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Le Pardon : les racines d’amertume

Introduction :

10 avril 98 : traité de paix Irlande N/S… et aujourd’hui avec Brexit?

Oui mais attention, paix, reprise des relations, ne veut pas dire “pardon”. D’ailleurs dans certains quartiers on construit des murs de protection.

Les Libanais entre eux ?   Liban –Israël ? Serbes – Kosovars – Croates  ?

8 mai 45 : armistice, opposants d’hier assis à la même table, et qui pendant 60 ans vont reconstruire relations. Mais le pardon exprimé, le vrai pardon de ceux qui reconnaissent qu’ils n’ont pas été que des victimes, mais qu’ils ont leur part de responsabilité, ce pardon exprimé publiquement, il aura fallu attendre ces dernières années pour qu’il soit officiellement annoncé. 50 ans pour que les Français par ex. puissent dire au peuple juif: nous vous demandons pardon pour notre responsabilité dans vos terribles épreuves.

Facile le pardon ? L’Histoire nous démontre le contraire.

Et le Seigneur Jésus-Christ, lorsqu’il s’adresse à ses disciples dans le sermon sur la montagne, en rajoute encore :

Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains n’agissent-ils pas de même? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? Les païens n’agissent-ils pas de même?.Matt 5 :46

et

Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent..Matt 5 :44

Et comme le Seigneur est un excellent pédagogue, il ne se contente pas d’énoncer un grand principe, et débrouille-toi avec, non, il passe à la mise en pratique, et donne 2 consignes très simples pour sortir d’un conflit, quelque il soit.

Lisons

Et lorsque vous êtes debout pour prier, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez-lui afin que votre Père céleste vous pardonne aussi vos fautes.Marc 11 :25

Lisons aussi 

Son maître lui dit: ‘C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup. Viens partager la joie de ton maître.’ 24 Celui qui n’avait reçu qu’un sac d’argent s’approcha ensuite et dit: ‘Seigneur, je savais que tu es un homme dur: tu moissonnes où tu n’as pas semé et tu récoltes où tu n’as pas planté.Matt. 5 :23,24

Mais Seigneur, c’est pas possible, les traducteurs ont du se tromper, dans ces 2 passages il y a tout et son contraire, les situations et les responsabilités sont inverses dans le 2ème texte par rapport au 1er , et dans les 2 cas la consigne est la même “toi va !”

Si moi j’ai quelque chose contre mon frère, que je doive faire le 1er pas, soit. Mais quand c’est lui, je suis quand même pas responsable ! Et bien si.

Essayons de comprendre ce que le Seigneur veut nous expliquer :

Imaginons, une incompréhension, une blessure, bref un conflit…

Le problème, c’est que désormais B est convaincu que la seule façon de sortir du conflit, c’est que A réalise qu’il l’a agressé et qu’il vienne demander pardon. B s’enferme donc dans son rôle de victime, convaincu qu’il ne possède aucune clé pour sortir du conflit, que seul A l’agresseur détient la solution.

B a une vue bien étriqué et déresponsabilisante de la situation, Car un conflit ce n’est jamais un schéma aussi simple, mais il y a toujours au minimum une 2ème partie.

Avec le temps qui passe, 2 cas de figures

  1. Rien, aucune réaction de B. B est un être hyper-spirituel. Bravo. Je pense que des êtres d’une telle sanctification, il en existe quelques uns, quelque part… au ciel.
    Que l’on ne veuille pas réagir, oui d’accord, que l’on essaie de ne pas réagir, oui, mais si même un grand homme comme l’apôtre Paul constate : “je ne fais pas ce que je voudrais, mais je fais ce que je ne veux pas”, alors je crois que celui ou celle parmi nous qui affirmerait ne pas réagir dans un conflit, peut s’entendre dire : mon frère, ma sœur, je crois que tu te surestimes beaucoup.
Que nul ne s’abuse lui-même; si quelqu’un parmi vous pense être sage, qu’il devienne fou afin de devenir sage.1 Cor 3 :18
  1. 2ème solution : B “fait le poing dans sa poche”, rumine, rumine, etc… ou pour utiliser une image biblique… “les racines d’amertume poussant des rejetons…”Peut-être B va réagir, humainement, et même peut tenter d’entrer en relation avec A. Mais dans un tel état, avec de telles racines, que la rencontre ne peut être que catastrophique.On va ainsi entrer dans un 2ème conflit.Et comme A est un bon chrétien spirituel, mais faut pas exagérer quand même… on repart pour un tour…C’est ce qu’on appelle un cercle vicieux.

Comment le briser ?

Veillez à ce que personne ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés”.Hébreux 12:15
Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous.Ephésiens 4:31

C’est là le moment le plus difficile du conflit, quand la Parole de Dieu dit à B : tu veux briser le cercle ? quitte ta position “confortable spirituellement parlant” de victime, et ouvre les yeux sur ce que tu es vraiment, B : blessé, certes, mais aussi un pécheur responsable de son péché, péché sous-terrain, qui s’appelle : amertume, susceptibilité, blessure envers A.

Moment difficile parce que de tout son être B se rebelle à l’idée de ne plus être une victime, mais moment extrêmement encourageant car l’infinie sagesse de Dieu est en train de dire à B : bonne nouvelle, toi B tu détiens au moins 3 clés pour sortir du conflit ! C’est toi et personne d’autre qui détient les possibilités d’être libéré de ce conflit.

Sur A, tu n’as aucune possibilité d’action.

Mais sur le cercle, tu as les clés.

  • 1ère clé : D’abord dire à Dieu : je confesse mon péché, mes racines, mes rejetons… “Dieu, je confesse que mon attitude vis-à-vis de A s’appelle péché, et je t’en demande pardon”.B libéré de son péché peut désormais réfléchir au conflit initial, mais sans remettre ses lunettes de victime.Car tant que B regarde A avec ses lunettes de victime, il ne peut analyser la situation car il lui manque des éléments.

Comment savoir pourquoi A l’avait agressé ?

  • volontaire pour blesser ?
  • volontaire pour dire “4 vérités” ?
  • volontaire par amour ? (prov. version Kuen)
Celui qui critique en toute franchise, travaille pour la paix.Prov.10 :10
Mieux vaut reprendre ouvertement quelqu’un que de lui laisser croire qu’on ne l’aime pas.Prov.27 :5
  • involontaire, ne s’en est pas aperçu ?
  • a oublié ?
  • déjà demandé pardon à Dieu., et pense donc que c’est réglé ?
    J’ai constaté que beaucoup dans l’Église pensent comme çà. Pour eux saluer à nouveau quelqu’un veut dire “pour moi c’est réglé”, mais comme le pardon n’est pas verbalisé, pour l’autre çà passe pour de l’hypocrisie, et on redémarre pour un tour supplémentaire de conflit.

    Le pardon selon la Bible est un acte juridique, qui relève de la Parole, et qui veut qu’on se trouve face à l’autre pour dire “je te demande pardon, ou je te pardonne”.

    Mais vous voyez bien que B n’a pas tous les éléments en main pour porter un jugement de valeur.

  • 2ème clé : B libéré de son péché peut désormais réfléchir au conflit initial, avec des lunettes ajustées, en homme libre. Il peut alors dire à Dieu : “je décide de pardonner à A”
  • 3ème clé : Il faut (et il suffit) de dire : “A, pardonne-moi d’avoir péché contre toi”.

Pas : “A, pardonne-moi d’avoir à mon tour péché contre toi… après que tu m’ai violemment agressé ou blessé le jour où…” non, non,
sinon B ré-enfile sa peau de victime et réaffirme à A que c’est lui le responsable.

Non simplement : “A, pardonne-moi d’avoir péché contre toi, POINT !”

Ce faisant, B est sorti du conflit, il le vide de son contenu, laissant A face à sa conscience et à son Dieu.

C’est ici qu’intervient le facteur TEMPS

Heureusement Eccl 3:7-8 nous dit:

  • Il y a un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ;
  • un temps pour se taire, et un temps pour parler ;
  • un temps pour aimer, et un temps pour haïr ;

Le Dieu qui m’a créé, qui a créé mon psychisme, sait parfaitement que j’ai besoin de temps, et que c’est normal. Ouf, rassurant, non?

Donc, quand le temps est venu, en pardonnant, B sort du conflit, il le vide de son contenu, laissant A face à sa conscience et à son Dieu.

Comment cela peut-il se faire ?

Lisons

Que chacun examine ses propres œuvres, et alors il aura de quoi être fier par rapport à lui seul, et non par comparaison avec un autre, car chacun portera sa propre responsabilité. Galates 6 :4-5

et 

Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger, s’il a soif, donne-lui à boire, car en agissant ainsi, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête. Romains 12 :20

Qu’est-ce que c’est que cette histoire de charbons ardents ?

On pense tout de suite “çà veut dire que B en se libérant fait peser un jugement sur A” et effectivement le Psaume 11 :6 présente les charbons ardents comme le jugement de Dieu : ” Il fait pleuvoir sur les méchants Des charbons, du feu et du soufre, Un vent brûlant, c’est le calice qu’ils ont en partage.”

Mais 2 Samuel 22 :9 nous dit que les charbons ardents, c’est “ce qui sort de la bouche de Dieu”.

Mais c’est surtout Esaïe 6 :6-7 qui est instructif

Lisons

  1. Se trouvant face à face avec Dieu, Esaïe quitte la place qu’il pourrait avoir de pauvre petit prophète incompris et malmené, victime de l’incompréhension du peuple. Esaïe prend sa vraie place, celle de pécheur conscient de son péché “malheur à moi, je suis un homme dont les lèvres sont impures”. (idem B)
  2. Les charbons ardents sont alors pour lui le moyen d’être purifié. Esaïe 6 :6-7

Donc B en sortant du conflit, va mettre sur la tête de A, des charbons ardents, c’est-à-dire la lumière de la Parole de Dieu, ce qui sort de la bouche de Dieu. Cette lumière qui contrastant avec l’ombre va mettre en relief le péché de A, lumière qui va faire prendre conscience à A du choix que la Parole de Dieu lui offre : jugement ou purification.

Donc non seulement B sort du conflit en utilisant ses 3 clés

  • demander pardon à Dieu et à A pour ses propres péchés d’amertume et autres;
  • devant Dieu et devant A, pardonner à A

Mais en plus, et surtout sans le lui dire explicitement, mais par son attitude, il place A devant la possibilité d’être également libéré.

Dernière question : Pourquoi puis-je dans tous les cas demander pardon, puis pardonner ? La barre n’est-elle pas trop haute ? Tu te rends compte de ce que tu demandes ?

Esaïe nous a montré le début de la piste, Christ nous en rappelle le pourquoi : Lisons

Lisons Matthieu 18 : 21 à 35 (Cliquer ici)
Alors Pierre s’approcha de Jésus et lui dit: «Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi? Est-ce que ce sera jusqu’à 7 fois?»
Jésus lui dit: «Je ne te dis pas jusqu’à 7 fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois.
»C’est pourquoi, le royaume des cieux ressemble à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Quand il se mit à l’œuvre, on lui en amena un qui devait 10’000 sacs d’argent. Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna de le vendre, lui, sa femme, ses enfants et tout ce qu’il avait, afin d’être remboursé de cette dette. Le serviteur se jeta par terre et se prosterna devant lui en disant: ‘[Seigneur,] prends patience envers moi et je te paierai tout.’ Rempli de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit la dette. Une fois sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait 100 pièces d’argent. Il l’attrapa à la gorge et se mit à l’étrangler en disant: ‘Paie ce que tu me dois.’ Son compagnon tomba [à ses pieds] en le suppliant: ‘Prends patience envers moi et je te paierai. Mais l’autre ne voulut pas et alla le faire jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait payé ce qu’il devait. A la vue de ce qui était arrivé, ses compagnons furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors le maître fit appeler ce serviteur et lui dit: ‘Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette parce que tu m’en avais supplié. Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme j’ai eu pitié de toi?’ Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il ait payé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur.» 

Personne ne dit à B que sa blessure n’est pas grave, ni qu’elle est minime, 100 deniers = 3 mois de salaire, c’est important. (pour un conflit de divorce, on pourrait dire = 10 ans de vie gâchée par ex. c’est pas rien)

Il y a certains contentieux dans nos vies qui ne sont pas négligeables.

On ne peut pas les traiter comme s’ils n’existaient pas.

Que mon frère m’ait offensé,

Que mon collègue m’ait fait une terrible crasse, cela peut arriver, et je ne peux pas purement et simplement fermer les yeux.

On pourrait citer beaucoup d’autres exemples, femmes battues, enfants martyrs, et même si tu es jeunes, à l’école : les autres se moquent de toi, t’ont peut-être volé quelque chose, ou frappé .

Le mal qu’on a pu nous faire est bien réel, on ne peut pas sûrement et simplement fermer les yeux.

Il n’est pas question ici de mettre en doute la réalité, ni le montant de la dette que A a vis à vis de B (100 jours de salaire).

Mais la dette de B devant son roi, devant Jésus-Christ son Seigneur est sans commune mesure : 10 mille talents = 60 millions de deniers = 60 millions de jours de salaire.

Le rapport des 2 dettes est de 1 / 600 mille !

Bien sûr c’est une hyperbole, Jésus aurait pu tout aussi bien dire 300 mille ou 4 millions.

Pour nous donner une idée, je propose un exemple plus facile à illustrer, non plus en prix mais en distance.

A et B sont côte à côte.

Un jour B considère que A l’a blessé. Il met donc une distance avec lui (10m par ex.)

Considérons cette distance comme l’unité de base.

Si le chemin qui me sépare de mon agresseur A est grand comme çà,
le chemin qui séparait Dieu de moi est, non pas comme çà (100 mille fois plus long),
mais comme çà = 600 mille fois plus loin., en gros celle d’un satellite jusqu’ici.

Et pourtant Dieu en J-C a parcouru pour me rejoindre B.

Peux-tu faire la distance qui reste pour rejoindre A? me demande Jésus.

Sinon, t’aurais pas un problème?

Devant cette dette extraordinaire qui nous a été remise, n’avons-nous pas la force d’imiter notre divin modèle, et à notre tour de pardonner.

Relire Ga16 :3-5

Si quelqu’un pense être quelque chose, quoiqu’il ne soit rien, il s’abuse lui-même. Que chacun examine ses propres oeuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui, car chacun portera sa propre charge. Matthieu 18:21 à 35

Que durant les jours qui viennent chacun médite sur ce qu’il a à faire, et sur les initiatives qu’il doit prendre.

Et surtout, reconnaissance devant un tel amour reçu…..

Cantique  : Pardon
1. Pardon, pardon d’avoir jugé,
Pardon, pardon d’avoir condamné,
Pardon, pardon d’avoir blessé,
Pardon, pardon d’avoir critiqué.

Refrain
C’est vrai, mon cœur est tortueux ;
C’est vrai, il est dur et orgueilleux,
Et sans toi, je ne peux pas changer,
Seigneur, viens m’apprendre à aimer.

2. Pardon de mépriser mes frères,
Pardon de rester là sans rien faire,
Pardon, c’est mon cœur qui te prie,
Pardon, oh ! viens purifier ma vie.

Refrain
C’est vrai, mon cœur est tortueux ;
C’est vrai, il est dur et orgueilleux,
Et sans toi, je ne peux pas changer,
Seigneur, viens m’apprendre à aimer.

Pont
Tu nous as donné ta vie.
Tu as donné ton Esprit
Pour que l’on soit tes témoins.

Tu as dit, c’est par l’amour
Que le monde qui nous entoure
Verra que tu es vivant.

Alors entends nos prières,
Viens renverser nos barrières,
Viens nous apprendre à aimer.

Refrain
C’est vrai, nos cœurs sont tortueux ;
C’est vrai, ils sont durs et orgueilleux,
Mais par toi, nous serons transformés ;
Seigneur, rétablis l’unité.

Refrain b
C’est vrai, mais toi tu as payé;
C’est vrai, mais toi tu as tout changé,
Et par toi nous serons transformés ;
Seigneur, rétablis l’unité.
Seigneur, nous voulons l’unité.
Seigneur, nous voulons l’unité.!