dieu est là, et il exprime sa volonté. L’apôtre Paul l’a annoncé aux Romains :

Et ne vous conformez pas à ce siècle ; mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite.Romains 12.2

L’intention de Dieu est bel et bien là, au cœur nos vies, bonne, agréable et parfaite. Toutefois, on ne la contrôle pas, on la reçoit… et elle change notre regard, sur notre situation, sur le monde.

Voici une petite méditation que j’ai lu hier. Le « je » c’est Jésus qui s’adresse au lecteur :

Aborde cette journée en te rappelant qui est le chef. Tout en l’organisant, souviens-toi que c’est moi qui orchestre les évènements. Les jours où tout se déroule comme prévu, tu cours le risque de perdre conscience de ma présence souveraine. Le jour où tes plans sont chamboulés, cherche à savoir où je me trouve, car je suis en train d’accomplir quelque chose d’important dans ta vie, quelque chose d’assez différent de ce que tu escomptais.
Nous, nous avons des soucis

Notre vie est une longue course.
De plus en plus aujourd’hui, j’ai l’impression que nos parcours sont comme écrasés sous une multitude de paramètres et de fatalités.
Alors on essaie bien comme on peut d’accueillir le point de vue de Dieu au milieu de tous nos impératifs de début du 21e siècle. Mais comme en plus, on s’appuie sur un livre à propos de gens qui vivaient, au mieux, il y a  2000 ans, ça devient un grand écart périlleux d’essayer de la caser quelque part et de lui faire une place.

Est-ce que vous réalisez que nos soucis sont calqués sur nos raisonnements ? On vient justement de voir Paul mettre en garde les Romains : ne vous conformez pas à ce siècle. Paul n’est pas en train de construire une dualité entre le monde et l’église ici. Ce qu’il met en lumière ici, c’est que notre façon de percevoir la réalité, et donc d’agir, s’appuie inévitablement sur la situation dans laquelle nous vivons, autant les grands courants de ce monde que le contexte plus personnel de notre vie (aion/siècle/moment). Il rappelle aux Romains de ne pas se laisser engloutir par les impératifs du moment, qu’ils soient au niveau de la société ou bien simplement le moment personnel que notre existence traverse.
Nos raisonnements sont façonnés par les préoccupations et les nécessités de ce monde. Ils se construisent par ce que nous lisons, par nos discours aussi, la manière dont on recrache tout ce qu’on ingurgite comme informations. Et ces conditions externes finissent  par se révéler plus bruyantes dans notre perception et par masquer l’intention de Dieu que l’Esprit travaille à révéler dans notre cœur.

Mais de toute façon, soyons honnête, la vie ne correspond malheureusement pas à ce qu’on prévoit ou ce qu’on projette : très souvent, elle nous bouscule. On découvre des déviations inattendues ou des cahots imprévus sur le chemin.
Quelques fois ces surprises nous arrêtent et nous font réfléchir, nous forcent à affiner notre regard sur les choses. Mais le plus souvent, je le reconnais volontiers pour mon cas, ce qui dérange, ce qui contredit mes plans, je le maudis dans mon cœur, ou alors je m’affole. La réponse instinctive c’est de construire des raisonnements encore plus complexes pour retrouver le contrôle, la maîtrise…

Pourtant certaines de ces fois, comme ce que plusieurs ont vécu durant ces funérailles, et pour moi tout au long de cette année 2017, ça ne suffit plus. Il n’y a rien qui sort, nous sommes aveugles, vulnérables, impuissants, le regard vide dans le brouillard.

Mais là où on lâche prise sur notre contrôle, il se passe quelque chose d’inattendu, une voix se fait entendre…

Voici ce que dit l’Eternel qui met en œuvre ces événements, l’Eternel qui leur donne forme en les préparant, celui dont le nom est l’Eternel:

Fais appel à moi et je te répondrai. Je te révélerai des réalités importantes et inaccessibles, des réalités que tu ne connais pas.Jérémie 33.2-3

Reconnecter avec l’intention de Dieu dans notre vie

Le meilleur endroit pour retrouver Dieu c’est là où on l’a abandonné, dans l’endroit de nos défaillances, là où notre foi a commencé à s’effriter, là où on s’est mis petit à petit à se débrouiller tout seul.

Réapprendre à poser dans la prière. Pas forcément pour faire des listings de ce qu’il doit faire ou entendre. Non, plutôt pour l’accueillir dans nos vies… mieux encore : pour être accueilli par lui dans notre existence telle qu’il la voit et telle qu’il l’a souhaité.

Alors ce matin, arrêtez-vous deux minutes. Laissez Dieu vous rattraper dans le flot de vos préoccupations et de vos projets. Prenez le temps de goûter à la présence de Dieu à vos côtés. Apprenez à découvrir comment il place lui-même en vous le vouloir et le faire.
Arrêtez deux minutes de vous comparer à lui, c’est-à-dire à vous faire vous-même le juge de vos actes et de vos décisions.
Et préparez-vous à le retrouver un peu plus tout au long de votre semaine…


Résumé

Nouvelle année, nouvelle perspective

Une nouvelle année, c’est une charnière.

Des souvenirs ?… Des souvenirs agréables, d’autres plus douloureux… Peut-être des personnes ou des aspects de notre vie que nous avons laissée en arrière dans cette année…
Quels que soient vos souvenirs, ils font partie de vous aujourd’hui. Et c’est avec eux que vous faites vos premiers pas dans cette nouvelle année. Ils sont votre maigre équipement pour vous engager et vous guider dans cette année.

Et l’avenir ?…

L’avenir, c’est ce qui vient (à-venir). Est-ce que vous vous êtes déjà projeté sur cette année ? Est-ce que vous en attendez quelque chose de particulier ? De grand ? De médiocre ? Ou alors vous n’y voyez pas grand-chose parce que vous n’arrivez pas à vous projeter ? Peut-être que vous y jetez des regards inquiets parce que vous n’y voyez pas grand-chose ? Peut-être qu’au contraire de rien y voir vous mets plutôt en confiance ?

Il y a beaucoup de mystères qui entourent une nouvelle année au fond. Si on regarde en arrière, aurions-nous pu prévoir tout ce qui s’est passé durant l’année 2017 ?…
Et est-ce qu’on a pu comprendre suffisamment 2017 pour prévoir ce qui va se dérouler en 2018 ?

Notre cœur mal assuré aime les certitudes. Alors on va arrêter de jouer aux ‘madame soleil’. Je vous dirais que pour bien commencer l’année, faisons une pause dans tous les vœux qu’on peut se souhaiter.

Pour regarder devant et partir sur des bases solides, laissons de côté ce que nous souhaiterions et que nous ne maîtrisons pas et revenons sur ce qui est déjà acquis, notre base de départ pratique. Je vous propose de revenir sur quelques affirmations qui vont, à coup sûr, marquer cette année 2018, tout comme elles ont traversées 2017.

Ne pensez plus aux premiers événements, ne cherchez plus à comprendre ce qui est ancien! Je vais faire une chose nouvelle, qui est déjà en germe. Ne la remarquerez-vous pas? Je vais tracer un chemin en plein désert et mettre des fleuves dans les endroits arides.Esaïe 43.18-19
Ainsi, désormais, nous ne percevons plus personne de manière humaine; et si nous avons connu Christ de manière purement humaine, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.2 Corinthiens 5.16-17
Ne le remarquez–vous pas ? Nous sommes des nouvelles créatures

N’avez-vous pas remarqué que Dieu se fait une place jusque dans les plus petits détails de votre vie ? C’est le cœur de l’évangile que nous proclamons !

Nous, nous avons une forte tendance à rester verrouillés dans nos anciennes manières de penser (si !si !). Nous espérons bien connaitre notre environnement, nous cherchons à bien comprendre ce qui est ancien.
Mais le prophète Ésaïe ici ne l’entend pas de cette oreille quand il annonce l’irruption de Dieu dans la vie de son peuple.
Ce n’est pas facile de laisser de côté notre jugement sur les choses ou sur les gens, de changer notre focale pour voir apparaître un chemin dans les déserts de notre vie.

N’avez-vous pas remarqué qui vous êtes en Christ ? Est-ce que cette vision n’a pas modifié votre manière d’agir et votre manière de percevoir votre vie et le monde dans lequel vous vivez ?

Nous ne percevons plus personne de manière humaine, c’est-à-dire que nous apprenons à regarder par la foi, c’est-à-dire avec un nouvel angle, celui de Dieu, celui que le Christ a portée depuis la nature humaine et celui que son Esprit vient réveiller en nous. 17  Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.

Un véritable changement de perspective !… nos vieilles façons de penser ne règnent plus sans partage. Quelque chose est à l’œuvre en nous :

Et ne vous conformez pas à ce siècle ; mais soyez transformés par le renouvellement de votre entendement, pour que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, bonne et agréable et parfaite.Romains 12.2
Si en effet nous vivons dans la réalité humaine, nous ne combattons pas de façon purement humaine. En effet, les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas humaines, mais elles sont puissantes, grâce à Dieu, pour renverser des forteresses. Nous renversons les raisonnements et tout obstacle qui s’élève avec orgueil contre la connaissance de Dieu, et nous faisons toute pensée prisonnière pour qu’elle obéisse à Christ.2 Corinthiens 10.3-5

Notre manière de percevoir et de comprendre la réalité commence dans notre tête. C’est donc là tout naturellement que la nouveauté inaugurée par Christ commence.

Et tout commence dans la prière. La prière, c’est là où notre réalité vient à sa rencontre…

Le pouvoir de la prière pour changer notre façon de voir.

Je ne vais pas m’étendre et je préfère laisser de la place pour la mise en pratique concrète. Mais avant, j’aimerais vous rappeler que la prière est une puissance de Dieu pour transformer nos cœurs. Parce que prier ce n’est pas faire une liste de doléance à Dieu ou prononcer des incantations magiques sur nos problèmes :

  • prier c’est affirmer que Dieu s’incarne personnellement dans chacun des aléas de notre vie
  • c’est accepter qu’il va bouleverser notre entendement (Ro 12.2), notre façon de percevoir les choses de ce monde.
  • c’est apprendre à s’associer à Dieu pour avancer (2 Co 10.5) dans notre vie.

Aimez vos ennemis

Luc 6.20-28
Alors Jésus leva les yeux sur ses disciples et dit:

« Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous!
Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés!
Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous rirez!
Heureux serez-vous lorsque les hommes vous détesteront, lorsqu’ils vous chasseront, vous insulteront et vous rejetteront comme des êtres infâmes à cause du Fils de l’homme!
Réjouissez-vous, ce jour-là, et sautez de joie, parce que votre récompense sera grande dans le ciel. En effet, c’est de la même manière que leurs ancêtres traitaient les prophètes.

Mais malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation!
Malheur à vous qui êtes comblés maintenant, car vous aurez faim! Malheur à vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et dans les larmes!
Malheur lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car c’est de la même manière que leurs ancêtres traitaient les prétendus prophètes!

Mais je vous dis, à vous qui m’écoutez: Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous détestent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent.

Un texte qui semble taillé sur mesure pour l’église persécutée. Ce que ces églises vivent ne semble donc pas une anomalie aux yeux de Jésus. En fait, ce texte est tiré du sermon sur la montagne. Il s’agit carrément d’un enseignement central de Jésus-Christ. Un point crucial et inévitable pour celui qui souhaite s’attacher à lui.

Quand vulnérabilité devient faiblesse

Les églises dont Joseph  a parlé [NDLR: cette prédication s’insère dans un culte sur l’église persécuté, en collaboration avec Portes Ouvertes] font face à des ennemis bien concrets, qui portent des matraques ou pire des fusils. Ils traquent les chrétiens comme du gibier. La foi de ces chrétiens fait d’eux des cibles. Elle les expose, elle les rend vulnérables. C’est d’ailleurs à ça qu’on reconnait un ennemi : c’est celui qui vous fait ressentir votre vulnérabilité comme une faiblesse.

Jésus appelle pourtant à tenir ferme face à cette adversité. Il parle même de bonheur et de joie pour celui qui . D’où viennent ce bonheur et cette joie ? De la réponse qu’on donne à cette adversité : « aimez vos ennemis », « faites-leur du bien », « bénissez-les, « priez pour eux » !

“Ma puissance s’accomplit dans la faiblesse”
(2 Corinthiens 12.9)

Et le résultat est souvent impressionnant chez ces chrétiens persécutés. On serait tenter de les penser dans une plus grande faiblesse que nous face à de tels ennemis, pourtant dans les églises persécutées la ferveur et l’engagement sont souvent remarquables, et, croyez-moi, il en faut pour continuer à se réunir. De façon très surprenante, la joie est souvent particulièrement bouillonnante. Les “Heureux” et “Réjouissez-vous” annoncés par Jésus ne sont pas des ordre mais le constat  de leur situation réelle. Comme si d’être confronté directement à cet enseignement de Jésus les rapprochaient de sa vie, de son œuvre, de son royaume.

Et pour nous ? Le problème c’est que la barre semble tellement haute qu’on se laisse absorber par d’autres « priorités » de la vie du chrétien. Aime tes ennemis c’est beau sur le papier. Mais dans le concret, soyons honnête c’est juste pas possible…

Lorsque nous entendons ces témoignages d’églises persécutés, ne passons pas à côté de la passion de l’évangile qu’elle incarne. Notre foi s’ankylose, notre témoignage perd de sa puissance… nous sommes ces riches!
Ecoutez plutôt ce chant. Il n’a pas été écrit par des chrétiens (il me semble). Mais je crois qu’il cerne bien notre situation.

La Peste
L’autre devient gênant.

La peste est revenue chez nous… on se barricade, on fuit son prochain, peut-être même que l’enfer doit être bien si loin de tous ce gens. Mais quelle est donc cette Peste qui sévit parmi nous ? Cette Peste c’est le péché qui nous ronge tous. C’est lui qui rend l’autre si désagréable à nos yeux. Son péché irrite lorsqu’il se frotte au nôtre.

Jésus est bien conscient de la situation. Et il ne la prend pas à la légère. D’après le texte qu’on vient de lire, il semble que ce problème, cette peste, soit l’enjeu majeur du royaume qu’il prêche. Il analyse, il met au jour ce qui permettra à l’humain d’entrer pleinement dans ce qu’il est venu inaugurer. Il nous offre la description très claire de situations auxquelles nous sommes tous confrontés.

La consultation du médecin

Et on prend en pleine figure. Derrière ces « heureux », rien de très enthousiasmant. Le péché nous rend ces situations détestables.
Et ce « aime tes ennemis », pour conclure… que dire ?… C’est un peu comme un désinfectant qu’on verse directement sur une plaie ouverte.

Je vous propose d’en remettre une rasade… chez Matthieu cette fois, le fameux sermon sur la montagne :

Matthieu 5.38-48
Vous avez appris qu’il a été dit: Œil pour œil et dent pour dent. Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut te faire un procès et prendre ta chemise, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un kilomètre, fais-en deux avec lui.
Donne à celui qui t’adresse une demande et ne te détourne pas de celui qui veut te faire un emprunt.

Vous avez appris qu’il a été dit: ‘Tu aimeras ton prochain et tu détesteras ton ennemi.’  Mais moi je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous détestent et priez pour ceux qui vous maltraitent et| qui vous persécutent, afin d’être les fils de votre Père céleste. En effet, il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les collecteurs d’impôts n’agissent-ils pas de même?
Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? Les membres des autres peuples n’agissent-ils pas de même?
Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait.

C’est bien une peste, comme dans la chanson, qui fait des ravages dans notre monde : les autres, ceux qui ne pensent pas comme nous, qui ne sont pas comme nous, dérangent au point de devenir ennemis. C’est plus facile avec ceux qu’on connaît… (et encore!)

Comment vivons-nous cette peste sociale, cette peste relationnelle ? Est-ce qu’on la sent encore ? Est-ce qu’on cache (de honte?) les premiers symptômes ?

On aime, mais pas n’importe qui ou n’importe comment!

Jésus, en bon médecin, met en lumière nos raccourcis faciles: « aime ton prochain comme toi-même » amène trop facilement à faire un tri.

Mais Jésus propose une prescription pour cette peste…

La prescription

Jésus a ajouté « aime tes ennemis » à « aime ton prochain comme toi-même », comme pour nous engager plus loin.

Par définition, les ennemis c’est justement ce qu’on n’aime pas…

Et ce n’est pas « tolère tes ennemis » ou « essaie de coexister avec eux ». C’est juste « aime tes ennemis » !…

Jésus est lucide, ce qu’il souhaite c’est transformer efficacement nos cœurs, les délivrer de la gangue du péché, celui-là même qui nous empêche de nous réconcilier. Et toute notre vie s’enlise dans cette gangue…

Ce n’est pas un plan B pour Jésus. C’est l’enjeu même du jugement dont il est venu délivrer. Lisons Matthieu 25.31-46

Matthieu 25.31-46
Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous les saints anges, il s’assiéra sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui. Il séparera les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs; il mettra les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche.

Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: ‘Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la création du monde! En effet, j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire; j’étais étranger et vous m’avez accueilli; j’étais nu et vous m’avez habillé; j’étais malade et vous m’avez rendu visite; j’étais en prison et vous êtes venus vers moi.’
Les justes lui répondront: ‘Seigneur, quand t’avons-nous vu affamé et t’avons-nous donné à manger, ou assoiffé et t’avons-nous donné à boire?
Quand t’avons-nous vu étranger et t’avons-nous accueilli, ou nu et t’avons-nous habillé? Quand t’avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous allés vers toi?’ Et le roi leur répondra: ‘Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait cela à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.’

Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: ‘Eloignez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges! En effet, j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire; j’étais étranger et vous ne m’avez pas accueilli; j’étais nu et vous ne m’avez pas habillé; j’étais malade et en prison et vous ne m’avez pas rendu visite.’
Ils répondront aussi: ‘Seigneur, quand t’avons-nous vu affamé, ou assoiffé, ou étranger, ou nu, ou malade ou en prison et ne t’avons-nous pas servi?’ Et il leur répondra: ‘Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n’avez pas fait cela à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’
Et ils iront à la peine éternelle, tandis que les justes iront à la vie éternelle. »

Ces ennemis, il s’agit justement de ceux qu’on avait oublié d’aimer, qu’on ne sait plus comment aimer.

Et ça commence d’abord par ouvrir nos yeux alors que la peste nous aveugle sur le mal de notre cœur. Ces autres, sortis de nulle part, ceux que la Peste avait jeté loin de nous et qui reviennent vers nous comme une déferlante salutaire, ceux que Dieu utilise pour me faire grandir.


Pour conclure, je vous dis simplement que l’évangile est le même pour tous. Si les églises persécutées sont spirituellement vivantes c’est qu’elles sont amenées, malgré elles, à consacrer une attention et une énergie très conséquentes au cœur de l’évangile que Jésus-Christ est venu proclamer. Elles osent la réconciliation de Dieu qui libère vraiment. C’est la Bonne Nouvelle pour eux, c’est la Bonne Nouvelle pour nous aussi!

Aimer son prochain comme soi-même peut rester un beau programme suintant de bons sentiments, une bonne idée pour éviter d’aimer de près. Mais Jésus rend cette idée difficile à appliquer alors que nous n’avons justement plus confiance en notre prochain qui est près, quand il est devant notre porte ou dans le quartier d’à côté. Cette peur en a même fait un ennemi potentiel …

Jésus est venu libérer les captifs. Notre cœur est captif, prisonnier de ses certitudes et de ses peurs.

La chanson disait : Aime ton prochain comme toi-même, mais aime-le de loin… Pour Jésus, c’est tout le contraire : aime ton prochain comme toi-même, ne le voit plus comme un ennemi potentiel. Amène-le près de toi, qu’il mange à  ta table, couvre-le s’il a froid, honore-le s’il est humilié. Il déclare même que c’est lui en personne qui se présente et vient frapper à la porte de notre cœur de cette manière !

Nous qui aspirons au retour de Jésus, soyons sensibles à ces paroles de Matthieu 25. Il entre dans notre vie là où on ne l’attend vraiment pas, comme un voleur.
L’appel de Jésus des passage que nous avons lu va manifester une vraie puissance et une guérison dans notre vie. Il va véritablement nous convertir.
Là où nous avons du mal à maîtriser ou comprendre le message de Jésus, apprenons à nous laisser conquérir par lui! Et voyons où il nous mène avec tout ça…

Une foi en action I

J’ai dactylographié la notice historique des tout débuts de notre assemblée rédigée en 1896 par Louis Guibal … Avant de commencer, je voulais vous lire un passage qui m’a frappé, des observations qui pourrait encore faire écho chez nous.

Voici ce qu’elle dit:

Mr Luigi quitta Béziers pour Montpellier en 1896.
La même année, Mr L. Guibal prenait possession du poste. Il le faisait avec l’intention ferme et nettement affirmée de voir de près si l’œuvre était viable et susceptible de développement tant au point de vue ecclésiastique qu’au point de vue de l’évangélisation. Il releva immédiatement deux obstacles à l’avenir de la petite église qui se trouvait réduite à 21 membres: insuffisance de convictions chez les membres, insuffisance de ressources matérielles. Tous les efforts portèrent de ce côté.
Genèse 22:1-13
Après cela, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit: « Abraham! » Celui-ci répondit: « Me voici! » Dieu dit: « Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac. Va-t’en au pays de Morija et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je t’indiquerai. »

Abraham se leva de bon matin, sella son âne et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l’holocauste et partit pour aller à l’endroit que Dieu lui avait indiqué.
Le troisième jour, Abraham leva les yeux et vit l’endroit de loin. Il dit à ses serviteurs: « Restez ici avec l’âne. Le jeune homme et moi, nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. »
Abraham prit le bois pour l’holocauste, le chargea sur son fils Isaac et porta lui-même le feu et le couteau. Ils marchèrent tous les deux ensemble.
Alors Isaac s’adressa à son père Abraham en disant: « Mon père! » Il répondit: « Me voici, mon fils! » Isaac reprit: « Voici le feu et le bois, mais où se trouve l’agneau pour l’holocauste? » Abraham répondit: « Mon fils, Dieu pourvoira lui-même à l’agneau pour l’holocauste. » Et ils continuèrent à marcher tous les deux ensemble.
Lorsqu’ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y construisit un autel et rangea le bois. Il attacha son fils Isaac et le mit sur l’autel par-dessus le bois. Puis Abraham tendit la main et prit le couteau pour égorger son fils. Alors l’ange de l’Eternel l’appela depuis le ciel et dit: « Abraham! Abraham! » Il répondit: « Me voici! » L’ange dit: « Ne porte pas la main sur l’enfant et ne lui fais rien, car je sais maintenant que tu crains Dieu et que tu ne m’as pas refusé ton fils unique. » Abraham leva les yeux et vit |derrière lui| un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

Jacques 2:14-26
Mes frères et sœurs, que sert-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les œuvres? Cette foi peut-elle le sauver?

Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un de vous leur dise: « Partez en paix, mettez-vous au chaud et rassasiez-vous » sans pourvoir à leurs besoins physiques, à quoi cela sert-il?
Il en va de même pour la foi: si elle ne produit pas d’œuvres, elle est morte en elle-même. Mais quelqu’un dira: « Toi, tu as la foi, et moi, j’ai les œuvres. » Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai ma foi.
Tu crois qu’il y a un seul Dieu? Tu fais bien; les démons aussi le croient, et ils tremblent.
Veux-tu reconnaître, homme sans intelligence, que la foi sans les œuvres est morte? Notre ancêtre Abraham n’a-t-il pas été considéré comme juste sur la base de ses actes, lorsqu’il a offert son fils Isaac sur l’autel? Tu vois bien que sa foi agissait avec ses œuvres et que par les œuvres sa foi a été menée à la perfection. Ainsi s’est accompli ce que dit l’Ecriture: Abraham eut confiance en Dieu et cela lui fut compté comme justice. Et il a été appelé ami de Dieu. Vous voyez donc que l’homme est déclaré juste sur la base de ses actes, et pas seulement de la foi.
Rahab la prostituée n’a-t-elle pas, de la même manière, été considérée comme juste sur la base de ses actes, lorsqu’elle a accueilli les messagers et les a fait partir par un autre chemin?

En effet, de même que le corps sans esprit est mort, de même la foi sans les œuvres est morte. 

La foi qu’est ce que c’est?
            Croire en Dieu?

Le verset 19 résonne terriblement… on croise encore des gens dans les rues qui vous annoncent : « oh moi je crois en Dieu » …
→ la foi c’est croire Dieu.

            Croire que Jésus est mort sur la croix?

Je suis enfant de chrétien. J’ai été à l’école du dimanche. J’ai bien appris la Bible. C’est bon?…
→ La foi correspond à un engagement personnel.

            Être convaincu dans son for intérieur que Jésus est mon sauveur personnel?

J’ai bien compris que Jésus est mon sauveur, j’ai donc bien acquis la foi ; mais pour moi il y a comme un fossé entre mon cœur et mes mains…
→ la foi ne peut pas être vécue par procuration. La foi sans les œuvres est morte.

La foi n’est pas une notion théologique (on pourrait le penser devant nos confessions de foi affichées). Ce n’est pas non plus un ressenti émotionnel (on pourrait encore le penser lorsqu’on limite sa foi à quelques épisodes plus intenses de notre vie). La foi c’est plus précisément l’orientation de notre cœur vers Dieu. Et pour exister, la foi, cette orientation du cœur, a besoin d’une confrontation entre notre relation avec Dieu et la réalité dans laquelle nous sommes.


La foi d’Abraham, père des croyants

Un fils plus espéré, qui vient finalement  … Puis c’est un commandement de Dieu qui vient (v1,2)

Abraham à l’action

Abraham obéit ; il conduit son action comme si de rien n’était. Pourtant il ne devait pas en mener lourd…
Puis vient la chute de l’histoire : le père Abraham sautillant pour aller attraper le bélier dans le buisson!
La réponse d’Abraham à l’appel de Dieu l’avait engagé dans un chemin de foi, une foi qui s’est manifestée dans l’action.

Aujourd’hui nous nous pensons très loin de ce qui paraîtrait presque des mythes, vous savez, ces bonnes histoires d’avant c’est bon d’y croire. La foi dans la foi des autres, c’est toujours plus facile.
Quand je cherche à confier un sujet lourd à Dieu, je crains de ne pas dire ce qu’il faut.. ou à quoi bon puisque je ne peux pas infléchir sa volonté. Mais en pensant ça, je me referme, je ne dialogue plus avec Dieu mais avec mon nombril. Du coup ma prière devient hésitante. C’est toute la vie de foi qui chancelle.

Dieu à l’action

Pourtant quelle a été l’attitude de ces témoins avant nous? Ils ont eu confiance que Dieu travaillait dans le même sens qu’eux. Et même s’ils se sont mis en marche dans une direction où ils prenaient des risques énormes, ils ont avancé avec la certitude que Dieu pourvoirait et accomplirait lui-même les bénédictions qu’ils espéraient.

 

A l’égard de notre église aussi nous cherchons à avoir la foi, et nous ne sommes pas les premiers, rappelez-vous le passage du début. Nous prions effectivement pour notre église, nous lui confions ce qui nous préoccupe ou ce qui nous réjouit, mais est-ce que ça s’arrête là ? Jésus explique que la prière ne s’arrête pas à la superformule « amen » (Marc 11.22-24).

L’engagement d’une vie

Souvent nous prions et nous pensons avoir fait notre part du boulot. La prière n’est que le début de la marche par la foi : c’est dire à Dieu qu’on s’engage par rapport à un sujet, pas qu’on s’en débarrasse.

L’engagement d’une relation

Et si Dieu nous avait entendus? Et si ce n’était pas par hasard que ce soit nous qui ayons prié pour ce sujet? Maintenant il nous a entendus. Il nous façonne et nous édifie… jusque dans l’action. C’est pour nous mettre en mouvement. Et c’est ce qu’il a fait avec Abraham, c’est le point de départ de l’alliance, l’union entre Dieu et l’humanité. La foi est un engagement dans une collaboration avec Dieu.

La vie de notre église ici doit être le premier terrain d’expérimentation de cette foi. Ne prions pas dans le vide, œuvrons dans le même sens que nos paroles…
Nous prions pour la croissance numérique de notre église? Regardons maintenant là où Dieu commence à étendre l’impact de notre église auprès des gens qui nous entourent, ouvrons nous déjà, laissons nous surprendre même si ce n’est pas toujours comme on l’attend…
Nous prions pour une situation financière plus stable? Œuvrons dans ce sens déjà avec nos moyens à disposition parce que ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières…

Vu comme ça, le « amen » nous laisse moins à l’aise, puisqu’il inaugure le temps de la mise en œuvre, le début de la réalisation de notre prière.
Nos moyens sont trop faibles ? Mais Dieu ne les connait-il pas? Il attend juste que nous mettions en œuvre notre foi, dans des gestes simples, et il pourvoira aux moyens au fur et à mesure.
Vous trouvez notre situation précaire ? Vous avez vu le risque couru par Abraham? La foi ne se trouve pas dans des tergiversations sur le contexte, et Abraham en a surement eu. Avoir la foi ce n’est pas avancer sûr de soi, cool… ce n’est pas ne pas avoir de problème, mais c’est y faire face, les traverser. Regardez Abraham, sa foi s’en est retrouvée affermie.

La foi hors des œuvres se dessèche; elle meurt. Elle manque de contenu. Mais à l’opposé, une foi vécue dans l’adversité se renforce. Acceptons cette adversité au lieu de la fuir en l’ignorant. En faisant face à ces défis au moyen de la foi, nous ne laissons pas la peur du manque, la peur d’un Dieu absent, nous ronger la vie. Et nous entrons de plein pied dans la vie trépidante et inattendue que Dieu a préparé pour nous.
Dieu commence déjà à agir ! Ne cherchons pas à nous économiser au cas où. Prenons pour modèle le Christ, l’effort que Dieu a fait pour venir s’incarner jusqu’à mourir de cette mort qui nous fait tant peur.
Regardons l’aboutissement aussi: pour que nous trouvions enfin la vie et une relation restaurée avec Lui.

Un rendez-vous pour un nouvel appel

La vie des disciples avec Jésus est faite d’appels. Jusqu’au bout…

Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. Quand ils le virent, ils se prosternèrent |devant lui|, mais quelques-uns eurent des doutes. Jésus s’approcha et leur dit:
« Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et enseignez-leur à mettre en pratique tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Matthieu 28.16-20

Ces dernières paroles de Jésus à ses disciples sont tout sauf anodines, c’est le dernier appel qu’il leur adresse de vive voix. Cette fois, l’appel n’est pas individuel, comme lorsqu’il est venu trouver chacun d’entre eux, il est collectif. Cet appel est considéré (à juste titre!) comme fondateur de la mission de l’Église. C’est un appel important à ruminer encore aujourd’hui parce qu’il nous concerne ensemble, comme groupe, comme assemblée. Je vous propose de voir quel éclairage et quel encouragement il nous laisse pour notre petite assemblée ce matin… Continuer la lecture de Un rendez-vous pour un nouvel appel

Le pécheur, héros de Jésus

Luc 18.10-14
« Deux hommes montèrent au temple pour prier; l’un était un pharisien, l’autre un collecteur d’impôts.

Le pharisien, debout, faisait cette prière en lui-même: ‘O Dieu, je te remercie de ce que je ne suis pas comme les autres hommes, qui sont voleurs, injustes, adultères, ou même comme ce collecteur d’impôts. Je jeûne deux fois par semaine et je donne la dîme de tous mes revenus.’

Le collecteur d’impôts, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant: ‘O Dieu, aie pitié de moi, qui suis un pécheur.’

Je vous le dis, lorsque ce dernier descendit chez lui, il était considéré comme juste, mais pas le pharisien. En effet, toute personne qui s’élève sera abaissée, et celle qui s’abaisse sera élevée. »

Dans cette histoire, c’est le pécheur qui est sous le feu des projecteurs. Si vous faites attention, c’est comme ça dans la plupart des paraboles de Jésus…

Le pécheur, héros des histoires de Jésus

Le pécheur n’est pas présenté comme le méchant, mais comme celui qui a toute l’attention de Jésus, toute son affection. Étrange, non ? Prenez le temps de goûter le truc…

On est assez loin de nos idéaux et de nos fascinations pour les super-héros.

Alors, comme on est bien élevé, on s’habitue à cette logique de Jésus… peut-être trop facilement!
Je ne sais pas pour vous, mais si je trouve cette attention de Jésus touchante dans l’histoire, elle parait beaucoup moins agréable dans ma vie. Comme si Dieu s’accommodait du désespoir, avec son cortège de frustration, de colères, de misère. Parce que derrière tout cela, il y a la mienne de misère. Si elle est recevable pour Dieu, pour moi elle l’est moins. Je me bats d’ailleurs chaque jour pour m’en protéger, pour garder la face… pas vous ?

A la limite, qu’il s’approche de moi tel que je suis, d’accord, mais qu’il change tout ça vite fait ! C’est bien pour ça qu’il est venu non ? Pour me rendre irréprochable ?…

à la recherche de l’homme parfait

Nous pensons avoir une certaine idée de celui que Dieu cherche en nous : quelqu’un d’irréprochable, ou au moins qui a quelques notions de ce qui doit l’être. C’est d’ailleurs notre objectif principal, qu’il nous trouve, d’accord, mais surtout qu’il nous rende irréprochable, infaillible.

Jésus, lui, se focalise plus sur notre état actuel que sur notre hypothétique amélioration. La préoccupation de Jésus est d’abord de retrouver celui qui est perdu. Relisons la parabole de la brebis égarée :

Tous les collecteurs d’impôts et les pécheurs s’approchaient de Jésus pour l’écouter. Mais les pharisiens et les spécialistes de la loi murmuraient, disant: « Cet homme accueille des pécheurs et mange avec eux. »

Alors il leur dit cette parabole:
« Si l’un de vous a 100 brebis et qu’il en perde une, ne laisse-t-il pas les 99 autres dans le désert pour aller à la recherche de celle qui est perdue jusqu’à ce qu’il la retrouve? Lorsqu’il l’a retrouvée, il la met avec joie sur ses épaules et, de retour à la maison, il appelle ses amis et ses voisins et leur dit: ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue.’
De même, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de changer d’attitude.Luc 15.1-7

Et il conclut :

Allez apprendre ce que signifie: Je désire la bonté, et non les sacrifices. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »Matthieu 9.13

Jésus n’est pas venu pour chercher ceux qui connaissent le chemin mais pour trouver ceux qui sont véritablement perdus. Alors que les regards se tournent naturellement vers celui qui est élevé, Jésus attire l’attention sur celui qui est abattu. Ce sont bien des pécheurs qui sont l’objet de toute son attention…


Ce n’est pas vraiment notre manière naturelle de voir les choses, non ? Et pour accepter son regard, nous devons accepter de le laisser transformer le nôtre.

Changement de regard
vers un ordre idéal

Mais il y a du boulot. Des siècles de formatage culturel ont fait de nous des psychotiques de l’irréprochabilité, des obsédés du paraître-bien. La pensée occidentale impose à l’humain une vision hautement morale et idéalisée où la transgression, le désordre ou la défaillance sont devenus le mal insoutenable, inacceptable, ultime. Ici, sachez-le, notre occident notoirement chrétien est d’abord surtout bel et bien enraciné dans la vision gréco-romaine, ce bouillon qui l’a vu naître.
Pour rappel historique, l’emblème de l’empire romain était l’ordre, et celui de la pensée grecque était l’idéal. De là, il n’y a eu qu’un pas pour faire du christianisme un simple chemin vers l’ordre idéal, un monde où tout est bien à sa place, irréprochable, sans faille.

Le pécheur, lui, n’y représente pas vraiment celui qui s’approche du divin. Au contraire, celui qui transgresse l’ordre est aux antipodes du divin, celui qui s’en éloigne, voire carrément son ennemi. L’idéal divin le fuit comme son ennemi juré…
Pourtant, ça ne correspond étonnamment pas avec les faits et gestes du Dieu de la Bible (ancien comme nouveau testament). Et l’évangile  de Jésus-Christ cadre encore moins avec cette mixture, aussi évidente qu’elle paraisse à nos regards occidentaux. Regardez, Jésus lui-même a été jugé pour toute une liste de transgressions aux yeux de l’ordre ou de l’idéal de ses accusateurs, les prêtres et l’empire romain. Et c’est justement en se confrontant à ce qui figeait le regard de ses accusateurs, que celui qui a été jugé est devenu le rédempteur du monde.


Choquant pour notre ego blessé

Le regard de Jésus attire notre attention sur ce qu’on cherche justement à enfouir : cette transgression insoutenable pour notre ego.

Dévoiler notre cœur malade

Jésus n’est pas venu pour débattre de nos critères d’irréprochabilité ni pour nous y conforter. Il est plutôt venu pour dévoiler ce que nous cachons derrière nos raisonnements, nos jugements, nos critères moraux : notre cœur malade, notre âme perdu, errante dans ce monde.

l’obsession de s’en sortir 

Christ n’est pas là pour glorifier notre égo, oh non avec lui, c’est fini ça ! Il est plutôt venu pour nous libérer des pièges dans lesquels il nous coince, pour nous délivrer de l’orgueil de toujours vouloir régler nos problèmes, et de notre obsession maladive à vouloir nous en sortir par nous-même.
Et nous en sortir de quoi d’ailleurs ? La question elle-même justement est malade. Elle est nourrie par le rejet qui ronge notre cœur et que tout ce qui est transgressif dans notre vie vient nous rappeler douloureusement. Accepter ses limites, ses échecs, son péché, c’est commencer à guérir de cette obsession destructrice.


Ce regard inattendu de Jésus sur le pécheur est un véritable électrochoc pour notre vie. Notre égo est bouleversé parce qu’il ne s’attendait pas à être bousculé dans sa petite tambouille par une telle irruption. Il ne sait pas quelle place lui donner.
En rentrant dans le monde, Jésus n’est pas venu pour nous donner un nouvel objectif, un nouvel idéal. C’est sa présence même l’objectif.
En rentrant, dans notre monde il a bousculé notre petit équilibre comme quelqu’un qui monte dans notre barque. Il est monté à bord pour montrer quelque chose de vraiment nouveau pour la mécanique de notre cœur malade : que Dieu a une place essentielle au cœur même de l’existence humaine. 

Changement de centre de gravité

Le but du Christ et de la croix n’est pas de nous débarrasser de nos transgressions mais de nous en décharger en tournant nos regards vers Dieu, en nous ramenant vers le Père. C’est bien ce qu’il n’a eu de cesse de rappeler…

En s’incarnant, Dieu ne remet pas en question les valeurs auxquelles nos cœurs sont sensibles, bien au contraire. Il les aime, certainement parce que c’est lui-même qui les y a placé. Mais il est très difficile pour nous  de nous détourner nos regards de ce qui contredit ces aspirations de notre cœur, d’admettre que quelqu’un nous conduit vers elle, que nous n’avançons pas seul !
C’est là que se situe l’écueil auquel les pharisiens et nous-même, encore, sommes confrontés. Ce bouleversement que Jésus est venu inaugurer. C’est un changement complet du centre de gravité de notre existence. Notre existence n’est plus centrée sur nous mais sur Dieu, sur ce qu’il est et fait en nous.
C’est ce que Dieu est venu proclamer en prenant pied dans notre monde.

Un révolution copernicienne !

Ne vous y trompez pas, c’est une véritable révolution copernicienne – lorsque la science a commencé à réaliser que peut-être ce n’était pas le soleil qui tourne autour de la terre mais l’inverse…
peut-être que, finalement, c’est lui le soleil de notre existence…
peut-être que tout ce que nous vivons ne tourne pas autour de nos raisonnements, de ce que nous sommes, de ce que nous en faisons ou pas, mais autour de ce que lui est et fait pour nous, en nous, au travers de nous, chaque jour!
Et ça, nos raisonnements ont un mal fou à l’intégrer, non ?

Alors, quand nous sommes si souvent aspirés dans la course de nos idéaux, de nos aspirations, de ce que nous jugeons juste et véritable, peut-être que nous passons à côté de la réalité, nous nous racontons des histoires un peu vaines.
Et quand finalement nous tombons dans l’impasse ou la transgression que nous redoutons tant, ou lorsque nous constatons les failles de notre existence, peut-être que nous sommes à un pas de réaliser que nous sommes comme ce publicain…


Qu’est-ce qu’un héros dans les yeux de Jésus ?
Pas celui qui se fait valoir par lui-même, mais celui qui a de la valeur aux yeux du maître.
Sommes-nous attirés par la foi chrétienne parce que nous courons pour assouvir notre besoin de valoriser notre vie ?
Si notre vie spirituelle se résume souvent à une course complexe et harassante, c’est peut-être parce que nous regardons dans la mauvaise direction, vers notre ego meurtri. Nous oublions de garder nos yeux fixés sur Christ, sur la croix, ce qu’elle éclaire dans notre vie, cette croix qui porte justement les stigmates de notre péché, de notre incapacité, qui nous apprend à les accepter. Il donne un tout autre éclairage sur notre vie de pécheur.

Apprenons à accepter le Christ dans notre vie, celui qui vient partager, porter même, nos meurtrissures, aujourd’hui.
Apprenons à être acceptés par lui.
Apprenons à accepter que notre vie n’est finalement pas seulement affaire de nos perspectives et nos attentes mais aussi d’être avec lui.
Découvrons comment « vivre » : bien mener sa barque, c’est d’abord de ne pas être seul.
Au lieu de nous permettre d’atteindre nos idéaux, le Salut, d’abord, nous apprend à être aimé, reçus acceptés tels que nous sommes aujourd’hui.

Tout cela, c’est, en tous cas, l’essentiel de ce que Paul aura retenu de l’évangile :

Cette parole est certaine et digne d’être acceptée sans réserve: Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs. Je suis moi-même le premier d’entre eux.1 Timothée 1. 15